De Beaurepaire: 2y5, passim; A. Nat.: II i
dans le plat pa\s, les naissances étaient plus nombreuses et les décès moins importants. Mais grnés par les règlements corporatifs, assurés aux champs du double salaire de la culture et de la manufacture, les artisans des campagnes refusaient de s'établir dans la ville. Celle-ci était réduite à ses seules forces; elle déclinait. Les rôles de la capitation indiquent quantité de maisons vacantes autour de Saint-Maclou et de Saint-\ ivien '.
Si l'on peut fixer avec quelque certitude la population au début et au milieu du xviii* siècle, il est beaucoup plus difficile de 1 évaluer à la fin de l'ancien régime. Necker la fixait en 1786 à 72 000 âmes, Calonne en 1787 à 680/io, la statistique du Ministère des travaux publics publiée en 1 837 l'estimait pour l'année 1 789 à 64 92 2 . le recensement de 1791 à 84 323, l'état des votants de Messidor an II à 76825, l'état des indigents dressé en floréal de la mémo année à 84 686. Ce dernier chiffre nous semble manifestement gonflé pour les besoins de la cause. Sans doute le développement de la manufacture aux environs de la ville fut cause d une certaine immigration : mais il ne put balancer, à ce point, les désastreux effets du libre-échange non plus que 1 émigration des citadins vers le plat pays. Le chiffre de l'état des votants, 76 820, paraît le plus vraisemblable. Il est le plus voisin des résultats des recensements de l'an VI (78 687) et de 1801 (79 786) ^ travaux établis plus sérieusement et sans souci de satisfaire le pouvoir central. Depuis 1761, la population rouennaise s'était accrue de 16 i98unités. Cette augmentation peut paraître énorme. Elle s'explique d'abord par des statistiques mieux faites et qui faisaient état non seulement de tous les feux payants, mais aussi des mendiants et des privilégiés si nombreux à Rouen. Elle s'explique surtout par des conditions géographiques plus favorables : alimentation
I. Messance: 262, p. ", i3^; l'rèro : 2fifi, p. xxvr, xxvii; de Bcaiinpaire: 24y. p. 387; A. S. I. : C .H2', à 828. 607.
a. Levasscur: aSg, I, p. 218, 227; de Bcaurcpairc: 2.^7, p. 8995 Statistique: 2fJ6, p. 278; A. S. I. : L 367, 2871, 2081.
meilleure (le pain se payait en 1799 : o fr. 2.3 le kilogramme), élargissement de l'habitat, peuplement des faubourgs, abolition des entraves corporatives.
Ces raisons démographiques avaient produit tout leur effet, quand éclatèrent les guerres de T Empire ; à peine pouvaiont-elles lutter contre le départ des conscrits aux armées, contre l'émigration des artisans vers les vallées et contre le letour au\ champs. Le maire du Houlme remarque que l'établissement d'une filature sur sa commune a augmenté la population d'un vingtième depuis l'an VIII ; celui de Sotteville recense 6i5 habitants nés hors de la commune sur un effectif total de 3 107 ; mais en dépit des remontrances du préfet qui le force à recommencer ses calculs, le maire de Rouen constate, à contrecœur, la stagnation de la population. Toute la durée de l'Empire, elle oscilla autour de 86000 âmes '.
Malgré la prospérité commerciale et industrielle, les premières années de la Restauration n'accusèrent aucune plus-value intéressante. Le préfet s'en étonne et les inquiétudes de la municipalité recommencent. Le maire pense que le mal provient de ce que plusieurs enfants de parents rouennais sont nés et déclarés à la campagne, tandis que leurs décès sont enregistrés en ville. Mais cet usage ne suffit pas pour résoudre le problème démographique. La vérité est toute autre. A ses débuts, la fonction industrielle exerce son influence presque exclusivement dans les vallées et non dans la métropole elle-même. Le moteur hydraulique concentre seul la main-d'œuvre. Les communes riveraines du Rohec, de la Clairette, de la Sainte-Austreberthe enregistrent seules des gains. Les agglomérations agricoles de l'arrondissement sur les plateaux indiquent des pertes. La ville de Rouen, marché et non fabrique de cotonnades, est encore très peu tou-
I. A. S. I.: L '?67; M statist. an VIII, 1808; subs. 1816. Le dossier du recensement do 1816 est égaré. Le cliiffre de la population est donne par un état des subsistances de la même année.
LA POPULATION 3'j']
chée par les apports forains. L'invention de la pompe à feu, en libérant l'usine de toute attache au sol, pouvait seule favoriser l'agglomération urbaine. De 1821 à 1826 les industriels construisirent dans les faubourgs 1 1 filatures et une teinturerie : la population passa de 86 ySG âmes à 90000 âmes, en augmentation de 3 26^. Dès lors, comme dans toute la région, la fortune de Rouen, sa population seront fonction de l'évolution industrielle. Elles croîtront et décroîtront ensemble. Malgré la diminution progressive des communes agricoles, l'arrondissement voit sa population augmenter entre 1810 et i856 de 35 pour 100 : la ville seule gagne 26 pour 100. Elle comptait à cette dernière date io3 2 23 habitants'.
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que la crise cotonnière de 1860 ait longuement marqué son influence sur la densité des habitants. Malgré les perfectionnements introduits dans les transports par terre et par eau, malgré ie grand développement du commerce, la population subit une régression qui s'arrêta seulement après la guerre de 1870. Seul le recensement de 1876 avec 10/1902 âmes accusa une augmentation sur celui de i856. Depuis, l'accroissement continu du port, la dépréciation de la main-d'œuvre agricole, l'augmentation des salaires dans les usines attirent chaque année à Rouen des unités qui comblent heureusement les déficits de ses naissances. Chaque recensement accuse en moyenne une plus-value de 2 000 habitants. L'annexion de parcelles des communes de Pelit-Quevilly et de Canteleu sont les raisons du maximum d accroissement ( 519^1 habitants) constaté pendant la période de 188O à 1891 ".
Nous savons que cet apport provient pour la plus grande partie des plateaux du Caux et du Vexin. Les Rouennais pur-sang entrent à peine pour ^2 pour 100 dans l'eflectil total. A vrai dire, dans l'arrondissement les cantons agri-