‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 24 sur 168 · OO LE SITE DE R0LI;N · texte numérisé non relu

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(( Le voisinage des centres de population commo J\oucn, Louviers, Elbeuf avait provoqué l'extension des hoiiillonnages sur les sols limoneux. » Dès le milieu du XVIII* siècle, les jardiniers de Martot expédiaient leurs légumes à Paris et à Rouen : sous l'initiative de Mustel, la pomme de terre issue de tubercules anglais fut plantée sur les sols légers des méandres et se répandit en Normandie en 17/12, bien avant les expériences de Parmentier. Les bruyères Saint-Julien en furent chargées en lyQ/i'- Cependant, elle n'entra qu'au XIX* siècle dans le régime alimentaire des paysans ; en i8i5, l'arrondissement de Rouen en avait replanté G5(i hectares, presque tous sur les sols quaternaires des méandres; c'était insuffisant, car le déficit, par rapport aux besoins de la population, atteignit cette année 1 fi 000 hectolitres. Sa vogue reprit sous la Restauration. En 182 i . I 5oo hectares y furent consacrés, donnant plus de i5oooo hectolitres, soit un excédent sur les nécessaires de 65 075 hectolitres. Dès lors la pomme de terre entra complètement dans l'assolement des terres sableuses, trop légères pour recevoir les labourages profonds nécessaires aux grandes céréales. Bientôt, grâce à la culture de la solanée, grâce aux fumiers de la ville, les communes de Grand-Couronne, Petit-Quevilly. Grand-Quevilly, Oissel, Saint-Etienne-du-Rouvray connurentla prospérité. La jachère disparut complètement dès 1 863, alors qu'elle était encore en usaçie dans le même canton, sur les territoires crayeux de la Bouille et de Sahurs. Dès 1877, la pomme de terre rendait 70 pour luo des capitaux engagés ; les cantons de Duclair et de (àrand-Couronne en expédiaient de fortes quantités en Angleterre. Actuellement, très attaquée par un champignon spécial sur les terres grasses des plateaux, elle s'est réfugiée presque

I. Sion : .'{ro. p. «Sa, 2 5,"5 ; de Hc^atircpaire : 'îô. p. ôg. 6'i ; Pénaux: :!3fi. p. 037 ; ]{. nmn., ms. Y 2:^.5, II, p. 2u(i; A. S. I. : D 260 ; A. Nal. : II' i5o7, 163O.

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complètement dans la vallée. Les cantons d'Elbeuf, J3uclair, Grand-Couronne, Sotteville, contiennent (ja pour loo des terres consacrées à la pomme de terre dans tout l'arrondissement '.

Les légumes secs, pois, fèves, haricots connurent, au commencement du xix" siècle, la même fortune. En i83o. 25o hectares dans la vallée étaient chargés de ces graines. Mais, elles ont été remplacées, partout où les sols étaient assez argileux, par les légumineuses indispensables à l'élevage des bœufs d'élable, et surtout par les légumes frais très rémunérateurs dans le voisinage des grandes agglomérations. Dès 1819, la Société d'agriculture de la Seine-Inférieure attirait l'attention des maraîchers sur l'excellence à ce point de vue des terres de méandres. Présentement, les légumes frais ont remplacé presque partout les légumes socs. Ceux-ci ne sont demeurés que sur les emblavures trop éloignées des villes. Chaque commune a sa spécialité basée sur la composition des terres et aussi sur une longue tradition. Les asperges sont surtout cultivées à Léry et à Alizay, les navets près de Martot, de Criquebœuf, de Preneuse, de Saint-Pierre- Ics-Klbeuf, les carottes, les oignons, les pois, les fèves, les choux dans le méandre du Rouvray ; Duclair exporte les haricots en Angleterre ".

Les sols graveleux et siliceux sont encore le siège de la culture des arbres à fruit. Cette exploitation a toujours été rémunératrice. La messe avait reculé, au moyen Age, les limites de la vigne. Rouen, centre de riches abbayes et de nombrcu-^es paroisses, fut de bonne heure un centre llorissant de vignobles'. Ils faisaient une active concurrence aux vins de (iuyenne et d'Aquitaine, d'un prix élevé et d'un arri\aire souvent difficile. Aussi les vins

I. Mo\\:r,,,. |.. ',02 : ]i. S. \gT., XII, p. ,352; XIV, p. iC; XXII, p. /,:,, 7"i ; A. S. I. : M. agricu., 1826, iS.'JCt, 1908; M. statis., an IX, p. 65.

u. B. S. Agr., K p. 02, 53; XIV, p. 5Vj; XXVI, p. 187; A. S. I. M. Vgricu., 1908.

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