‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 100 sur 177 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

n'avance guère quand il faut couper, scier, arranger le bois. J'aurais besoin d'un ouvrier pendant quelques jours; mais je ne veux vous occasionner ni cet ennui, ni cette dépense.

— Yous pouvez très bien prendre un ouvrier, dit la maîtresse de maison. Je n'entends pas que vous vous rendiez malade en travaillant pour moi. Avez-vous vu votre oncle, en passant ?

— Non. Mon oncle s'amuse aussi à sa manière. Il est allé hier à Lausanne , avec Charles Maubert , qui devient tout à fait son intime ami. Si Charles était une fille, il l'épouserait sans doute , ajouta-t-il en regardant Rosette.

— Peut-être bien, fit-elle simplement.

— Il est venu nous faire une visite ce matin , reprit la mère, et nous a prouvé une fois de plus combien il vous aime.

— Oui, oui, c'est bon !

— Vous irez chez lui ce soir, après souper ; il veut vous parler d'une chose que nous avons décidée avec lui aujourd'hui et qu'il vous exphquera en détail.

— Eh bien, on ira. Oh ! je m'attends assez à ce qu'il va me dire. Des bavardages dont on lui aura rempli la tête. Souky Meroud lui raconte ce qui se passe au village , avec les embellissements et les réflexions qu'elle y ajoute. Qu'elle tienne sa langue en repos sur mon compte, autrement je lui dirai son fait, à cette vieille sorcière.

— Il n'est pas du tout question de récits du genre que vous supposez, dit Rosette. Votre oncle vous par-

lera de votre avenir , et peut-être aussi du mien. Ce que vous pouvez faire de mieux , c'est de suivre ses conseils. Si j'étais à votre place, je me trouverais bien favorisée et je rendrais grâce à Dieu d'un tel secours. — Puisqu'il en est ainsi , pardonnez-moi ma mauvaise humeur, dit René d'un air tout content. Je croyais que mon oncle allait m'accabler de reproches sur nos bêtises d'hier et des deux autres jours. Après souper, j'irai donc chez lui.

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