‹ Rose-de-NoëlChapitre 4 sur 31 · R0SS-DB4I0BL · texte numérisé non relu

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— Je dis que c'est elle, ce doit être elle qui est là, sous la neige.

— Mais tu es fou, je te dis, et je te défends...

— Tiens, regarde par là ! vois-tu deux points, comme deux yeux rouges, qui répandent une lueur terne à travers la neige qui tombe et la nuit qui l'imite. Eh ! eh ! ce sont les deux lanternes de la voiture qu'une main intelligente vient d'allumer. Je vais sauver cette riche héritière.

Il se précipita dans la direction qu'il indiquait. Stanislas l'arrêta et lui dit d'un ton furieux :

— . Tu oublies que je t'ai payé, que tu m'appartiens et qu'on ne doit pas savoir que tu es dans le pays.

Jean-Louis se dégagea et courut vers les lumières ; il rencontra, à quelques pas de là, un gros homme, vêtu d'une houppelande.

— Tiens, s'écria Louis Briche en courant, c'est le cocher qui s'égosillait. Le coquin criait comme s'il eût été en manches de chemise.

Il ne tarda pas à arriver devant la voiture, il sauta à l'une des portières, qu'il ouvrit, et avec un salut qui ne manquait pas de monde,

— Madame, dit-il, je crains que vous ne soyez en mauvaise situation, daignez accepter mes services.

En entendant cette voix, l'homme de la voiture avait secoué sa torpeur et relevé le front. La figure de Louis Briche recevait en plein la lumière de l'une des lanternes. Les yeux mornes de l'étranger

s'allumèrent d'un éclat fiévreux ; il fit un bond hors du carrosse, en criant d'une voix furieuse :

— Le voila, le misérable qui nous a ravi Thonneur et la fortune !

Et, avec une vigueur qu'on n'aurait pas attendue d*un homme peu d'instants auparavant si abattu, il se mit à poursuivre Jean-Louis, lequel avait pris la fuite.

La jeune femme se précipita à son tour hors de la voiture ; eUe donna, d'une voix sonore et ferme, au cocher qui arrivait, l'ordre de prendre une des lanternes, et, guidée par un bruit de lutte, elle fit quelques pas en avant.

Jean-Louis, renversé, se débattait sous Tétreinte de l'étranger qui cherchait à lui saisir la gorge et murmurait des malédictions.

— Mon frère, dit-elle de cette même voix calme, aux intonations si nettes et si pénétrantes, voulezvous donc dévoiler notre honte au monde entier ?

Les bras de l'étranger se détendirent à l'instant^ il se releva en poussant un soupir et resta debout^ comme stupéfait, oublieux de ce qui venait d'arriver et insensible à tout ce qui se passait dorénavant autour de lui.

Sa compagne le prit par le bras, et se tournant vers Louis Briche, qui s'était, lui aussi, relevé et mis hors du cercle lumineux tracé par la lanterne,

— Monsieur, dit-elle^ je ne sais comment vous faire oublier ce triste... malentendu ; je vous fais toutes les excuses possibles au nom de mon frère,

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