‹ Rosette: ou, La danse au village; nouvelleChapitre 61 sur 177 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

— Et que pense-t-elle ?

— Elle dit qu'elle est tout à fait libre. Je ne crois pas que René lui déplaise formellement ; mais je suis sûre qu'elle ne l'aime pas encore.

— Et quant à vous, madame Pasche, de quelle manière verriez- vous un engagement de cette nature avec mon neveu? Il est important que je connaisse dès à présent votre pensée sur ce point.

— Eh bien , dit la veuve avec une émotion visible, je la laisserai libre de suivre ce que son cœur lui dira.

— Je vous en remercie vivement, pour mon neveu et pour moi. — Ce que nous venons de dire , restera entre nous. Nous nous engageons à n^en parler, ni vous à Rosette, ni moi à René; il vaut mieux que leurs sentiments se développent sans aucune influence de notre part. Si cela ne vient pas du côté de Rosette , il faudra que René quitte votre maison et votre service. Je lui trouverai une place à l'étranger. Si votre fille s'attache à lui, s'il sait gagner son cœur, nous n'aurons alors, vous et moi, qu'à demander à Dieu de les bénir.

M"« Pasche était trop émue pour pouvoir répondre. Deux grosses larmes coulaient sur ses joues pendant qu'Amy parlait ainsi. Mais ces larmes avaient pour lui un langage bien plus éloquent que des paroles.

— Je vous comprends et nous sommes d'accord, dit la veuve au bout d'un moment , après avoir passé un mouchoir sur son visage.

— Adieu, madame , et au revoir ! dit Amy en se le-

vant. Il vaut mieux que votre fille ne me trouve pas ici à son arrivée.

Quand le visiteur fut dans le chemin du village , la mère s'enferma dans sa chambre et donna un libre cours à ses larmes. Elle le pouvait bien , la pauvre femme 1 Car celui qui venait de la quitter était le métne qu'elle avait oublié autrefois, pour épouser le père de Rosette.

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