‹ Rose-des-CheminsChapitre 13 sur 25 · ENTRE MERE ET FILLE · texte numérisé non relu

ENTRE MERE ET FILLE

Lorsque Paule se vit libre sur la grande roule, elle eut un élan de reconnaissance vers le ciel :

« Que vous êtes bon, ô mon Dieu! s'écria-t-elle. Vos épreuves ne sont pas éternelles. Merci! Soutenez-moi, dirigez-moi encore; j'ai besoin de vos lumières. »

Certes, le bonheur que Paulette éprouvait à se sentir libre, libre pour toujours, était assez grand pour lui permettre d'accepter aisément toutes les difficultés qui pourraient surgir encore; mais elle avait néanmoins bien des obstacles à franchir pour reprendre dans le monde la place qu'elle occupait avant sa séquestration.

Tout d'abord, il importait de s'éloigner au plus vite de ces lieux maudits. Elle avait tout à craindre, si Lucien la rejoignait avant qu'elle eût atteint un lieu habité. Il était si cruel, et Paule était si faible! Ce n'était pas la petite Murillonne qui pourrait la défendre; elle entraînerait l'enfant dans sa perte, voilà tout.

Aussi il fallait fuir.

Elle résolut de ne point passer par Ay. Elle n'était pas devenue méconnaissable au point que les gens du pays ne la reconnussent pas. Il faudrait parler, donner des explications, et il lui serait extrêmement pénible d'être traitée autrement qu'elle ne le méritait.

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Et puis, il se pourrait qu'un paysan trop zélé courût prévenir Lucien, et que n'avait- elle pas à redouter de cet être malfaisant, plein de ruse et de perfidie !

Elle se sentait assez calme pour prouver devant une assemblée de docteurs qu'elle avait sa pleine raison; mais que d'humiliations elle aurait à souffrir, s'il fallait en venir là!

Elle se dirigea vers Avenay. Son plan était arrêté : elle louerait une voiture jusqu'à Reims, et là, perdue dans une grande ville, elle aviserait.

Elle préviendrait Jean et Louise. Dès que Jean serait accouru à son secours, elle n'aurait plus rien à craindre de Lucien, et il s'occuperait de sa petite compagne d'infortune à qui elle devait la liberté.

Murillonne marchait à côté de Paule, sur la grande route; mais tandis que celle-ci, radieuse, respirait à pleins poumons l'air de la liberté et, libre désormais, marchait heureuse de n'avoir plus d'entraves, l'enfant paraissait songeuse.

Elle était inquiète de voir la dame marcher, d'un pas résolu, vers un but qu'elle devinait mal. Pour elle, la liberté c'était la course folle dans les bois, la chasse avec Médor, et les nuits passées sur un lit de feuilles sèches.

Elle aimait Paule, certainement; mais elle l'aimait comme une petite sauvageonne peut le faire : elle aurait accepté de grand cœur de vivre avec elle dans les bois; elle hésitait à la suivre dans les lieux habités.

« Pourquoi, madame, vas-tu là-bas? Ce n'est pas la peine; Médor ira nous chercher un canard. Reste ici;- je vais faire le feu.

— Non, ma petite, il faut nous dépêcher, au contraire. Quand nous arriverons au village, nous trouverons un bon dîner; nous n'aurons pas la peine de le faire cuire.

— Je ne veux pas.

— Mais si, il le faut, dépêchons-nous.

— Alors va-t'en, toi, madame; moi je reste ici. » Et, sifflant Médor, elle s'apprêta à rebrousser chemin.

Pauletle la saisit vivement par le bras; elle ne voulait pas abandonner cette pauvre enfant si miraculeusement échappée à tant de périls.

« Mais, ma petite, tu seras malheureuse dans les bois. Et puis je t'aime bien, et je ne veux pas te quitter.

— Moi, je veux te quitter. Et puis ça m'ennuie d'avoir des souliers; je vais les ôter. »

Et elle alla s'asseoir sur le bord de la route ; elle enleva les souliers que Paulette lui avait mis avec tant de peine, et les déposa sur la chaussée; puis, plus alerte, elle se remit en marche.

Paule comprit qu'il n'y avait pas de résistance à taire en ce moment. Il fallait biaiser, sinon l'enfant farouche fuirait; elle lui dit doucement :

« Alors prends tes souliers à la main, porte-les jusqu'à ce que tu sois obligée de les remettre, dans le village.

— Non, je ne les remettrai pas, dit- elle; je veux les laisser.

— Alors je les prendrai, moi. »

Il était bien étrange, ce groupe de deux femmes qui s'avançaient vers Avenay : l'une d'elles, grande, élégante, mais mal à l'aise, et paraissant si désireuse de ne pas être vue et rencontrée; l'autre, petite, marchant mal, l'air sauvage et indifférent.

Dès qu'elles pénétrèrent dans le village, on se mit sur les portes pour les voir passer. Elles étaient gênées toutes les deux par ces regards indiscrets, mais pour des causes bien différentes.

Paule, pour se dérober à cette curiosité, entra dans la première auberge qu'elle rencontra. Ce qu'elle faisait était si nouveau pour elle, si différent de sa vie dans la « tour prends garde », de sa vie d'autrefois aussi, qu'elle craignait à chaque instant de se faire remarqu r.

Elle demanda qu'on lui procurât une voiture couverte aussi vite que cela serait possible et que, en attendant, on leur servît à déjeuner.

La servante d'auberge courut transmettre à son patron les ordres qui lui avaient été donnés. Celui-ci, au lieu de les exécuter avec empressement, s'approcha des deux voyageuses. Il regarda avec méfiance Murillonne, mal mise, sans souliers, et qui avait l'air d'un enfant de vagabonds, et il dit à Paule avec impertinence :

« C'est bien cher, le voyage à tteims en voiture. Le chemin de fer va plus vite et ne coûte pas le dixième.

— Cela ne vous regarde pas, » dit-elle fièrement.

Puis elle comprit qu'il fallait agir non comme une comtesse de Sivry qu'on insulte, mais comme une bourgeoise dont la mise et la modeste compagne justifient mal des dépenses inutiles. Et, jetant trois louis sur la table, elle dit avec une nuance de dédain mal déguisée :

« Cela suffit-il? »

L'aubergiste saisit les pièces et, courant à la cuisine, il pressa le repas.

La voilure commandée à la hâte était une mauvaise carriole, et le cheval maigre, efflanqué, devait mettre une bonne demi-journée pour le trajet qu'il avait à faire. Mais ce qui importait à Paule, plus que d'arriver vite, c'était d'être seule, de ne pas courir la chance d'être rencontrée en chemin de fer par Lucien ou quelqu'un de ses gens. Elle ne se sentait pas la force de recommencer la lutte qu'elle aurait à soutenir, si elle retrouvait son beau-frère; lutte terrible, dans laquelle Lucien mettrait toute son énergie, puisqu'il y jouerait sa fortune et sa vie.

Lorsqu'on servit le repas, Murillonne, qui boudait dans un coin, s'élança vers la table et, saisissant à pleines mains l'omelette fumante, elle la mangea avidement. Les rares spectateurs qui se trouvaient dans la salie furent très surpris de ces façons étranges; leur attention était trop attirée par cette enfant sur la dame elle-même. Aussi Paule voulut se soustraire à cet examen ; elle pria l'aubergiste d'envelopper les provisions. Elle préférait, disait-elle, manger en route; le temps serait moins long.

Elle se sentit en sûreté dans la carriole couverte, et, rassurée, elle s'occupa de faire manger sa petite sauvage. Elle voulait lui apprendre tout doucement les règles de politesse les plus élémentaires. Peine perdue! l'enfant irritée, retenue dans tous ses mouvements spontanés et si libres autrefois, ne pouvait être raisonnée. Les convenances lui semblaient des chaînes. Il fallait attendre.

L'éducation de cette petite serait difficile; mais Paule lui devait une telle reconnaissance, qu'elle entreprendrait cette œuvre avec joie.

En arrivant à Reims, Paule se fit conduire à l'hôtel du Lion- d'Or. Les allures des deux voyageuses, l'accoutrement bizarre de la petite, surprirent le maître d'hôtel. Il se demandait même s'il était prudent de recevoir des hôtes qui ne pourraient peut-être pas solder la note. Paule, l'âme droite et noble, fut obligée de glisser une pièce dans la main du maître d'hôtel pour calmer ses hésitations.

Elle s'installa dans une chambre spacieuse à deux lits. Elle ne voulait pas quitter Murillonne; elle n'en était pas assez sûre. Elle n'osa pas même la quitter pour aller faire l'emplette de vêtements convenables; une femme de chambre fut chargée de ce soin.

La petite fille résista longtemps, lorsque Paule voulut lui essayer les habits qu'elle avait commandés. Il y en avait plusieurs à choisir. Aucun ne semblait devoir convenir à l'enfant sauvage.

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« Non, cela me gêne trop. Je suis serrée ici, » disait-elle en montrant la ceinture.

Tout d'un coup, et sans qu'aucune raison apparente justifiât cette pré-

Elle se sentit en sûreté dans la carriole couverte.

férence, elle se laissa séduire par un petit costume bleu marin et dit, en le montrant du doigt :

« C'est ce que je veux. »

Un souvenir lointain passait peut-être en son âme.

Paule, enchantée, le lui mit bien vite, sans savoir à quoi elle devait attri-

buer cette soumission. Elle obtint, avec de grandes difficultés cependant, que la petite se laissât chausser de souliers bien grands, bien découverts, et retenus seulement par une petite barrette légère qui ne pouvait point la gêner.

Elle voulut lui faire mettre des gants; mais l'enfant opposa une vive résistance; elle fit même une scène violente et parla d'enlever ses habits, qui la gênaient déjà tant.

Paule n'insista plus. Elle se fit servir à manger dans sa chambre, afin que les incartades de la petite ne fussent point vues.

Puis elle lui proposa une promenade en voiture.

L'enfant était morose; elle s'ennuyait tant! Si Médor n'avait pas été là, elle n'aurait pu supporter cette nouvelle vie. Le chien souffrait aussi, et, regardant la porte, il gémissait tristement.

Paule, qui avait été tant privée de liberté, commençait à se demander si elle avait bien agi en emmenant cette fillette malgré elle.

« Courage! pensa-t-elle. Dès qu'elle se sera pJiée aux habitudes communes, elle sera la première à me bénir de mon œuvre. Allons, Murillonne, il faut sortir; tu vois bien que Mélor voudrait s'en aller.

— Moi aussi, je voudrais m'en aller, mais dans les bois.

— Plus tard tu verras des bois; pour le moment tu vas voir une belle ville. »

L'enfant était fatiguée, si mal à l'aise dans son nouveau costume et ses souliers, qu'elle marchait avec peine; elle était grognon. Aussi, pour éviter de nouvelles plaintes, Paule prit une voiture. Murillonne se blottit contre la dame, regarda d'un air farouche toutes les curiosités qu'elle lui montrait; puis, bercée par le mouvement de la voiture, elle pencha doucement la tête contre le bras qui l'entourait et s'endormit profondément.

« C'est tout ce que je désirais, pensa Paule. Cocher, au Lion-d'Or, et doucement, pour ne pas réveiller l'enfant. »

Elle la coucha tendrement. Elle n'avait pas encore oublié, la pauvre mère, les soins qu'on donne aux petits. Puis, quand elle la vit reposer bien calme dans son lit, Paule seulement songea à elle.

« Portez cette dépêche immédiatement au télégraphe, » dit -elle à la femme de chambre de l'hôtel, qui accourait à son coup de sonnette.

Cette dépêche était adressée à Mlle de Sivry, et contenait ces mots :

ROSE-DES-CHEMINS \-r,

« Ai besoin de vous deux. Viens immédiatement. Jean viendra au paquebot suivant. Tu trouveras lettre à Marseille, poste restante. Ne réponds pas. »

Paule connaissait le dévouement de Louise. Elle savait qu'il n'était pas nécessaire de faire sa dépêche plus alarmante pour la déterminer à accourir.

Son plan étant arrêté au sujet de sa sœur, il restait encore à Paule à faire le choix de la ville dans laquelle elle attendrait Louise.

Après avoir réfléchi quelque temps, elle iixa son choix sur Mondorf les-Bains, dans le grand- duché de Luxembourg. Cette station balnéaire n'étant que peu fréquentée par les Parisiens, elle avait chance de n'y rencontrer aucune connaissance. La clientèle belge et lorraine qu'elle savait y trouver ne lui déplaisait pas. On y parlait français sans être en France; ce qui était préférable pour elle, dans les conditions où elle était.

Elle savait aussi que tout en présentant de nombreuses ressources, Mondorf était demeuré assez campagne pour que la jeune Murillonne pût y prendre ses ébat^. Le voyage n'était pas long, et la petite sauvage le supporterait plus facilement.

En prenant à Reims la ligne directe de Paris-Luxembourg, elle pouvait arriver en neuf heures à Mondorf.

Lorsque son choix fut arrêté, elle écrivit à sa sœur.

« Ma bonne Louise,

« Tu as compris par mon télégramme qu'une nécessité impérieuse nie forçait à te rappeler, toi et notre cher Jean. Ta tendresse s'était endormie, contiante dans les bonnes nouvelles que tu as reçues de moi, depuis la mort de ma chère Rose -Thé.

« Elles étaient toutes fausses. Lucien, dont l'infamie est cent fois plus grande que je ne l'avais soupçonnée, a intercepté ma correspondance, se chargeant de t'écrire, afin d'éviter ton retour. Ma bonne sœur chérie, tu ne sauras jamais tout ce que j'ai souffert.

« Je ne tiens pas à te le raconter, tu en serais trop peinée; je veux t'en apprendre assez pour que tu sentes combien j'ai besoin maintenant de ta tendresse et de ton affection. »

Et en quelques mots elle indiquait, à la hâte, sa réclusion forcée et les

tourments qu'elle avait endurés; son désir constant, fixe, de s'évader, et comment elle avait pu y parvenir à l'aide de Murillonne.

Elle s'étendit avec complaisance sur cette enfant, le seul être humain qui, pendant son long martyre, lui eût témoigné un peu d'affection.

Elle terminait, en répétant à sa sœur combien elle avait besoin d'elle d'abord pour l'aimer et la soutenir, puis de Jean pour la conseiller dans son œuvre de réparation.

Après avoir donné rendez-vous à Louise à Mondorf et l'avoir priée de la prévenir par dépêche, aussitôt son arrivée à Marseille, elle concluait ainsi :

« J'ai bien souffert, mais je vous ai encore; quand vous serez près de moi, le calme me reviendra, à défaut de l'oubli. »

Sa lettre achevée, Paule songea à dormir, pour sa première nuit de liberté. C'était peut-être le premier repos complet qu'elle prenait depuis le jour où son beau-frère l'avait si odieusement enfermée.

Dès le lendemain matin, Murillonne réclama avec instance les bois et les champs, ses amis.

« Si tu es gentille encore un jour, tu auras autant de campagne que tu voudras, ma petite. Aujourd'hui nous allons prendre le chemin de fer; tu verras comme c'est amusant. On dirait une grande voiture qui marche très vite et sans cheval. »

L'enfant ne témoigna pas le moindre étonnement.

« Je sais bien, » murmura-t-elle.

Paule, curieuse, chercha encore à l'interroger sur ce passé étranger. Murillonne resta muette; puis, changeant d'idée :

« Médor viendra avec nous en chemin de fer; je ne veux pas le quitter, moi.

— Certainement; c'est un bon ami pour toi, je le sais. »

Quand, à la gare, l'employé voulut placer Médor avec les chiens, l'enfant le suivit résolument. Impossible de lui faire entendre raison. Elle pleura, refusant à tout prix de quitter son ami.

Paule n'eut qu'une ressource, celle de louer un coupé de première pour ne pas priver l'enfant de son cher Médor. D'ailleurs, il était peut-être plus sage de s'isoler ainsi; elle risquait moins d'être reconnue, et aucun compagnon de route ne serait témoin des incartades de Murillonne.

La petite fdle s'amusa d'abord de voir courir au loin les arbres, les champs; puis elle s'en lassa.

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A Gharleville, Paule, qui n'osait conduire sa petite sauvage au buffet, se lit apporter deux paniers de provisions à plusieurs étages, (le fut une bonne distraction pour Murillonne et pour Médor. Après le repas, une heure de sommeil; au réveil, un goûter; puis la visite à la douane de Rodange, et l'on gagna, tant bien que mal, Luxembourg à six heures du soir. Après une attente de quelques minutes, on reprit le petit tramway de Luxembourg à Mondorf, et, une heure plus tard, on arriva à destination. C'était une journée bien remplie; et l'enfant était tout endormie en arrivant à l'hôtel du Grand-Chef, Elle put à peine toucher au dîner qui leur fut servi dans leur chambre. Cette nature infatigable, que les longues courses en plein air ne lassaient pas, était brisée par une journée de cette civilisation qui la tenait assise à l'étroit dans un compartiment de première classe.

La saison des bains n'était pas encore commencée. Les malades, comme les touristes, attendaient le mois de juin pour se répandre à flots dans tous les hôtels. A cette époque on ne rencontrait guère que quelques rares promeneurs, dont la santé exigeait une longue cure. Dans ces conditions, Murillonne s'acclimaterait plus vite. Elle pourrait courir tout à son aise dans les allées du parc et dépenser sa fougueuse ardeur à ramer et à jouer à tous les jeux divers mis à la disposition des abonnés.

Malgré ses prévisions, Paule ne put obtenir de l'enfant qu'elle se pliât peu à peu aux exigences sociales. Elle ne pouvait comprendre comment il était défendu de cueillir toutes les belles fleurs qu'elle voyait. Pour elle, les roses que l'administration du casino entretenait à grands frais lui appartenaient, comme les marguerites des champs qu'elle cueillait autrefois. Si elle échappait à la surveillance de Paule pendant quelques minutes, elle en profitait pour reprendre ses anciennes occupations. Le régisseur la surprit, un jour, préparant un feu de bois sous un sapin qui se serait certainement enflammé ensuite. Paule était vivement contrariée des résultats obtenus. Elle se fatiguait beaucoup avec cette sauvageonne et n'arrivait point à la discipliner. La pauvre femme avait été tant privée d'affection, qu'elle n'avait pas le courage de se montrer sévère envers cette enfant, qui lui témoignait de la tendresse. Elle lui rendait sans doute un mauvais service, en la gâtant ainsi ; mais elle ne pouvait agir autrement.

Elle résolut alors, bien qu'il dût lui en coûter, de la confier à de? mains plus fermes, quoique très douces, afin d'en faire une jeune fille telle qu'elle le souhaitait.

C'était un gros sacrifice; mais l'intérêt même de l'enfant le réclamait, et c'est pourquoi Paule s'y décida.

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