‹ Rosa, ou, L'héroïne filialeChapitre 7 sur 27 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Rosa se réfugie chez un pauvre charbonnier.

Rosa , qui n'était sortie que rarement du château de son père, et qui n'en était jamais sortie seule , se trouva alors au milieu de vastes champs, par une nuit sombre, sous un ciel chargé d'orage , toute solitaire et délaissée. La malheureuse ne savait de quel côté tourner ses pas. Elle chercha long-temps en vain un endroit sec où elle pût s'asseoir et attendre le jour. Elle aperçut enfin un épais bocage de sapins qui lui offrait quelque abri contre l'humidité et la tempête. Elle n'éprouvait aucune crainte de passer la nuit seule dans un pareil endro t ; le chagrin qui la dévorait laissait son ame très-peu accessible aux terreurs d'une nuit aussi effroyable. Elle n'avait pas d'autre pensée que son père; elle pleurait,

elle priait, elle gémissait de manière à attendrir des rochers.

Lorsque l'aurore commença à poindre, elle sortit du bocage, et jeta ses regards autour d'elle; elle vit, à travers les pins de la montagne qui était devant elle, s'élever la tour du château de son père. A cet instant, elle fondit de nouveau en larmes ; «Ah ! que j'aimerais, dit-elle, à visiter encore une fois ce lieu de ma naissance, cette douce demeure' paternelle î j'y trouverais peut-être encore quelque fidèle serviteur de mon père qui aurait pitié de moi et me montrerait le chemin qui conduit à la cabane de l'honnête Burkhards. » Mais, en songeant que ce château appartenait maintenant à Kullerich, elle changea de projet,^ et se dirigea du côté où demeurait l'honnête Burkhards.

Elle ne connaissait les environs qu'à peu près, par les récits que lui en avait faits son père. Au fond de la forêt s'élevaient deux montagnes sauvages , sombres et couvertes de sapins ; entre ces deux montagnes était située la charbonnière ; il y avait environ deux lieues pour y arriver. Rosa examina

avec beaucoup d'attention les deux pointes des montagnes , et se mit à marcher pour passer entre elles ; mais bientôt elle s'égara entièrement dans la forêt : tantôt elle fut obligée de se faire jour péniblement à travers un taillis ; tantôt il lui fallut traverser un marais, ou bien enjamber un ruisseau. L'épaisseur de la forêt l'empêchait d'apercevoir de lofn les deux montagnes; midi était passé, et elle ne les voyait pas encore. Elle contfnua cependant de marcher, avec courage. Tout à coup elle entend un léger bruit sortir à dix pas d'elle du milieu des arbres ; c'était un énorme cerf, portant un bois superbe , et qui se trouva devant elle. Il la regarda avec ses grands yeux noirs , puis fit un tour de côté , s'ouvrit un chemin à travers les branches et s'enfuit. Elle continua sa route sans s'arrêter : soudain elte fut effrayée en apercevant un sanglier. L'animal sauvage venait de se vautrer dans un marais; il se dressa sur ses jambes, jeta sur Rosa des regards qui la frappèrent d'effroi. La pauvre peiiie prit la fuite et se sauva, hors d'haleine, aussi loin qu'elle le put,

jusqu'à ce que d'épaisses broussailles lui fermassent le chemin. Accablée de fatigue, elle s'assit sous un arbre, espérant grimper sur ses branches peu élevées, si l'animal furieux venait à l'atteindre; elle prêtait l'oreille avec anxiété , et elle n'entendit rien venir. Mais , en attendant, elle s'était tout à fait égarée ; elle ne savait plus quel chemin prendre, et le soleil déjà était près de se coucher.

Elle commença alors aussi à ressentir la faim, que le chagrin du sort de son père avait entièrement absorbée jusqu'à ce moment. Epuisée de besoin et de lassitude, elle recommença à marcher, et atteignit une petite hauteur au milieu du bois, sur laquelle elle pouvait , avec plus de liberté , jeter ses regards autour d'elle. Un noir nuage, bordé d'un rouge éclatant, couvrait l'horizon; une sombre vapeur s'étendait sur toute la contrée. Rosa s'agenouilla et se mita prier : « 0! mon Dieu dit-elle , n'as-iu pas dit toi-même : « Invoque-moi dans le malheur, je te sauverai et tu me loueras?» Accomplis en moi ces paroles. » Et voilà que

pendant qu'elle priait, le soleil couchant perça encore une fois à travers les nuages , et ses rayons permirent de distinguer une épaisse colonne de fumée qui , dans le lointain , s'élevait du fond de la forêt. « 0 Dieu , sois loué! s'écria Rosa avec la plus grande joie , tu as accompli en moi ta parole , tu m'as sauvée ; c'est l'honnête Burkhards qui là bas brûle ses charbons , car le reste de la forêt est inhabitée. > Elle rassembla ses forces , et se mit à courir vers l'endroit d'où s'élevait la fumée.

Il en était , en effet , comme Rosa l'avait pensé : Burkhards avait établi sa charbonnière dans cet endroit, et il était déjà parvenu à éclaircir la forêt aux environs de sa cabane. Il était assis sur le tronc renversé d'un arbre , prés de son tas de charbons allumés. Le branchage de l'arbre ren« versé, auquel il avait attaché une petite pièce de bois carré, lui servait de table champêtre, sur laquelle il prenait son frugal souper. Du pain, du beurre et une cruche d'eau, sa hache et ses autres instrumens , étaient à côté de lui sur l'herbe; il contemplait avec

plaisir le soleil couchant, et chantait d'une si forte voix de basse-taille, que tous les échos des environs en retentissaient. Lorsque ces accens frappèrent les oreilles de Rosa , elle se mit à courir encore avec plus de force. Quand l'honnête Burkards aperçut de loin Rosa , qu'il ne reconnaissait point encore, il hésita, s'étonnant qu'il fût possible qu'une si jeune personne pût se trouver égarée dans cette sauvage et sombre forêt ; mais dès qu'il la reconnut, il se leva aussitôt, la salua de loin et à grands cris, se précipita vers elle, lui serra et lui secoua fortement la main selon l'antique usage germanique ; puis , tout effrayé , H lui demanda pardon d'avoir noirci et enfumé sa blanche et jolie petite main ; et il lui exprima aussitôt sa surprise de la voir dans ce lieu. «Dieu du ciel ! lui dit-il, vous ici, ma chère et noble demoiselle, vous ici! au nom de Dieu, comment y êtes-vous venue seule et si tard? vous Vous êtes sans doute égarée? Reposez-vous et restaurez-vous un peu. Ne faut-il pas qne vous retourniez ce soir à la maison? il n'y a pas à dire, il faut que

vous y retourniez ce soir, encore; ou bien, aussi vrai que je m'appelle Burkhards, votre ^ère,en proie à l'inquiétude, ne pourrai! fermer l'œil de la nuit. — Mon père... dit Rosa en commençant à parler ; mais les sanglots rempêchèrent de continuer. Xe savezvous donc pas encore l'effroyable histoire?

— Votre père, le loyal chevalier! s'écria le charbonnier, glacé de terreur. (Si le suif et la fumée n'avaient noirci sa figure , on Taurait vu pâle comme la mort.) Oh î ma chère, continua-t-il , parlez donc, qu'y a-t-il? au noi^i de Dieu, parlez.

— Hélas î dit Rosa, Kullerich de Fichtenbourg l'a fait prisonnier la nuit dernière, ^^y% emmené dans son château , garotté et chargé de chaînes.

— Luiî s'écria le charbonnier en portant la main sur sa hache , il me le paiera cher. Mais, conlinua-t-il en laissant tomber son instrument , si c'est ce misérable qui le tient entre ses mains , il n'y a plus , malheureusement, rien à espérer. Racontez-moi donc commentée la s'est passé ; je ne conçois pas encore comment cela est possible : quand

j'ai quitté votre père hier soir, font était calme et tranquille. Comment Kullerich a- 1-îl pu conquérir en une seule nuit un château-fort aussi inaccessible? »

Rosa s'assit sur le tronc d'arbre à côté de Burkards , et commença son récit. Le brave charbonnier s'aperçut bientôt que la faim et la soif lui ôtaient la force de parler; il lui donna à la hâte le pain et le beurre préparés pour lui-même. Elle on mangea, et but quelques traits de l'eau d'une source limpide renfermée dans la cruche posée à cô^é d'elle. c< N'est-il pas vrai , dit le charbonnier , que la faim es! un assaisonnement délicieux? les riches n'en ont point de pareils dans leurs boîtes d'tfjfyeries et d'aromates; et nous autres, pauvres gens , nous l'avons pour rien. »

Après que Rosa se fut restaurée , après qu'elle eut remercié Dieu , elle raconta , avec les plus grands détails, tout ce qui était arrivé a son père. Burkhards l'écoutait la bouche béante, proférant de temps en temps de gros jurons contre le cruel Kullerich , se lamentant sur l'infortune de son

pauvre seigneur , et portant bien souvent les mains sur ses yeux; et lorsqu'il apprit que le chevalier Édelbert lui avait envoyé sa chère demoiselle , profondément touché de cette marque de confiance, il se mit à saufjloter long-temps et sans contrainte.

«Non, non, ma chère et nol le demoiselle, lui dit-il, il est impossible que le bon Dieu abandonne pour toujours un si bon , un si brave seijjneur. Mais, pour ce qui vous regarde , chère et noble demoiselle , voyezvous ici ces charbons allumés? vous n'avez qu'à dire un mot , et j'y saute avec joie : pour vous et votre père , je suis prêt à courir au feu. Mais, avant tout, maintenant il vous faut du repos ; vous auriez trop de chemin à faire aujourd'hui pour arriver à ma chaumière. J'ai près d'ici une petite cabane comme les charbonniers ont coutume aen bâtir ; il y a tout juste de la place pour une personne. La voyez-vous là-bas , entre ces trois peupliers? La petite cabane consistait en quelques pieux obliquement enfoncés en terre l'un très-près de l'autre , entrelacés de quelques troncs de jeunes sapins, et cou*

\erls d*épais branchages. Sous cette espèie de tente^auvage était un lit de moAisse bien sèche. Le charbonnier y fit entrer Rosa , et alla ensuite s'asseoir non loin de ses charbons, entre deux sapins touffus; il avait établi dans cet endroit un banc de gazou fort commode. Durant toute la nuit il ne cessa de rêver et de réfléchir sur le récit de la noble demoiselle^ Ce qui le cliagrinait le plus , c'était l'idée que le secours qu'Édelbert lui avait prêté contre Kullerich avait été, du moins eu partie, cause de La captivité du noble chevalier. Il se frappa mille fois les mains contre la lêiC, pria avec ferveur, et jura de tout faire pour sauver le noble chevalier , pour consoler un jour sa bonne et digne fille. Le sommeil resta loin de ses paupières ; mais Rosa s'endormit aussitôt, et demeurajusqu'en plein jour dans les bras du sommeil, quoiqu'un vent effroyable n'eût cessé: depuis le commencement de la nuit jusqu'au matin, de s'agiter à travers les sapins, et qu'une forte pluie tombant àgrands flots eût plusieurs fois ébranlé la forêt.

— Go —

CH.\PITRE YI,

* Rosa dans la diarbonnière.

Lorsque le jour parut , le vent s'était apaisé , les nuages amoncelés s'étaient dissipés insensiblement; un silence complet régnait partout. Le charbonnier se mit de temps en temps à prêter l'oreille pour savoir si la jeune demoiselle n'était pas encore éveillée. Il lui semblait quelquefois l'entendre remuer; et il se réjouit bien fort en s'apercevant qu'il n'en était rien. « Quel plaisir, dit-il , de la voir ainsi goûter un doux repos î Le sommeil est un des grands bienfaits de la Providence ; il nous fait oublier nos douleurs. »

Dans ee moment arriva Agnès , la fille du charbonnier, très-aimable, bonne et douce personne ; elle portait une corbeille au bras, dans laquelle se trouvait àlafois le déjeuner,

le dîner et le souper de Burkards. En regardant son père , elle s'aperçut bien vite qu'il avait pleuré et qu'il avait quelque chose sur le cœur , et lui demanda ce qui le chagrinait. Il lui fit signe de se taire, pour ne pas éveiller Rosa , la conduisit vers le banc de gazon sous les sapins , lui raconta l'histoire d'Édelbert ; et les larmes de la bonne Agnès inondèrent sa charmante figure.

Pendant ce temps, Rosa s'était réveillée,à travers une petite ouverture que Burkhards avait pratiquée dans sa cabane, afin de pouvoir surveiller de là ses charbons , Taurore avait frappé les doux regards de Rosa , et l'avait éveillée : aussi, se rappelant où elle se trouvait, elle se mit à pleurer de nouveau. Ses larmes ruisselaient en abondance lorsqu'elle sortit de la cabane. Le charbonnier et sa fille se levèrent du banc de gazon sur lequel ils étaient assis, et coururent à sa rencontre.

«Que faites-vous , ma chère el noble demoiselle? dit le brave chevalier. Pourquoi saluer avec des larmes cette belle aurore? Voyez quel ciel pur et serein a succédé à l'affreux

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orage de cette nuit ! Ainsi passera également l'orage qui s'est élevé sur vous et votre père : ayez coniiance daus la i)onié divine. »

Rosa et Agnès s'embrassèrent comme des amies d'enfance, et l'une et l'autre s'élonnèrent beaucoup de ce que chacune d'elles avait tant grandi.

Agnès alors ouvrit sa corbeille : elle en tira une bouteille de terre cuite , versa uu lait pur et frais dans une jolie petite écûeiîe qu'elle posa sur la table champêtre ; puis elle chercha du beurre et du bon pain, et invita sa compagne à déjeuner avec elle. Rosa s'assit sur le beau gazon , et elles prirent ensemble , et de bon cœur, un repas frugal assaisonné par l'appétit.

Après cette collation champêtre , Burkhards prit la parole et dit : « Maintenant, ma chère et noble demoiselle , allez avec Agnès dans ma chaumière, et resîez-y tant qu'il plaira au bon Dieu. Dès que mon ouvrage me le permettra, je vous rejoindrai. Ne soyez pas si triste et ne pleurez pas tant : la tristesse ne sert à rien , et les larmes ne rendent pas les affaires meilleures. Toi , md

chère Agnès , donne soigneusement la main à notre digne demoiselle, sur le chemin hérissé de rochers qui conduit à notre demeure; embrasse pour moi ta mère. Allez , mes enfans , parlez ensemble ; que le ciel TOUS accompagne !»

Rosa et Agnès se mirent en route à trayers les chemins sauvages et presque inaccessibles qui entouraient la charbonnière. Elles furent d'abord obligées de traverser, pendant environ une heure , une haute et sombre forêt où aucun sentier n'avait encore été pratiqué ; ensuite elles arrivèrent devant d'énormes rochers couverts do mousse et de broussailles , et à travers lesquels s'élevait une étroite montée : il leur fallut gravir long-temps. En suivant cet étroit passage ^ elles arrivèrent le long d'une chaîne de rochers, et elles passèrent devant des précipices dans le fond desquels elles apercevaient de loin, et sous leurs pieds, les pointes des sapins les plus élevés ,* enfin il fallut descendre par un sentier escarpé et bordé d'affreux abîmas. Rosa ne pouvait regarder sans effroi ces rochers terribles

qui pendaient menaçans sursatê'e. «Oiifma clière A^ès , dit-elle , où vas-tu donc me conduire? J'ai bien peur que nous ne trouvions pas d'issues. » A peine avait-elle pro^ nonce ces paroles, qu'une vallée délicieu?e se déroula à ses veux, éclairée parles rayons d'un soleil éclatant.

C'est au haut de la vallée dont elles apercevaient la douce pente , que se trouvait la maison du bon cîiarbonnier , bâtie en bois et d'un aspect agréable. Derrière elle s'élevaient quelques sapins touffus ; elle était entourée de jeunes arbres fruitiers tout en fleurs ; un ruisseau pur comme le cristal coulait auprès d'elle. La vallée tout entière était couverte de vertes plaines émaillées de fleurs brillantes;- les rochers et les bois qui l'entouraient la préservaient des fureurs des vents et des orages. Dans le fond de la Tallée paissait un troupeau, quelques chèvres étaient à grimper sur les rochers qui la bordaient ; un joli petit jardin, entouré d'une haie de grillage, fleurissait tout à côté de la maison. Dans un des coins du jardin était une ruche d'industrieuses abeilles ;

quelques oiseaux domestiques échappés de la basse-cour étaient près de la porte de la maison , cherchant dans le sable quelques grains de leur nourriture. Rosa entra dans la cabane , et s'assit toute fatiguée sur un banc de bois.

H était midi ; la femme du charbonnier était occupée à faire la cuisine; lorsqu'elle entendit sa fille parier avec quelqu'un , elle entra précipitamment et salua la nouvelle arrivée avec une joie inexprimable. Elle croyait que Rosa était seulement venue lui faire une visite d'amitié, et lorsqu'elle apprit ce qu'il en était, elle fondit en larmes ; mais, après être revenue de sa première frayeur, elle se mit à consoler Rosa de la manière la plus modeste : «Soyez la bien venue , dit-elle, dans noîre modeste cabane, dans notre riant vallon . C'est votre père qui nous a fait bâtir cette petite maison : elle vous appartient , nous vous l'offrons de bon cœur ; soyez-y comme chez vous jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de vous ramener dans votre château, vous et votre bon père. Il le fera , gardez-vous d'en douter! jusque-

là nous ne négligerons rien pour vous rendre la vie douce et agréable. »

Rosa dit , arec le plus vif attendrissement : « Ah ! qu'il est doux, dans le malheur, de trouver de si braves gens ! Que je me trouve, bien de ce que mon père a été si bon envers vous ! »

La brave femme du charbonnier eut au:?sitôt un autre embarras : elle ne savait comment trouver pour le repas quelque chose digne d'être offert à sa noble et intéressante convive ; elle pria Agnès de faire passer le temps à sa chère compagne, et alla elle-même dans la cui^ine aviser aux moyens de lui offrir un petit repas champèlre qui ne fût pas trop au-dessous de la bonne velouté qu'elle y mettait. Elle fit de son mieux, mais elle se confondit en excuses de ce qu'elle n'avait pu mieux faire.

« Oh ! ma chère Gertrude , s'écria Rosa , vous ne savez pas combien , dans votre pauvreté, vous êtes riche et heureuse. Jene veux pas parler actuellement de votre nourriture , qui vous entretient sains et forts , et que je goûte moi-même aujourd'hui avec

un véritable plaisir ; mais vous avez quelque cîiose de plus délicieux que les vins les plus exquis et les mets les plus agréables : une vie tranquille et paisible. Ah ! que j'aimerais à resîer ici ma vie entière , si mon père y était avec moi ! et lui , j'en suis sûre aussi, l'aimerait autant que moi. >>

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