ACTE II , SCÈNE IV. 4i
CLIFFORD
Elle-même.
La reine !
J'étais trompé, trahi! Mais qu'importe sa haine l Au devant de ses coups je me présenterai.
CLIFFORD
La vengeance s'apprête !
HENRI
Et je la préviendrai.
CEIFFORD.
Quel transport vous égare ?
HENRI
Oui , j'aime, et l'Angleterre A la face du Ciel connaîtra ce mystère. Que d'infâmes tyrans, au fond de leurs palais, Vainqueurs de l'innocence, insultent ses attraits! Tranquilles, sans remords, jouant avec le crime, Qu'ils cherchent la vertu pour complice et victime î Qu'à leurs noms à jamais le mien reste étranger !
Je respecte l'honneur et brave le danger.
Un guerrier, un monarque , à l'orgueil d'une femme,
A ses caprices vains soumettra-t-il son ame?
Qu'un autre, roi captif, vieillisse à tes genoux,
Superbe Elëonore ! Adieu, qu'un autre ëpoux,
En te donnant un sceptre , accepte l'esclavage !
J'aime, et l'objet divin qu'encense mon hommage
Aurait des droits sacrés au culte des mortels,
Si leurs mains aux vertus élevaient des autels.
Ne la condamnez pas avant de la connaître.
A l'espoir, au bonheur, vous-même allez renaître.
CLIFFORD
Du bonheur! En est-il sur les bords du cercueil , Pour qui voit ses lauriers ou la patrie en deuil? Du bonheur! En est-il dans le sang, dans les larmes? Ce spectacle inhumain pour vous a-t-il des charmes? Achevez , faible roi , poursuivez ces projets y Chassez Elëonore , oubliez ses bienfaits. Offrez à votre amour de sanglans sacrifices , De festons couronné , plonge dans les délices ,