‹ Rosemonde, tragédie en cinq actesChapitre 23 sur 64 · ACTE lï , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE lï , SCENE II

Pardonne, je voulais éprouver l'innocence. Cet obscur vêtement te cachait ma naissance. Mon nom n'est point Edgar. [Il été son manteau.)

ROSEMOINDE.

Que vois-je? que dis-tu?

Est-il bien vrai? Ton nom ne m'était pas connu! D'un illustre guerrier mon ame était éprise ! Il m'aime, il me chérit... C'est toi... douce surprise ! Laisse-moi contempler cet éclat enchanteur, Laisse ta tendre épouse admirer ta splendeur.

HENRI

Dans les états soumis au sceptre d'Angleterre , Parmi les chefs vaillans qu'un grand peuple révère, Aucun sur ton amant ne l'emporte en pouvoir. Les guider est mon droit, m'obéir leur devoir.

A des vœux séduisans, Edgar, je m'abandonne. Tu sais quel est mon cœur, le tien me les pardonne. Que de fois un doux songe, éveillant mes désirs, D'une brillante cour me peignit les plaisirs !

rr

54 ROSEMOJNDE.

Ce faste éblouissant qui suit Eléonore , Ces héros, ces beautés que sa faveur honore ! Je rêvais... Je crus être heureuse en son palais. Doux espoir! avec toi je la verrai...

henri , troublé.

Jamais !

Abjure un vœu fatal.

Ah ! fût-il téméraire !

C'est le mien, est-ce à toi que j'aurais dû le taire? Parle, achève un aveu trop long-temps suspendu, Edgar, je t'en conjure, et j'ai trop attendu.

HENRI

Rosemonde, au moment où ta vive allégresse Exprimait ta surprise et doublait mon ivresse, De funestes pensers sont venus me frapper, Et retenir l'aveu tout prêt à m'échapper. D'un désir curieux calme la violence , Je connais tes vertus* ta craintive innocence En perçant ce mystère aurait pu se troubler. Rassure-toi; bientôt, prompt à tout révéler.

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