A. S. I.: PI. no i6/i
2. Périaux : j^ij, p. xxii ; Sion : 3it). p. h^fi\ Joret : !'<?.?. p. 52, 90; Delisle : -jH^, p. 897; Maunier : ouv. cilc, p. 71 ; A. S. I.: G 7208.
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cité. Mfilsonsà pignon ou maisons appcnliclics sonl lestypes les plus généraux auv débuts de l'aggloméralion. Ils sont encore les plus nombreux sur le livre des fontaines en i525. Les quartiers seraient tous pareils si le nombre plus grand des étages dans les paroisses riches n'apportait quelque diversité dans le plan général '.
Semblablement, la môme uniformité régnait à 1 intérieur. Les dimensions des pièces se ressentaient de la configuration générale de limmeuble. La nécessité de vivre entassés imposait à l'aménagement des distributions analogues. A chaque étage, dans chaque maison, on ne trouvait qu'un seul appartement, sans cabinet, avec des cheminées hautes et larges; l'ensemble était relié par des escaliers en vis, le plus souvent portés en dehors de la maison. La fonction de chaque pièce se correspondait dans chaque habitalion.
Les caves, quand elles existent, sont les plus belles pièces de toute la maison. Elles sont remarquables par leur forme plein-cintre, leur hauteur, leur étendue et leur construction toute en pierre de taille. On y remarque souvent un puits qui double ou supplante celui delà cour, et presque toujours une cache pour les trésors et les objets précieux. Dans la cave l'habitant pouvait se retirer en temps de siège. Le degré qui y conduisait, placé sous l'escalier de la maison, irénéraloment obscur, tortueux et étroit, était facile à obstruer et à défendre'.
Le rez-de-chaussée contient la pièce la plus importante ; le plus souvent, il fait fonction d'ouvroir, de boutique. Il donne accès sur la rue par une seule entrée, commune aux clients et aux liabitanls. Seuls, les riches hôtels peuvent se permettre de réserver le rez-de-chaussée comme antichambre et de n'y point vivre. Le livre de J. Le Lieur nous montre que c'était une exception ; généralement le rez-de-chaussée est la pièce du travail. On ne conçoit
I. Dclaquerrii'Te : y4- I. p- 43, II, p. 7; àc Bcauropaire : l>j, p. i64 ; A. S. I.: G 7.S()5.
3. Dclaquerrièrc: 7^, II, p. 371; B. Arcli. et Gons. : 1900, p. l\(>.
LES ^FAISONS Oî I
guère aujourd'hui comment dans ces rues étroites, bordées d'habitations, des industries aussi déHcates que les draps du sceau aient pu s'exercer. Les pires inconvénients étaient qiion y voyait mal et qu'il \ régnait une humidité malsaine. Pour que sa trame ne desséchât point, le tisserand mamtenait l'aire de son habitat à quelques décimètres au-dessous de la rue. Le sol de terre battue s'imprégnait des eaux de la maison et de celles de la ville. Au xvi" siècle seulement, les drapiers purent recouvrir la terre par des carreaux de terre cuite, origine de la faïence de Rouen. La boutique n'était pas plus claire. Surplombée par les étages, abritée du soleil par la maison d'en face contre laquelle elle butait presque, elle vivait continuellement dans l'ombre'.
L'étage ne comprenait qu'une pièce. L'adjonction d'un cabinet sur la cour ne prévalut qu'au xv" siècle. C'était plutôt un débarras qu une chambre. Les personnes les plus riches vivaient en famille, de sorte que la maîtresse, le maître, les enfants, les domestiques se trouvaient réunis dans cette pièce qui servait à la fois de cabinet d'étude, de chambre à coucher, de salle à manger et même de cuisine. Elle était très élevée et s étendait sur toute la surface de l'immeuble. Par ailleurs les inventaires des bourgeois duxiv'^ et du xv* siècles nous montrent que l'étage n'était point encombré de mobilier. 2 lits, 2 coffres à vêtements, 1 huche, i dressoir, 2 tables, i banc, des chaises et du matériel de cuisine sufiîsaient aux besoins des plus fortunés. Cependant cet unique logement com- |)li([uait singulièrement les conditions de l'existence. La léquisition les rendait plus dilliciles encore. Les garnisaires étaient un impôt plus lourd que la taille. Ils restreignaient considf'rablement dans les vieilles demeures, la place déjà très étroite réservée à la vie familiale ".
Le grenier était d'autant plus vaste qu'il ne contenait
1. DolaquprritTC : -ji. II, p. i3, 84; Viollcl lo Duc: ouv. citi', p. a5o.