‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 37 sur 177 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de catholicisme romain, ou d'orgueil naturel, très difficile à déraciner.

Pour Charles Maubert, cette conversation avec Amy Lorand fut un trait de lumière. Il s'avoua que, jusqu'à ce moment-là, il n'avait rien compris à ce qu'est vraiment pour nous le Sauveur.

— Vous qui croyez sincèrement ce que vous venez de m'expliquer , dit-il à Amy , vous devez être bien heureux ?

— Oui, grâce à Dieu, j'ai la paix. Mais je porte aussi en moi un cœur d'homme , les restes de ma mauvaise nature, et j'ai à lutter souvent contre le mal. Vous ferez aussi vos expériences, à mesure que vous avancerez dans la vie chrétienne. Regarder à Jésus , pour tout absolument, c'est notre force.

Comme ils arrivaient au village, Amy demanda à Charles s'il connaissait le jeune homme avec lequel René s'était arrêté à Cressonne.

— C'est un garçon nommé Léon Villioud; il habite le hameau de la Varaude, un peu plus haut que Franc- Quartier. Je crois que René a fait sa connaissance au camp de Bière. On le dit riche pour un paysan.

— Est-il marié ?

— Non, pas que je sache. Parmi les jeunes gens, il a la réputation d'être ce qu'on appelle un bon vivant. Dans la commune dont il fait partie, les garçons riches ont assez l'habitude, le dimanche, de se promener en char dans d'autres villages, pour y visiter leurs amis ou traiter des affaires d'agriculture. Ils font des marchés de bétail, de denrées diverses ; ou bien ils se bornent

à recueillir des renseignements qui peuvent leur être utiles.

— Des relations de ce genre ne doivent pas être bonnes pour mon neveu, qui n'a pas d'argent à dépenser dans les auberges. C'est d'ailleurs un mauvais emploi du jour de repos.

Tel avait été le sujet de la conversation entre Amy Lorand et Charles Maubert, pendant que René et Villioud buvaient leur bouteille au cabaret de Cressoune.

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