ACTE II i SCENE 1Y
Je brûle de revoir, de serrer dans mes bras Mes anciens compagnons vieillis dans les combats. Au devant de son roi Clifford encor s'élance ; Je marche vers ces murs, j'accours, je vous devance ; Mes lèvres et mon cœur ont pressé nos drapeaux. En vous, heureux Henri, je retrouve un héros! Parlez , que votre voix efface en ma mémoire Un bruit injurieux, funeste à votre gloire.
HENBI.
Insulter à ma gloire ! et qui l'aurait osé ?
Que me reprochez-vous? Par qui suis-je accusé?
Et quel est donc ce bruit?
CLIFFORD
Une noble franchise A la voix d'un vieillard est-elle encor permise?
Henri peut sans rougir tout entendre de vous.
CLIFFORD
Que ne puis-je vous voir, armé d'un saint courroux, De vos vils ennemis étouffer le murmure.
4o ROSEMONDE.
Et chasser loin de vous le soupçon et l'injure ! De vos nobles destins ardent à m'occuper Verrai-je mon espoir me fuir et m'échapper! Jadis, quand la fortune avait béni vos armes, L'aspect d'unvieuxguerrieravaitpour vous des charmes; 11 vous blesse aujourd'hui; ce front silencieux, Le trouble de vos sens , le secret de ces lieux Révèlent-ils d'un roi l'erreur et la faiblesse ? Qui, vous? serait-il vrai?., captif d'une maîtresse !.. Non, vous n'oubliez pas qu'un peuple par ses pleurs D'un amour criminel expierait les fureurs.
HENRI
Clifford, et qui vous dit que Henri soit coupable ?
CLIFFORD
Celle dont le courroux et l'orgueil redoutable Sur leur trône ébranlé fit chanceler des rois ; Qui , le glaive à la main , réclamerait ses droits ? Eléonore!
HENRI
Ciel!