‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 120 sur 177 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

— Bonjour, mon pauvre René , dit la veuve ; que Dieu vous accompagne !

Elle lui serra bien la main.

— Adieu, Rosette, dit-il d'une voix étouffée.

— Adieu, René. Je fais pour vous le môme souhait que ma mère. Et elle lui tendit aussi la main.

En la rendant, René se mit à sangloter, et, se frappant le front d*un coup de poing :

— Pardonnez-moi, dit-il au milieu d'un torrent de larmes ; pardonnez-moi ! Je n'étais pas digne devons, Rosette ; je me suis conduit en insensé, et maintenant je n'ai que ce que je mérite.

A l'instant. Rosette lui reprit la main.

— Ecoutez , René ; puisque vous dites cela , je ne perds pas toute espérance d'un revoir entre nous. Cherchons Dieu l'un et l'autre. Vous le trouverez , et vous serez heureux.

— Non, pour moi, c'est trop tard. J'ai fait le mal et j'en porte la peine. Gela, je ne le vois pas seulement, mais je le sens comme un charbon de feu , là , dit-il en mettant la main sur son cœur.

Il descendit lentement l'escalier , fit monter son oncle sur le char et s'assit à côté de lui. Le cheval partit comme un trait dans la direction de la gare.

— Pourtant, disait Rosette à sa mère, si René avait voulu rentrer en lui-môme il y a quelque temps 1 Mais je ne regrette pas ce que j'ai fait, si cela peut l'amener

àde meilleurs sentiments.

— Son oncle avait l'air bien affligé, dit la mère : ne l'as-tu pas remarqué?

— Oui, mais je crois aussi qu'il remercie Dieu d'avoir ouvert le cœur de son neveu au dernier moment. Par la porte non fermée , il a dû entendre les aveux que René nous a faits.

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