‹ Rose et Rosette dramevaudeville en trois actesChapitre 22 sur 53 · ALCIBIADE, BERNERETTE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, BERNERETTE

BERNERETTE

Qu’est-ce que vous faites ici?

ALCIBIADE

Ce que je fais ! ô Bcrnerctte! ce que j« fais! Je pense à vous, à' vous seule !

BERNERETTE

Ah bien oulchc! voilà une belle histoire!

ALCIBIADE

Une histoire! El comment ne penserais-ja pas à vous, Bcrncrette ! Regardez ce que je peins ! l'Amour ! Sur votre visage que se peint-il ? 1 amour ! sur le mien que se peintil? 1 amour ! Alors, suivez mon raisonnement!., l'amour que je peins sur cette porte me rappelle 1 amour qui se peint sur votre visage et celui qui... ce qui fait que... c'ezt l'amour b. l’amour!.. Enfin, ma raison s'égare... votre pensée me poursuit, et avant-hier, à moitié fou, bu lieu deoouvrir l’Amour du simple carquois do rigueur, je l'ai habillé en pompier, je lui ai mis un casque, des soulier» à double semelle, une giberne, et une paire de moustaches !

BERNERETTE

Je crois, monsieur Alcibiade, que vous vous permettez de me faire poser !

ALCIBIADE, indigné.

Moi vous faire poser ! (Tmqiuimnt.) Ah l je voudrais bien vous faire poser !..

BERNERETTE

Que signifie?

ALCIBIADE

Oui, je voudrais que le gouvernement, qui me néglige, me fit la commande d’un tableau représentant une jeune bergère sortant du bain, et je voudrais vous faire poser... pour la jeune bergère !.. .

BERNERETTE

Monsieur Alcibiade, vons devenez inconvenant, laissons cela !.. Chez qui sommes-nous ici ?

ALCIBIADE

Ici ! je suis chez moi ! vous êtes chez moi ! nous sommes chez moil Partout où est un artiste, il est chez lui!.-, mais c’est une madame Rosette de Montdidicr qui s'entend avec le propriétaire pour le payement du terme.

berkkrettr*’.

Vous l’avez vue ?

alcibiJdb.

Non, et je ne saurais parler de son physique; depuis deux jours que je travaille à cet amour de carquois pour cct amour d’amour, elle n’a point introduit son nez, grand ou PÇÜt, en ce salon... Pour ses mœurs, je les crois légères, car hier un vieillard, vieux et lézardé, est entré ici et a tenu ce dis* j cours a la soubrette du logis : » Rosette est sortie? Eh bleu! je reviendrai ce soir à minuit l..— Mais. Monsieur., a fait la petite. — TaU-toi donc, elle m’a chargé de lui apporter un bracelet qu elle a remar qué hier chez Jaiiisset, et j’y ajouterai une jolie

* Julie, Alcibiade, Bcrnerette.

I ** Beroerette, Alcibiade.

paire de boucles d'oreilles pour loi... — Ah 1 c'est dilTercot alorf, a refait 1a petite. » Voilà ce qui m'a donné à penser que la maîtresse et la servante étaient deux dames aimant les cadeaux.

BERNERETTE

Et moi aussi j'aime les cadeaux, monsieur Alcibiade, et vous auriex bien pu ne pas oublier le bouquet que vous m’aves promis avanl-uler.

ALCIBIADE

Oh ! Berncrette de mon «pure, si vous me permettiez dû vous l'apporter à la môme heure que ce monsieur*, dont je vous pariais tout à fheure, vous feric* le bonàeure de votre serviteur*.

BERNERETTE

Pas de bêtises ! On me voit en plein jour, moi, au soleil I Le soir, porte fermée!

ALCIBIADE

Et jamais vous ne l'ouvrirex ?

BKRKERETTB.

Hais, si fait...

Et à qui donc?..

BERNBUETTE.

A un mari.

ALCIBIADE

Ah ! sapristi I ne me parlez pas de ces choses-là t à moi, un artiste I

BERKERETTE.

Hais si fait!., si fait !..

Air nouveau de M. Léo Dr ni ta.

Epousez-moi ! épousez moi!

Vous «ce* plus heureux qu’un roi!

Êpouici-moi épousez-moi !

Et vous inm eu Berncrette Cne femme vraiment complète.

Epousez-moi ! épouscz-mol ]

Épousez-moi !

Je me connais :

Je vous promets Que vous ne trouverez jamais Créature plu» agréable,

Plus adorable Et plus aimable,

Quand vous attendrir* cent ans. (tni.)

Mais il faut m'épouser trés-vllo :

Demain, aujourd’hui, tout de suite;

Car je sens bien qu’il o’est que temps.

Et commence même a comprendre Que je ne pourrais plus attendre.

Allons! allons! allons! allons!

Épousez-moi 1 épousez-moi ! etc.

Dans tout Paris *,

Dans tous pays,

A Rome, à Nanterre, à Tunis,

Il n’est pas vertu plus entière.

Vertu plus Hère El plus sévère ;

Vous-même le savez très-bien, (bit.)

Car vous avez eu l’espérance D’obtenir un jour... et je pense Que vous n’avez obtenu rien.

El, près de vous, pour rester sage,

Il fallait un fameux courage.

Allons! allons! allons! allons!

Epousez-moi ! éponsM-moi !

Vous serez plus heureux qu’un roi!

Epousez-moi! épousez-moi!

Et vous aurez, en Berncrette Une femme vraiment complète.

Épousez-moi! épousez-moi!

Épousez-moi!

Et j’otfro uu bail de fantaisie Résiliable à volonté.

BERNERETTE

Et moi, je veux un bon mariage que rien ne puisse délier.

ALCIBIADE

Vous êtes folle, Bernctvtle, mais j'aurai de la raison pour tous deux ! Je ne ferai jamais la folie de vous épouser. Ce sera un cruel sacrifice, car je vous idolâtre, Ber nervi te. Idolâtre eft le inot! Je voudrais vous couvrir de perles fuies et d étoiles rares, vous mener tous les soirs aux drames do I Ambigu.

.. f.m.uii » i~«»l Tenez, je voudrais dire ici cln z moi, je voudrais posséder tous ces bibelots dorés et te les offrir, ô Berncrette! (l» meusni d*n» «« himuiL) Je te frais passer des journées entières dans un fauteuil à triples élastiques, tu y resterais immobile, je me mettrais à tes genoux! fn *• «*

gtneux.) Je te regarderais sans rien dire!., loi, tu m'écoulerais! toutes les cinq minutes, je t’embrasserais pendant cinq minutes! (il ttm rtmbmmr.)

-* BERKERETTE.

Ah! mais non!

ALCIBIADE

Hais si!

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