ACTE IV , SCÈNE V
Connaissait ma disgrâce et me l'a déguisée! Rosemonde à genoux feignait le repentir ! Devant moi de ma chute elle a pu s'applaudir ! O ciel! en sa faveur j'écoutai l'indulgence, Et peut-être elle a ri de ma folle clémence. Je n'écoute plus rien, la rage arme mon bras; Je parlais de pardon, je jure son trépas.
Attenter à ses jours! vous l'immoler! Barbare, L'oseriez-vous? Ce mot pour jamais nous sépare. Méditez loin de moi vos complots assassins ; Je saurai prévenir de perfides desseins. Vous bravez mon courroux, que m'importe le vôtre? Haine, amour entre nous, qu'importe l'un ou l'autre? Je renonce aux liens qu'un caprice a formés; Mes nœuds proscrits bientôt seront légitimés. Qu'Eléonore enfin apprenne à me connaître ! Sortez, je règne encore, et je suis votre maître.
ÉLÉONORE
Qu'un Dieu vengeur t'entende et préside à vos nœuds!
Puissé-je de mes mains vous réunir tous deux!
Va, suis ta Rosemonde, et rejoins la coupable;
Mais qu'elle implore avant une reine implacable !
Alors de ton amour je me réjouirai.
Tu frémiras pour elle, et je te la rendrai;
Oui , je te la rendrai. De ta reconnaissance
Ce cœur, tu le connais, te fait grâce d'avance.
Le tien, d'un trait mortel il est déjà percé.
Adieu.