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aux moines de Grammont Taiicien parc des ducs de Normandie, face au château de la lîasse-vieille Tour ; plus lard il fit don aux femmes lépreuses de Quevilly d'un pré proche la Seine et du droit de pâturage dans la foi et'. Au siècle suivant, les religieuses de Saint-Dominique s'étahliront dans les landes d'Kmendrevillc. Mais la foret reculait lentement; dominicains et religieux ne défoncèrent que les prairies d'alluvionnemenl. En 1020, le plan de Jacques Le Lieur fait passer la lisière septentrionale du Rouvray sur l'emplacement occupé actuellement par la poudrière près Sotteville et par l'usine à gaz près la gare d'Orléans. C'était une masse compacte, impénétrable en dehors de la route qui menait aux campagnes du Neufbourg et de la roule qui conduisait aux embouches du Roumois. A la lin du xviii' siècle, les bois étaient transformés en bruyères aux al)ords de la ville; mais sur le plan de 181 7, la forêt de Rouvray s'avance encore jusqu'à l'avenue Sainl-Julien. au sud de Rouen, et jusqu'à remplacement de la gare du Petit-Quevilly. Il fallut tous les efforts de la technique agricole pour adapter ce sol ingrat aux besoins alimentaires de la cité ; il fallut surtout la pénétration de l'industrie cotonnière qui conquit définitivement le méandre de Sain t-Se ver au commencement du xix" siècle.
Sur la rive droite, la saIvc demeurait plus éloignée du lleuve. Elle s accrochait avec peine aux flancs des coteaux ravinés par les eaux, aux pentes qui conduisaient à la Seine. Par ailleurs, les parties basses de la vallée constituaient un marécage permanent, impropre aux grands bois. Ils demeuraient sur les hauteurs : c'est là que luttaient les monastères. Au xi" siècle les Chartreux de saint Bruno, établis au Mont-Gargan, défrichèrent la partie occidentale de la foret de Long-Boël sur la montagne Sainte-Catherine. Plus tard, au xvi'" siècle, obligés
1. Foiiquet : ?i'7, II, 885; do Moauropaiio : 64. p. 280; Diiclicmlu : 38(1, [i. 229; A. S. I. : D 3'i3, 3V'i ; IM. C ayôi .t PI. n» 335.
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d'évacuer leur monastère auquel on substituait un fort, ils s'établirent à la lisière sud de Saint-Sever'. Dans la vallée du Uobec, l'alibave de Saint-Amand possédait, dès 1070, la dîme des essarls dans la forêt de Préaux ; la lisière occidentale, primitivement en aval de Darnétal, avait reculé jusqu'aux sources de Fontaine-sous-Préaux. Dans la vallée de la Clairette, les religieux du même ordre défoncèrent, vers io3(), les territoires de Malaunav et de Monville^ Le déboisement de l'immense massif boisé compris entre la rivière de Clères elle Robec, le Silveison aujourd'hui la Foret verte, semble avoir commencé plus tôt. La partie méridionale, appelée bois de l'Archevêque, s'arrêtait au faubourg Bouvreuil, à la place Beauvoisine, à la rue du Champ-des-Oiseaux et à la crête des plateaux entre Déville et Maromme. Le défrichement fut l'œuvre des propriétaires : la mense archiépiscopale, les bénédictins de Fécamp, le prieuré de Bondeville, et surtout de l'abbaye de Saint-Ouen. Entreprise dès le iv* siècle, la conquête de la forêt, un moment interrompue par les guerres, fut assidûment poursuivie dans la période de paix du xn'^ siècle. L'espace oii s'élevèrent plus tard les paroisses du Mont-aux-Malades. de Saint-Aignan. de Boisguillaume, d Isneauvillc ^ fut déboisé à cette époque. Cependant, jusqu'à la fin du xvni'" siècle, les bois luttèrent victorieusement contre la culture. La côte des sapins ne fut défrichée que pendant la période révolutionnaire pour planter des pommes de terre. Plus à l'ouest, la forêt de Boumare s'étendait jusqu'aux portes de Bouen. A la fin du xi" siècle les arljres touchaient aux remparts^.
1. Au xviii" sicclc, les bois arrivaient encore jusqu'au Mesnil-Esnard. De Beaurepaire : 04. p. 18; A. S. I. : PI. n"* 77, 78, 233 ; A. ^a^. : F'^''i>85oi.
2. Barbier de la Serre : 5g, p. 73, 7^ ; Samson : 100, p. 1 i ; Delislc: 2fi4. p. io3.
3. Barbier de la Serre: fJ2. p. i.Sj. el 'li. p. 237; Kouquet : 22^, I, p. 3, II, p. 881 ; A. Nat. : V" 33o, cl VI. N"i3i, N'"49.
li. Samson: 100, p. 9; de Frévillc : 16.J. I, p. io3 ; B. Nat.: PI. de la Vigne (i6.i5); ms. 1 1()38 ; \. S. I. : B l'omis lionne-Nouvelle; G 2900; A. Nat.: PI. N'ilr, N"i7.ô; Q' 139.Ô; T. 1008.
Celaient les dernières avancées des forets occidentales, plus épaisses et moins attaquées. La légende de Rollon, chassant dans ces bois et retrouvant aux branches d'un chêne ses bracelets d'or, longtemps après les avoir perdus, montre bien plutôt l'impénétrabilité des halliers que l'absence des voleurs. La lisière orienlule, proche la cité, fut longtemps respectée grâce au voisinage des dominicains établis sur l'emplacement de la préfecture actuelle et qui se consacraient à la prédication plutôt qu'à la culture. Au moyen ûge les bois de Uoumare n'étaient attaqués que dans leur partie occidentale ; les religieux de Saint-Marlin-de-Boscherville, les Emmurées de Monligny, et surtout les moines de Jumièges se disputaient la lisière. Au xv" siècle seulement les maraîchers de Cauchoise conquirent sur la forêt des sols agricoles*.
D'après ces indications, on peut conclure qu'au début de la première agglomération la forêt s'étendait sur toute la boucle de Saint-Sever jusqu'à la Seine, et, sur la rive droite, dans tout l'hémicycle de Rouen à l'exception des marais de l'Aubette, du Robec, de la Renelle et de l'axe orthogonal de la rue Grand-Pont. Telles étaient encore ses limites au commencement du xi*^ siècle. C'est dans cette sorte de clairière que les premiers hommes descendirent pour gagner le seul passage où l'on pouvait traverser facilement la Seine. Plus tard, le premier travail des moines élargit ce territoire où la circulation s'annonçait plus aisée. Ils défrichèrent d'abord les vallées qui étaient les chemins naturels, puis les crêtes où commençaient les bonnes terres des plateaux, enfin le méandre de la rive gauche, pour sassurer une route vers le sud. Le développement de Rouen suivit cette conquête de la forêt.
Les villes s'accroissent et les populations se groupent là où les accidents du sol permettent la libre circulation ^
1. Dolislc : 100, p. /|()3, /|n/| ; Prévost : f)5, p. i85 ; Barbier de la Serre : 5g, p. 77, et 63, p. iS/i, i85; A. S. I. : G io55; Pi. G. agôo.