‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 49 sur 177 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

tent, le lendemain, le déjeuner que nous leur oflTrons. Le soir, chacun soupe où il veut.

— Et comment s'habille-t-on ?

— Le dimanche, pour l'ouverture du bal , on a décidé qu'on serait en cheveux , robe blanche et bras nus. Le lendemain, on se met simplement , selon son idée.

— Tu me montreras ta robe, pour que je voie si la mienne peut encore aller.

— Oh ! ma chère, que nous dis-tu là I Dans ta position, il te faut une robe neuve, et une toute belle encore. La tienne n'est plus assez ample ; je me souviens qu'elle avait déjà l'air étriqué il y a trois ans. — C'est donc entendu que tu viens ; ça fera bien plaisir aux autres. Alors, avec quel garçon vas-tu ? Mon frère se met sur les rangs, si cela peut t'ôtre agréable.

— Remercie-le de ma part ; j'accepterais avec plaisir, mais René compte positivement sur moi. Je ne voudrais pas lui donner l'idée que je ne me soucie pas d'aller avec lui , parce qu'il est le domestique de ma mère. Bien que je n'attache aucune importance à cela, il me parait plus naturel que René soit mon cavalier.

— C'est bien aussi ce que nous avons pensé. Nous voilà donc d'accord.

— Et toi, Cornélie, avec qui vas-tu ?

— Eh donc! avec le grand Jean-Jules JuUiard. Lothaire avec Jenny Gottrau, puisque tu n'as pas besoin de lui. As-tu remarqué comme elle devient jolie cette Jenny ? En toilette , elle sera ravissante, tu verras. Adieu, Rosette ; nous nous reverrons pour causer de

cela, et si tu veux que j'aille avec toi faire tes emplettes, tu n'as qu'à dire. Bonsoir, madame Pasche. A propos, l'oncle de René est un rigoriste. Il condamne les amusements, la danse, tous les plaisirs de la jeunesse. Pour nous autres, il est trop grand monsieur. On dit pourtant que M. Amy Lorand était un fameux danseur dans sa jeunesse : à vingt ans il faisait le double entrechat dans les balancés des contredanses de ce temps-là. C'était le plus beau garçon de tout Croset , à ce que dit mon père. Il est encore si bien, maintenant qu'il est presque vieux. On assure qu'il est vraiment très bon, mais disposé à la tristesse. Adieu encore ; bonsoir.

René se tenait prêt à accompagner la belle visiteuse. Au moment de sortir de la maison, elle lui dit :

— Reste seulement à te chauffer; je connais le chemin et je ferai attention, cette fois, au tas de branches vers le coin de la maison.

— Non, non, je ne veux pas que tu t'en retournes seule.

— Je t'assure, mon cher ami, que je n'ai pas le moindre besoin de ton secours.

— C'est égal; je sais ce que j'ai à faire.

— En ce cas, passe-t-en la fantaisie. Lothaire te fera boire un verre de vin pour ta peine , mais il va être furieux contre toi.

— Pourquoi?

— Parce que Rosette vient avec nous et te prend pour son cavalier.

— Elle s'est enfin décidée ?

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