‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 40 sur 177 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

— Je l'ai oublié. Villioud s'est trouvé là comme on sortait du temple ; il m'a offert , ou plutôt il m'a demandé de l'attendre un moment. Nous avons pris un verre de vin, et j'avoue que je n'ai plus pensé au sermon.

— Vous auriez mieux fait de continuer avec votre oncle et Charles Maubert, dit Rosette.

— C'est possible. Je n'avais pas engagé Villioud à venir aujourd'hui, bien le contraire. Pourquoi s'est-il trouvé là et m'a-t-il invité? Je crois. Rosette, que vous iriez bien avec mon oncle pour les idées; il m'a dit la même chose que vous.

— En effet, continua-t-elle en souriant, je l'aime déjà pas mal. Peut-être va-t-il me faire la cour un de ces quatre matins !

— Mais, Rosette, dit sa mère d'un air presque fâché, comment peux-tu plaisanter de cette manière ? René est capable de le répéter , et ce serait alors quelque chose de beau I

— Pourquoi non, ma mère. M. Lorand ne serait-il pas un excellent mari?

^me Pasche n'ajouta rien ; elle se leva de table la première et entra dans une chambre voisine, où elle poussa deux ou trois soupirs. René et Rosette restèrent seuls ainsi un moment sans parler. René rompit le silence.

— Vous avez fait de la peine à votre mère, dit-il, et à moi aussi, en parlant de mon oncle. Ce n'est pas joh de votre part.

— Si j'avais fait de la peine à ma mère, ce serait

très mal, répondit-elle; mais je ne vois pas en quoi j'aurais pu la blesser dans ce que j'ai dit il y a un instant.

— Si fait bien moi, je le vois.

— Comment donc?

— Je te le dirai quand nous reviendrons ua soir de de la danse, à la fête prochaine.

— Pourquoi pas tout de suite? Si c'est vrai , j'irai m'excuser immédiatement.

— Oh 1 tu n'as pas d'excuses à faire. — Il n'y a de la faute de personne aujourd'hui.

— Ecoutez, René : je vous ai demandé de me parler d'une autre manière ; veuillez ne pas l'oublier.

— Quandnoussommes seuls, je croyais que je pouvais vous tutoyer.

— Non, encore moins qu'en présence d'autres personnes.

— Soit; mais c'est un chagrin de plus.

— Comment vous en ai-je causé tout à l'heure?

— Il me semble que c'est facile à comprendre. Si mon oncle allait se mettre dans l'esprit de se marier et de penser à vous, Rosette, et que vous l'acceptassiez pour votre mari, comme vous avez dit, je ne m'en consolerais jamais. Dans mon désespoir, je serais capable de me faire un mauvais coup. Moi,jepenseàvous jour et Tiràl, ; ie ne serai heureux que...

— Clmt.... Voici ma mère qui revient. — N'allezvous pas faire boire le cheval de votre ami Villioud ?

— Oui, sans doute, et le nMre aussi.

— Prenez de l'avoine pour les deux , dit la mère,

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