‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 21 sur 168 · A. Nat. : (i' 5oi · texte numérisé non relu

A. Nat. : (i' 5oi

étaient aussi nombreuses à la fin du wiiT siècle ; un médecin, Lepecq de la Clôture, leur attribuait les cas de fièvre paludéenne, nombreux dans la région. Il était réservé au \ix'" siècle de rendre à la culture ces sols improductifs'.

Au début de l'I^mpire, le fleuve « encombré de vase et de plantes acjualiqucs n'oflrait point une section assez large au passage des crues qui se répandaient sur les bords. Même en étiage. il maintenait à un niveau élevé le plan des eaux qui s'infdtraient dans les rives ^ » Les eaux, entrées à marées hautes dans les fossés établis aux siècles précédents, sortaient d'autant plus difficilement aux marées basses que le système de drainage mal entretenu, les vannes encrassées, les arrêtaient au passage. Le sol s'exhaussait continuellement. Le maire de Canteleu se reconnaît dans l'impossibilité d'assécher les étangs riverains. « Il faudrait, disait-il, que la rivière tombât de 6 pieds au-dessous des plus basses eaux. » Les points les plus bas des marécages se trouvaient en effet au-dessus des plus basses eaux de la Seine au Trait de 2™, 2 4, à Saint- Georges-de-Boscherville de 2™, 07, à Bcrville-sur-Seine de i'",6(j, à Anne ville-sur-Seine de i™,6i , àYvillede i"',77- Les marais recouvraient de vastes étendues, celui de Saint- Georges mesurait /ji hectares, ceux de Berville-sur-Seine, Annevillc-sur-Seine, le Trait formaient un ensemble de 879 hectares et longeaient la Seine à un demi-kilomètre de dislance \

L'augmentation des populations suscita, vers i83o, lasséchement des marécages. La Société d'agriculture de la Seine-Inférieure appliqua tous les ans une partie de

1. Lepecq de la Clôture: 25^, p. G2, i4i, i54; Lormier : 261. p. vi et vu; A. S. 1.: G 8442; A. Nat. : Q' i38o.

3. Sion : 3io, p. SSg ; Le lioullcnger cite comme plantes aquatiques les plus fréquentes : Butonus umbellalus, préris échioïdes, Poa aquatica et de nombreux carex (B. mun., ms. n° ii58, p. 3). Passy : 5/, p. Oo, écrit que les crisles marines poussent sur les atterrissementsla 2« année et qu'elles sont onvoyôes dans du vinaigre à I^aris et à Marseille.

3. Goube : i(). p. 37; Goûtant: 12, p. 5; Desbayes: 285, p. 343: A. S. I. : M. Slatis. an I\ ; A. Nat. : Ki" a5/|.

son budget aux travaux de tléfonçage. Par ailleurs, les ondiguemeiits de la rivière et la régularisation du chenal l'aidèrent utilement à partir de i8/i8. Les atlerrissements se consolidaient le long des rives protégées, les plantes marines en prenaient rapidement possession et le domaine trou^ ait facilement des prix élevés pour les anciens marais devenusd excellentes prairies. Ce colmatage des bas-fonds peut s'observer actuellement encore derrière les digues que les Ponts et Chaussées viennent d élever, en face des Moulineaux et de Grand-Couronne.

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