‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 20 sur 177 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nant aussi Amy Lorand et prenant un vif plaisir à l'entendre parler. Bientôt il se leva, puis ouvrit le paquet ficelé qu'il avait apporté.

— Voulez- vous me permettre , dit-il à M*»^ Pasche, de vous offrir cette boîte à thé? Elle est en bois de citronnier et très simple, comme vous voyez.

— Elle est bien belle, monsieur Amy , et nous sera fort utile, car la nôtre est en mauvais état. Je vous remercie beaucoup ; c'est vraiment trop aimable de votre part. Et encore qu'elle est pleine de thé excellent.

— Mademoiselle Rosette , je vous ai apporté cette cassette en bois d'olivier. Ce sont des objets fabriqués à Nice. On dit que c'est commode et solide.

— Merci , monsieur, je l'accepte avec beaucoup de plaisir. Mais vous nous faites de superbes présents. J'en suis bien reconnaissante, ajouta-t-elle, en lui tendant la main. Elle est charmante , cette cassette ! Regarde un peu, ma mère, comme c'est joli à l'intérieur et si brillant qu'on s'y voit comme dans une glace. Je me réjouis de m'en servir. Merci encore, monsieur Lorand.

— Madame Pasche , reprit Amy , j'ai eu plusieurs fois le désir de vous écrire pour vous recommander mon neveu. Gomment se conduit-il chez vous? En êtes-vous contente?

— Mais oui, certainement. C'est un bon travailleur, dévoué à nos intérêts.

— Je le connais encore très peu , puisque je ne l'ai vu que pendant un jour ou deux l'année dernière. Autant que j'en puis juger, il me semble que son dé-

faut dominant est d'avoir bonne opinion de luimême.

— C'est un jeune homme ; il se modérera et prendra de Texpérience.

— Je n'ai pas été satisfait de ce qu'il a dit ce soir à propos de votre cheval , au moins dans le ton qu'il a pris à la fin. Je lui en toucherai un mot dans l'occasion. Vous lui rendrez service , et à moi aussi, dit-il en regardant Rosette , en lui parlant avec fermeté , comme une personne qui veut être obéie et en a le droit. Je m'intéresse beaucoup à René, car je n'ai plus que lui. Mon vif désir est qu'il comprenne bien ses devoirs et les remplisse , mais surtout qu'il sente ce qu'il doit à Dieu.

— Je le crois tout à fait un brave garçon, répondit la veuve. Ce qu'il peut faire de mieux, c'est de suivre vos conseils. — Il vous faut venir déjeuner avec nous demain , sans façon , et même prendre vos repas ici , jusqu'à ce que vous vous soyez arrangé pour votre nourriture.

— Merci, madame. J'accepterai une tasse de café demain matin ; ensuite, je verrai comment il sera possible d'organiser mon petit ménage. Bonsoir ; je vous remercie de votre bon accueil.

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