‹ RosslawlewChapitre 11 sur 18 · I. lO · texte numérisé non relu

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ne voit que Pauline.... Son mouchoir blanc est agité par le vent. Oh! si son cheval avait des ailes! s'il pouvait sauter par dessus cette cruelle rivière qui murmurait et écumait entre ses bords riesserrés, comme si elle eût senti de la joie de séparer ainsi deux cœurs amoureux. Rosslawlew aurait voulu suivre la rive; mais un énorme marais lui coupait le chemin. Pour arriver au pont, il fallait faire un grand détour, et passer par le bois. Il presse son cheval , se fraie à grand'peine une route à travers les buissons : rien ne peut l'arrêter ; il vole plus qu'il ne va , et se retrouve enfin dans la plaine, d'où il distingue de nouveau la voitvne; elle descend précisément la côte, et approche du pont de bois. Une personne en robe blanche se penche parla portière pour le regarder venir.,.. C'est sans doute Pauline. Tout à coup la portière s'ouvre; on entend un cri, la robe blanche brille dans l'air, les flots s'entr'ouvrent , le bruit d'un corps qui tombe dans l'eau retentit, et tout a disparu! — Mon Dieu ! s'écria Rosslawlew.

Son cœur avait cessé de battre, un nuage couvrait ses yeux; il ne remarqua pas même qu'un homme s'était jeté dans l'eau après la robe b'anche. Il courut hors de lui-même vers la ri-

vière, qui, resserrée entre deux îles, avait en cet endroit une rapidité extraordinaire. Quoique l'homme ne fut plus très-jeune, il s'efforçait avec une grande vigueur de s'éloigner de la rive où le courant le retenait malgré lui. I^a robe blanche ne tarda pas à remonter sur l'eau à vingt pas environ de lui, et disparut bientôt de nouveau. Rosslawlew se jeta dans l'eau en pleine course. Son cheval circassien, accoutumé à traverser des torrens, l'amena en un instant jusqu'au miheude la rivière; il se mit à descendre le courant; mais, malgré cela, il ne serait pas parvenu à sauver l'infortunée, si elle n'avait pas eu le bonheur de s'accrocher à un buisson qui croissait sur le bord d'une petite île, où l'eau faisait un bruit terrible. Au moment où, perdant entièrement ses forces, elle allait abandonner-la branche qu'elle tenait, Rosslawlew réussit à la saisir, et à nager avec elle au rivage. Là , il sauta de cheval , la posa doucement sur le gazon, et ce fut alors pour la première fois qu'il reconnut que ce n'était pas sa prétendue, mais sa sœur Olga, qu'il avait sauvée.

— Est-ce vous? dit-elle d'une voix inarticulée. Est-ce toi ? mon sauveur! répéta-t-elle en pas-

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sant ses bras autour de son cou. Mais au même instant ses yeux se fermèrent, et elle tomba sans connaissance dans les bras de Rosslawlew.

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