‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 109 sur 177 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

ble de se bien conduire, c'est tout ce qu'on peut désirer de meilleur pour lui.

— Au fond , vous avez raison , Rosette , dit Amy. Dieu veuille le diriger et le garder.

— Maintenant^ où chercher quelqu'un à sa place? fit la veuve avec tristesse. Je ne connais personne. Ah! nous aurons bien de la peine à trouver ce qu'il nous faut,

— Je vous aiderai à chercher, dit Amy.

— n y aurait bien un moyen de se passer de domestique, reprit Rosette. Si ma mère louait nos fonds de terre, pièce par pièce, pour quelques anhées, et qu'elle fit cultiver nos vignes, nous n'aurions besoin de per* sonne à la maison. En outre, cet arrangement nouveau dans nos affaires expliquerait le départ de René d'une manière toute naturelle. On ne ferait pas de suppositions à ce sujet.

— C'est vrai, dit Amy Lorand.

— Je crois, ma mère, qu'il nous faut faire cela. Nous conserverons seulement la maison avec le jardin et le verger. Nous aurons assez de foin pour une vache, qu'un homme viendra traire soir et matin. Je puis même le faire, si l'on veut. Nous serons beaucoup plus tranquilles. Je t'assure qu'il faut en parler à ton conseiller et nous décider dans ce sens. Cette idée m'est venue tout à coup il y a un instant.

— Si tu crois que ce soit mieux, je le veux bien. Il faut avouer que les serviteurs, à la campagne, sont de plus en plus difficiles, pour la nourriture et pour tout. Avec René, les travaux n'étaient jamais en retard.

parce qu'il prend les choses à cœur et n'est pas un domestique ordinaire. Mais si l'on fait ce que tu dis, voilà tous les autres projets renversés. René se considérera comme refusé d'une manière définitive.

Rosette n'ajoutant rien à ce dernier propos de sa mère, Amy Lorand lui demanda ce qu'elle en pensait.

— Je suis toujours la même, répondit-elle. Je regarderai et j'attendrai. Dieu nous conduira tous, je l'espère. L'important, si ma mère est décidée, est de parler au conseiller et de tout préparer pour une location prochaine des terrains. Il faut s'en occuper dès aujourd'hui.

— C'est pourtant bien pénible d'en venir à une pareille extrémité, dit la veuve. Louer nos fonds , quand on peut les faire cultiver soi-même , c'est risquer de les >'oir tomber en mauvaises mains. Enfin, puisque c'est ton idée, je ne m'y oppose pas. Nous irons en parler à Jacob Lugeon cette après-midi.

Pendant cette matinée où il travailla dans les bois , René se monta la tète encore plus fortement. Quand il vint dîner, il était bien plus sec et plus concentré qu'au déjeuner.

— Fait-il toujours aussi froid "> lui demanda M""** Pasche.

— - Je ne me suis pas occupé du temps, répondit- il; peut-être bien qu'il fait froid. J'ai travaillé de manière à avoir chaud.

— Ah ça! René, pourquoi me répondez-vous ainsi?

— Vous le savez aussi bien que moi. Que vousai-je fait, à vous et à Rosette, pour me renvoyer de la

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