‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 100 sur 168 · Frère : 228, p. ii3, A · texte numérisé non relu

Frère : 228, p. ii3, A

2. Dclaqucrrière : y/f, I, p. 3/», /jA ; H, p. 7, 11, 03; B. Arch. et Cons.: igo6, p. i/ja; A. S. I.: M slatis. agricul., 1807.

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tures étroites et rares. Sans fermeture sur l'extérieur, le soir on les bouchait avec des lames de bois. L'usage des carreaux, qui se répandit dès le xiv* siècle, n'augmenta ni le nombre ni la forme des fenêtres. Le plus communément, jusqu à une époque avancée, la maison de Rouen présente, au rez-de-chaussée, une baie ouverte et des impostes ajourées en forme d'arcature, et, aux étages, des fenêtres grillagées, mal éclairées par de nombreuses petites vitres ; le tout se bouchait, à la chandelle, par des contrevents. Les habitants voyaient mal et respiraient peu. Le manque d'air, de lumière dans les maisons de bois était particulièrement dangereux pour une cité soumise à toutes les épidémies. Par ailleurs, si élégant, si solide fût-il, le colombage se dissociait à la sécheresse. Entre les bois et le remplissage, des vides se produisaient oii nichaient les souris et les rats, ces grands propagateurs de la peste et du choléra. Rouen, la ville-musée, fut souvent de ce fait la ville de la mort. Les épidémies eussent été plus terribles encore si les incendies n'avaient constamment ravagé la cité'.

La multiplicité des montants et des traverses dans la carcasse du colombage rend les incendies fréquents et particulièrement terribles. La maison de boisa le même adversaire que la forêt dont elle dépend. Le feu était à l'état endémique dans l'agglomération rouennaise. Elle était une proie merveilleuse pour la torche des envahisseurs. Même en temps de paix, l'incendie était le pire ennemi. La foudre, les sécheresses prolongées, plus simplement une imprudence dans l'ouvroir d'un tisserand, dans la boutique d'un mercier ravageaient des quartiers entiers. Les vieux chroniqueurs insistaient avec force détails sur ces désastres, plus dangereux que la peste ou les inondations. Ils détruisirent plusieurs fois la cathédrale et les

i. Viollct lo Duc: Dictionnaire de rarchitecluro française du xi" au xvi" siècle. Paris, iSfi.'i, VI, p. 267; Lafosse : H.'i. p. 5^; Sion : .ï/o, p. ^72. 478; Dclaqiicrrière : /4. I, p. 35; II, p. 86, 8^; B. Arch. et Cons. : 1906, p. 84 ; H. mun.: ms. J. le Lieur.

Lf.vainville. — Rouen. 20

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c'^liscs, anéantirent les paroisses industrieuses, arrêtèrent la prospérité de la métropole. L'extension do la maison de bois se trouvait, à l'instar de l'extension de la forêt, de plus en plus réduite par les elTets géograpliiqucs du feu. Quand bien même le perfectionnement de la route n'eut pas transformé l'habitation rouennaise, l'incendie eût forcé les architectes à modifier leur technique. Avec le développement de la population, conséquence de l'essor industriel du MX' siècle, le bois devait céder la place au fer et à la brique \

Actuellement, le fer, la brique, la pierre et l'ardoise ont modifié profondément l'aspect et les conditions hygiéniques de Rouen. Les perfectionnements du réseau routier en sont la cause. Ce fut l'œuvre des premières années du XIX* siècle. Jusque-là, les maisons rouennaises n'avaient cessé d'être bâties en pans de bois sur un type qui remonte au moyen âge. Mais la rareté croissante du bois et les facilités nouvelles qu'offrait le transport de la pierre firent abandonner rapidement la tradition. Dès i8()2, on notait combien l'achèvement du réseau vicinal hâtait la transformation ; à mesure que les transports étaient plus faciles et moins coûteux, on pouvait recourir à des matériaux étrangers, ou cuire la brique à meilleur compte. L'introduction des charbons anglais lui a permis de recon(|uérir la première place. Déjà utilisée dès 1775, elle fut le plus communément employée vers 1820. Depuis lors, les nombreuses briqueteries des plateaux aux environs de Uouen n'ont cessé de prospérer. Quelques années plus tard, l'approfondissement du chenal de la Seine introduisit dans les charpentes l'usage des bois Scandinaves en remplacement des bois normands qui commençaient à manquer absolument. A la même époque, le rail, en apportant àpiedd'œuvre les fers du Nord de la France, élargissait considérablement la surface des appartements. Par

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