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Planche IV.
A. — CAHRIKHES DE CAL'MONT (sKX(iXIEN) \'uf prise He la Houille.
B. — (iHAVlKKKS UES HKIYKKES (Terrasse (|iialprnairc, allilude : 20 ni.).
faisait venir les éléments de ses monuments. Aujourd'hui on utilise surtout les silex, le noir principalement, connu sous le nom de bizet. Mais à part cette exception, les roches du Crétacé ne fournissent que des matériaux dappoint pour la construction des maisons rouennaises.
Les graviers et les sables. — Par contre, les graviers et les sables de la vallée sont très employés dans la construction. Les comptes de 1 archevêché nous révèlent que les maîtres maçons s'en servaient exclusivement. Actuellement, les sablières de Sotteville et des Chartreux sont exploitées par les entrepreneurs rouennais. Ces dépôts quaternaires, très durs et très maniables, très fréquents à la surface du sol. sont aussi utilisés dans la voirie ou comme ballast, principalement à Alizay, Saint-Aubin- Jouxte-BouUeng, Oissel. Quatre-Mares, Amfreville-la- Mi-Voie. Malheureusement, ces formations sont moins utiles à la culture.
Les sols sableux et graveleux comprennent i5 poui' loo des terres de l'arrondissement de Rouen. Ce sont les plus mauvais ; ils contiennent peu de chaux et trop de silice. Le plus souvent les parties les plus élevées ont conservé leurs bois; les parties les plus basses, sous le nom de communes, bruyères, terres vagues témoignent d'anciens abroutissements. La royauté les considérai! comme de valeur minime ; dès le xvi* siècle, elle les avait distraites de son domaine forestier pour les adjoindre aux paroisses de Petit-Quevilly, Saint-Etionne-du-Rouvray, et à la commune de Rouen. Actuellement, ces sols improductifs ont presque complètement disparu, mais au xvni* siècle, ils occupaient encore des espaces considérables depuis la lisière des forêts jusqu aux premières maisons des faubourgs. Le plan de Magin (1716), et ceux de Tourolles (1757), abondent en formes toponymiques telles que : la garenne (à Cléon et à Frencuse), les bruyères (à Saint-Julien, aux Chartreux, à Quatre- Mares), les genêts (près Saint-Martin-de-Boscherville),
les friches (à Saliurs). Les termes Icls que sablons, graviers, les gravctlcs, la grè\e sont encore nombreux sur la carte de l'Elal-major, dans les parties convexes des méandres*.
Excepté les alluvions périodiquement inondées et qui constituaient d'excellents pâturages, les sols du diluvium étaient encore au commencement du xix* siècle presque stériles. Malgré la proximité des manufactures et Ihabileté des jardiniers, les plantes industrielles n'eurent qu'une courte prospérité. Au xvii* et au xvui'' siècles, les paroisses de Léry et d'Oissel fournissent de chardons les fabiiques de draps, mais ces plantations ne dépassaient jamais Sainl-Eticnne-du-Rouvray en aval : elles étaient peu productives. La Chambre de commerce, pour en conserver la récolte, solHcita et obtint des édits qui empêchaient la sortie des cardes vers les pays étrangers. La gaude réussissait dans les mômes terres, mais les rendements étaient très supérieurs sur les coteaux de Saint- Adrien et de Duclair. Par ailleurs, les essais de Dambourney pour acclimater en bordure de la foret de Rouvray la garance de Smyrne ne furent pas heureux. Les autres plantes textiles ou oléagineuses se plaisaient médiocrement sur les sables et les graviers. Les cantons d'Elbeuf, de (jrand-Couronne, de Sotteville et la partie fluviale de celui de Duclair demeurèrent étrangers au grand mouvement de i836 qui emporta la Haule-^Normandie vers le lin et le colza ; semblablement au mouvement de reprise actuel. Une seule culture eût peut-être réussi sur les méandres ; le tabac prospérait à Léry quand Colbert l'interdit parce que « cette herbe n'est pas nécessaire en Normandie et que cette province a plus besoin de bled que de tabac. » Malheureusement ces territoires ne se prêtaient pas aux grandes céréales. Au début de l'Empire, Beugnot signale que la plaine de la Seine, « où est
I. Laurent: S.^. p. ',\\ ; A. S. I. : PI. n"* -ilifi ; C 2960, acjSi ; .\. Xal. : O' i384, i385.
LES RESSOURCES DE LA VALLEE 5q
établi Rouen », est incuUe et sableuse; les terres de Solteville et de Petit-Quevilly ne portent que de l'orge ou du seigle et encore de mauvaise qualité ; « le sol est trop léger pour que le blé y prospère et dédommage les cultivateurs de leurs soins ». La culture de la pomme de terre et les progrès de la teclmique moderne ont très lieureusement modifié cette triste situation '.
La nécessité de rendre à la terre ses principes nutritifs en lui incorporant des engrais est le grand axiome des cultivateurs au xix* siècle. La Société d'agriculture de la Seine-Inférieure s'employa à le répandre dès 1820. Mais dès le xvni" siècle les fumiers de la ville étaient utilisés dans les paroisses voisines de Rouen, sur les sols très riches de Boisguillaume principalement. Par la suite, cet usage s'étendit sur la boucle de Saint-Scver. La statistique de l'an IX remarque que les terres très pauvres de Saint- Sever. Pelit-Quevilly ignorent la jachère par suite de l'emploi constant du fumier de la cité. — Par contre, à Oissel, le sol plus riche mais trop éloigné comptait un tiers de sa surface sans culture. L'extension des maraîchers augmenta la zone de cet engrais. On l'envoya jusqu'à Barcntin à 5 lieues de distance. Dès iS'io, les boues de Rouen sont affermées aux maraîchersde Darnétal et de la boucle de Rouvray. Présentement encore, l'usine de poudrettes établie au rond-point de Sainte-Lucie, sur la commune de Pelit-Quevilly, trouve surtout l'écoulement de ses produits chez les fermiers des méandres. Grâce à ces engrais les légumineuses, les pommes de terre et les cultures maraîchères se sont implantées dansées contrées jusque-là infertiles. Ils ont agrandi la zone alimentaire de Rouen ^
I. Dambourncy : 72, p. 276; Porto: i44- P- 27a; Sion : jf/o. p. 254; Lepecq du la Clolure : 25/, p. 220; Annu. S. I. : 180O, p. 28O ; li. Nat., ms. 8731 ; A. Ch. C. : cxxiii ; A. S. I. : C 5Gi ; M. agric, i830, 1908; -M. slalis., an I\, p. 5o, 65 ; A. Nat. : G'' /191, 49^, ^98, 5o2 ; II' 007.
■J.. -Moll ; go. p. /jo6; li. S. Agr., II. p. 32; Annu. N., i843, p. 220. 22 I ; A. S. I. : C 2121 ; M. statis., an IX.