‹ Rosa et GertrudeChapitre 5 sur 15 · XXX NOTICE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE

même élevés i Tart véritablement, sous sa plume, dans quel* ques lettres de Champin, Tun des personnages du Presbytère: «On y peut voir, dit-il excellemment, ce qu'est notre idiome local parlé dans toute sa nationale pureté, et juger de la difficulté qu'on doit éprouver à se dépouiller, pour écrire purement, de cette oiultitude d'idiotismes, dont les uns, inusités dans la langue française actuelle, n'en scHit pag moins de souche très française , dont les autres voilent sous une figure expressive le vice de leur origine, dont tous ont pour nos oreilles le caractère du naturel et le charme de l'accou* tumance.» Quant \ nous pour qui cette accoutumance n'existe pas, quelque chose pourtant du charme se retrouve. Est-ce donc le pur caprice d'un pidais blasé? Ce que je puis dire, c'est que ces idiotismes, ménagés et bien pétris dans un style simple, me font Teffet d*un pain bis qui sent la noix.

Les idiotismes s'en vont, on est trop heureux de les resr saisir ; on l'est surtout de les retrouver autour de soi sans trop d'effort, et de p'avoir qu'à puiser. C'a été la situation de M. Tôpffer. Et quel moment mieux choisi, si onTavait choisi, pour oser toutes; les expériences de couleur et de poésie dans le langage? Je conçois en d'autres temps du scrupule et la nécessité pour l'auteur de se tenir avant tout et de n'opérer qu'avec nuance dans le cercle régulier dessiné : mais aujourd'hui qu'est-ce? le public d'élite et le cercle, où sont-ils? J® ne vois que des individus épars, une écume de toutes parts bouillonnante, et quelquefois très brillante en se brisant, qu'on appelle langue^ et des pirates intitulés littérateurs qui font la course. Sauve qui peut dans ce désarroi, et butine qui ose! C'est le cas pour chacun d'aller son grand ou petit train intrépide; c'est le cas comme pour Montaigne, à la fin

SUK H. TOPFFEB. XSXI

da seiiième siècle. Laissons faire les petits Uoataigao.

V Histoire de Jvles^ s'est pas [dosï analyser qaele Voyagû autour de ma Chambre; elle se divise m trois parties dont le seul inconvénient est d'avoir l'air de recommencer trois fois, mais on y consent volontiers \ cause de la simpUcitâ extrême. Les moments d'ailleurs sont différents. Dans le premier livre, intitulé les Deux Prisonnier», Jules est un écolier cnfont, un adolescent à peine ; il aime déjà Lucy. Dans le second moment, qui s'intitule la Bibliothèque de mon oncle, c'est de la jeune juive, si docte et si belle, qu'il est Épris mystËrieasemeDt ; elle meurt. Dans la troisième partie, nommée dn nom H Henriette, et où Lucy mariée reparaît agréablement, le jeone homme a grandi, il est artiste et homme : l'aOectitm sérîetise et moins fleurie aboutit à l'union durable.

Ce sont, on le voit , comme chez Nodier, des souvenirs romancés de jeunesse , mais mwns romancés et avec moins d'habileté. Une certaine lenteur de ton qui se confond ici dans la grâce décente , l'honnêteté du cœur intacte avec la malice enjouée de l'esprit, la nature prise à point , respirent dans ces pages aimables : le sens moral qui eu ressort tendrait à tuer surtout le grand ennemi en nous, c'est-à-dire la vanité. Dès le début , on voit l'écolier Jules se moquer en e^îè(^ de son précepteur, M. Raiin , lequel a sur le nez mie certaine verrue très singulière ; celte verme nous est racontée au long et décrite avec ses poils follets , ainsi que la laite fréquente du bon pédant avec la moudie mauvaise qui s'obstine à s'y poser. De là le fou rire de rL'«:olier, de là los sorties de M. Ratin à tout propos contre le fou rire el cimU'o les immoralités qu'il engendre. « RéQécbissaut dopuis à cette

' Unvol. in-8', Gonèw, 1838.

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