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cherchaient à regagner le niveau de base du fleuve, sans cesse rajeuni par la descente progressive de son bassin.
Mais, quelle que lût la vigueur de la Seine et de ses affluents, ils seraient arrivés difïicilement à conquérir l'espace compris entre la faille et le méandre de Houen, s'ils n'avaient été aidés parles ruisselets issus des marnes du Turonien. La rive concave du méandre forçait ces eaux à converger et à concentrer leurs eflbrts sur un espace sans cesse plus restreint. Leur puissance dévasta triée augmentait du fail de leur union. A l'ouest de l'axe de Beauvoisine, les sources Gaalor et de Notre-Dame mariaient leurs eaux pour donner naissance à la Henelle : elles suivaient la direction de la rue Jeanne-d Arc, de la rue des Vergetiers et de la rue des Cordeliers. A l'est, les ancêtres du Uobecet de l'Aubettc confondaient leurs cours et se perdaient dans la Marcquerie et le Malpalu avant de rejoindre la Seine. Les eaux encadraient lanticlinal orthogonal, parcouru lui-même par de nombreux ruisseaux. Du ravin du Atont-aux-Malades descendaient plusieurs pleureurs. Ils alimentaient un vaste marais sur l'emplacement du quartier de la Madeleine. Du ravin de Beauvoisine surgissaient les eaux qui entouraient encore l'église Saint-Lô au moment de sa consljuction. Du ravin de Boulingrin sortait un affluent du Uobec. Tous ces torrents, quand les pluies étaient violentes, dévastaient le sol de Rouen. Les terrains et les fossés des trois enceintes ont eu pour but de protéger l'agglomération contre les surprises de l'ennemi, mais aussi contre l'impétuosité des trombes d'eau. On eul le plus grand tort de combler les fossés quand leur utilité tactique fut devenue négative, d'autant plus que des brèches avaient été pratiquées dans les murailles pour faciliter la circulation urbaine. Dans les longues périodes de pluie, par ces ouvertures, les ruisselets reprenaient leurs cours. Par la brèche de la rue Bouvreuil, la Renelle s'épandait dans la rue des Ermites, la rue Massacre, la rue Percière ; par la brèche de la rue de la République, l'ancien affluent du Robec cherchait à
l'emplacement de ROUEN l[l
regagner son collecteur : par la brèche de Beauvoisine. les pleureurs s'efl'orçaienl de regagner l'ancien marais de l'hôpilal. Les derniers travaux de la voirie ont dû tenir compte de ces conditions hydrographiques pour éviter de nombreux débordements '.
L'action de l'érosion lluviale, lente et continue, a principalement consisté dans le déblaiement de la masse crétacée ; les matériaux extraits furent déposés surtout dans le fond des vallées. Le travail du ruissellement, plus intermittent, mais plus brutal, opéra surtout la régularisation des surfaces. Il afTouilla les plateaux, dégrada les crêtes, adoucit les lianes. Cette action fut rapide, grùce à la violence et à la quantité des orages, des avalasses, si terribles jadis pour la région rouennaise. Actuellement, elles ne sont plus si pernicieuses. Le climat s'est asséché et les ingénieurs ont tenu compte pour établir les routes de la violence des précipitations. Mais alors que le service des Ponts et Chaussées n'existait pas, nombreuses étaient les requêtes des paysans qui sollicitaient la construction de ponceaux en travers des vallées. Tous les automnes, les limons s'entassaient dans les parties basses des chemins : les communications étaient interrompues avec la ville. A Rouen même, les échevins étaient sans cesse préoccupés d'assurer 1 écoulement des eaux d'orage en leur donnant des issues à travers les rampes. Plus tard, la municipalité fit établir, sur le territoire de Boisguillaunie, \ bétoires destinées à diminuer le volume des eaux qui alUuaient dans la rue Verte. Quand la hgne de lloueii au Havre fut construite, la compagnie concessionnaire fut mise en demeure d'établir, à ses lisques et périls, un aqueduc pour écouler lescauvet les produits du ruissellement". Ces apports ont une épaisseur essentiellement variable. 22 mètres à Oissel, Go mètres au-dessus du quai du Mont- Riboudet.
I. V. Lévy : .(.y. p. a'j'l ; Forlin : //5, p. 89; Dollfus : /.'/, p. i'ia. •i. A. mun. di'lib. : II, p. i3, 50 j A. S. 1. : C ijo.'î.
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Les limons du ruissellement, comme les alluvions, entretiennent à la surface du sol l'humidité des inondations et des pluies. Ils ont singulièrement favorisé l'invasion de la foret qui, à une époque assez rapprochée, recouvrait riiémicycle où s'étahlit et grandit la métropole normande.