‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 50 sur 177 · CHAPITRE vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE vm

— Oui ; — tiens-toi seulement plus à droite ; je distingue parfaitement les fagots.

— Prends donc le bras que je t'offre, Cornélie ; situ savais combien je suis content que Rosette consente à être des nôtres !

— Et moi aussi. Quant au bras, réserve-le pour elle. Je te dis que j'y vois clair comme à midi. Mais, ton oQcle, que dira-t-il de tout ça ?

— Il ne dira rien. Mon oncle est pour que chacun agisse selon qu'il est persuadé en son esprit. Il cite assez souvent ce passage de la Bible.

— Peut-être fait-il mieux que nous?

— Allons donc ! s'il n'avait que vingt-cinq ans au lieu de cinquante , crois-tu qu'il ne serait pas le premier à se mettre en branle? L'âge est là maintenant pour lui ; c'est bien différent.

— C'est possible. Et Charles Maubert? il n'est pas si vieux, lui. On dit qu'il prend les mômes idées religieuses que ton oncle. Ce matin ils sont revenus ensemble du sermon. Tu devrais essayer de ramener Charles avec nous.

— Je vai» aller chez lui un moment pour finir la soirée. Adieu, Cornélie ; bonne nuit. Voilà votre maison ; tu ne risques plus rien.

De ce pas, René s'en vint à la porte des Maubert. Le père était seul; neuf heures sonnaient à la pendule.

— Et Charles? demanda notre garçon.

— Chez votre oncle depuis un moment ; il va sans doute rentrer : prenez une chaise.

104 PAEMIÊRE PARTIE.

— Merci. Je crois, dit René en se grattant l'oreille, que j'irai dire bonsoir de l'autre côté.

Ayant retiré la porte après lui, René traversa la rue et entra chez son oncle.

— J'avais une commission pour Charles, fit-il ; sachant qu'il était ici, je suis venu pour vous dire bonsoir.

— Tu as bien fait, répondit l'oncle. Assieds-toi entre nous deux. Tu écouteras avec nous quelques versets que nous allions lire , lorsque tu as ouvert la porte. Ce sera pour nous trois la meHleure manière de terminer la journée.

Prenant une Bible, Amy Lorand lut d'une voix ferme et grave :

« Toi donc , mon fils , fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ. Nul homme qui va à la guerre ne s'embarrasse des affaires de la vie. Il faut que le laboureur travaille avant de recueillir les fruits. Considère ce que je te dis, et que le Seigneur te rende intelligent en toutes choses. Quiconque invoque le nom de Christ, qu'il se retire de l'iniquité. Fuis les désirs de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la chanté et la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur. »

Amy ayant fermé le livre , Charles se leva et sortit. René le suivit à la rue.

— Quelle commission as-tu pour moi ? lui dit Charles.

— Oh I ça ne presse pas. Je reviendrai t'en parler un autre jour. C'est déjà un peu tard. Je suis fatigué et vais me coucher.

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