‹ RosslawlewChapitre 16 sur 18 · LA DECLARATION DE GUERRE · texte numérisé non relu

LA DECLARATION DE GUERRE

je VOUS trouverais ici, je l'ai prise avec moi. La voici :

— Elle est de Sarjetzki! s'écria Rosslawlew après avoir regardé l'adresse; cela me fait grand plaisir.

Le commandant suivit après cela les autres convives dans le pavillon, pendant que Rosslawlew décachetait la lettre et lisait ce qui suit :

« Je te donne à deviner, mon ami, où je suis » et ce que j'ai fait ce matin ; mais pourquoi te M tourmenter ? tu ne le devinerais de ta vie. Je » suis capitaine de hussards ; je t'écris de mon » bivouac, non loin de Bialystock, et je me suis » battu ce matin avec les Français. Ne t'étonne » pas , mais écoute ; je vais tout te raconter » dans le plus grand ordre. En me séparant de M toi, je t'avais déjà donné à entendre que la vie de » Pétersb6»rg 'commençait à m'ennuyer. Après » que tu fus parti, je m'ennuyai bien davantage. » Tu sais que je prends facilement mon parti : }) me décider et endosser l'uniforme fut pour » moi l'affaire d'un instant. Ma bonne tante me » donna sa bénédiction avec une image de saint, » et mes cousines..., je te l'avais dit d'avance, mon » cher, pas une d'entre elles ne répandit une

» larme à mes adieux. Je courus à Wilna, où je » retrouvai presque tous mes compagnons d'ar- » mes. On nous donna des bals, et nous nous » amusâmes beaucoup; mais, tout en dansant, i> nous éprouvions la plus vive impatience de » faire connaissance avec nos hôtes, qui res- » talent indécis de l'autre côté du Niémen , ab- » solument comme s'ils attendaient notre invi- » tation.Le 12 juin enfjn ils passèrent la rivière, » et alors la danse commença; pas pour nous » cependant, mais pour les cosaques. Je deman- » dai la permission de servir dans l'avant-garde , » qui est maintenant devenue l'arrière -garde, » puisque nos troupes se retirent. Il y a des per- » sonnes qui pensent que nous le faisons pour » nous réunir à l'armée de la Moldavie qui vient » au-devant de nous ; mais d'autres soutiennent » que c'est pour entraîner Napoléon le plus loin » possible , afin de le recevoir ensuite comme » nous avons autrefois reçu le roi de Suède à » Pultawa. Je ne sais ce qu'il faut que je croie ; » mais ce qui est certain , c'est que 7ious recu- » Ions pour mieux sauter. L'ennemi paraît deux » fois plus fort que nous ; mais en revanche , » nous sommes chez nous, et il est en pays étraii- » ger; la Fraucc est bien loin , et les AUemauds

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