‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 163 sur 177 · CHAPITRE XXVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIU

ON ARRlVe AU TERAE

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Une fois bien décidée, Rosette ne retournait plus en arrière. Elle était de ceux qui ont le bonheur de voir clairement leur chemin et d'y marcher avec assurance.

Peu après la visite d'Âmy Lorand, elle se rendit le même jour dans un magasin du village, pour y faire des emplettes nécessaires; en chemin, elle rencontra la Manon qui en venait aussi.

— Où travaille votre maître? lui demanda Rosette.

— Au champ des Rebattes.

— Voulez-vous lui dire d'entrer un instant chez nous, après midi, en retournant à l'ouvrage ?

— Oui.

— Au revoir, Manon.

^ Bonjour, mamzelle Rosette.

Il y avait longtemps que la brave Manon n'avait au-

tant causé. Mais si elle disait à l'ordinaire peu de paroles, elle pensait d'autant mieux aux petites affaires dont elle était chargée, et à quelques autres dont elle se préoccupait. L'air franc et ouvert de Rosette lui plaisait, c Voilà qui ferait une charmante femme pour notre Charles, pensa-t-elle donc ; quel dommage pour lui qu'elle soit si riche l De quoi peut-il bien être question entre eux? Hélas! peut-être qu'il leur doit de l'argent et qu'il est en retard pour le payement. C'est un mauvais moment pour s'en procurer; le blé n'est pas battu, et le raisin est encore vert. » Cette pensée venait à peine de naître dans son cerveau, que la Manon se retourna. Elle vit Rosette, causant avec Jean-Jules JuUiard, qui sans doute l'avait arrêtée au passage. Nouvelle réflexion dans l'esprit de la Manon, c Bien sûr qu'il essaye de lui faire la cour, ou peut-être lui parle-t-il de leurs vaches. Je crois qu'il perdra son temps. 1»

Au même instant, comme elle refaisait demi-tour, elle se trouva nez à nez avec Souky Meroud qui venait de chez Amy Lorand.

— Regardez un peu, lui dit vite la causeuse, Jean- Jules et Rosette Pasche, là-bas vers la fontaine. Je m'étonne bien si le compagnon se permettrait de lui diredesdouceurs.il en est vraiment capable: tenez, les voilà qui se serrent la main. Oh ! c'est un peu fort Hélas ! ma pauvre Manon, il faut s'attendre à tout, en ce monde. Ces JuUiard se croient tout permis, parce qu'ils brocantent des vaches et qu'ils ont du lard, de deux ans à leur cheminée. Il doit être fameux, ce lard !

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