B. S. A., \IX, p. :w
Lkvaiwillk. — Roluii. 5
paume, Maromme, Malaunay, Bondeville et Monville. Au barrage de Marlol le banc a près de 2 mètres d'épaisseur; à Saint-Sever il atteint 2"',5o ; à Ileurteauville, il dépasse [\ mètres ; à Quillebeuf, il varie entre o^.ôo et a^.ôo. Dans cette même localité, la tourbe forme deux lits sépart's par de l'argile grise ; le premier anieiire ; mais plus généralement elle est recouverte d'alluvions, de sables gris vaseux, de graviers, de galets, dont l'ensemble présente une épaisseur très diverse, qui est à Rouen de 8 mètres en moyenne mais qui, à Petilville, nesl pas inférieure à 2/i mètres'.
La tourbe a été un combustible précieux après le déboisement des forêts et avant les importations de bouille. Les registres de l'archevêché font mention, au xiv'' siècle, de sommes payées pour le transport de tourbes prises à Déville. Celle d'Heurteauville était la plus communément employée pour le chauflage, même pour 1 industrie. Les curandiers l'utilisaient couramment, car elle donnait peu de flamme et chauffait beaucoup. Au commencement du XIX* siècle, près de 100 ouvriers étaient occupés à son exploitation. La tourbe parfaite se rencontrait à 3 mètres de profondeur et au delà". Les arrivées régulières des charbons français et anglais dès la Restauialion arrêtèrent progressivement cette extraction ; elle est nulle aujourd'hui.
IIL — L'eau dans le milieu humain.
Les sources. — La grande richesse de la vallée de la Seine, envisagée'au point de vue des besoins immédiats de l'agglomération rouennaise, consiste surtout dans la
1. Bel grand : 4< p- i45, et 34. p- SSa, el 32, p. 160; Forlin : 45, p. iSa à i54, 170 à 173; Passy: 5y, p. 78; Le Marchand: Coupe d'un sondage rue d'Elbnuf. B. S. Amis Se, 1889, p. 27G.
2. l'ouquct : 22/, II, p. 73; Aiin. S. I., 180G, p. Sig, 320 ; Deshaycs 253, p. 23o, 232 ; A. S. I. : G iHS, 32 13; G /|38, 4267.
grande facilité d'y trouver des eaux d'alimentation. Sans doute, le fleuve et ses affluents, de bonne heure pollués par les nécessités commerciales et industrielles, et surtout par la fonction d égouts qu'ils tenaient dans la voirie urbaine, ne furent que 1res accessoirement utilisés pour la boisson des habitants; mais les nombreuses sources qui surgissent sur les flancs des coteaux ont été, à toutes les époques, un élément précieux pour le développement de la cité.
En dehors de la nappe phréatique qui règne sur les plateaux à la base des limons, on trouve des niveaux d'eau dans la couche marneuse du Turonien, au-dessus de l'argile de la Gaize, au sommet du Portlandien. A vrai dire, ces deux derniers sont de faible importance. Les eaux du Jurassique sont précaires et mal connues, et contrairement à ce qui se passe dans le bassin de Paris, la craie cénomanienne au-dessus de la Gaize ne parait pas renfermer de nappes abondantes. Les sondages exécutés à Eauplet, à Lescure, à Dieppedalle ont donné un liquide insuffisant et très ferrugineux. Des sourcins se trouvent également dans la vallée de Glères au même contact. Près de Rouen ils ont été exploités aux xvii'' et xvin" siècles comme eaux thermales à Saint-Paul et à la Marèquerie*. Leur valeur est nulle : seule la nappe du Turonien peut servir pour l'alimentation d'une grande ville.
Les eaux pluviales, après avoir traversé les limons et l'argile à silex, pénètrent dans les fissures de la craie sénonienne et sont arrêtées par les couches marneuses du Turonien moyen. Ces nappes, mises à jour sur le liane des coteaux, alimentent toutes les sources importantes de la région roucnnaise^
Leur régime est assez régulier. Bien que la masse des forêts environnantes soit le siège d'une transpiration
1. Dollfus: 1.3. p. 3.4/4, et 4'ï. P- 3o8, 3io; Passy : 5/. p. 279; Fortin: 45, p. iG3 ; de licaurcpaire : 2^9. p. 238 ; Dubosc : jG, p. 8.
2. Gogeard : 18, p. 4i» 4^1, 53, 69, 66; A. muni. : Dclib. régis. 34, p. loi, iSg, 270, 369, 387.
foliacée particulièrement active, les sources épliémères sont excessivement rares. Elles s'expliquent par l'abaissement général du plan deau, la diminution des pluies et surtout par les variations de niveau de la nappe phréatique. Par les grandes pluies le niveau s'élève plus haut que les sources pérennes ; il aflleure en amont de celles-ci dans le fond des thalwegs et les vallées sèches deviennent humides. L'Aubetle débute ordinairement à Saint-Aubin; en i()io, année pluvieuse, elle surgissait à y""",.! en amont, à Epinay. Semblablement le ruisseau des Longs vallons tari depuis longtemps a recommencé de couler. Par les sécheresses, le niveau de la nappe s'abaisse, les sources tarissent. Ce phénomène a été observé dès la Révolution à Notre-Dame de Bondeville et à la fontaine Godalier sur Saint-Martin-du-\ ivier. Encore un approfondissement récent de cette dernière a-t-il rendu la venue d'eau parfaitement régulière. D'une façon générale, on peut dire que les sources de la région ne tarissent jamais l'été; dans les pires années de sécheresse, malgré la crainte des échevins, la fontaine (Jaalor n'a jamais cessé de subvenir aux besoins de la ville' ; la source de la rivière de Cailly peut alimenter six communes, dans les étés les plus chauds.
Bien que le rapport des pluies de la saison chaude (53 pour loo) soit plus fort que celui de la saison froide i^lx'] pour lOo), pai- suite de l'évaporation plus active en été qu'en hiver, les pluies estivales approvisionnent très rarement les sources. Ce sont les pluies d'automne, d'hiver et plus particulièrement les neiges avec des alternatives de gel et de dégel qui donnent l'eau aux nappes géologiques. Cep'cndant « ces précipitations perdent par évaporation un tiers au moins de leur volume, un autre tiers ruisselle à la surface, et il ne faut guère compter dans la région de Rouen sur plus de o"',20 pour l'eau qui
I. Mary : 2.7, p. i^O, n. i ; Gully : 30. p. 23 ; Sion : .V/o. p. gô ; Dollfiis : i3, p. a'iy; Prôandcau : 28, p. la; Annu. S. I., 1807, p. 7.
A. — SOUKCE UE L AIHKTTE A EPINAV Les eaux iiroviennent des couches marneuses du luronien.
Jt. — CKESSONMÉKE DE l.MMiPAUN Celte culture utilise une source qui surj.'il des manies du luronien.
s'infiltre annuellement et se rend aux sources ». La commission d'expérience, qui opéra vers 1860 pour déterminer le régime des eaux, a cubé la valeur des nappes d'eau. Année conunune, les sources du Ixobec donnent 720 litres par seconde, les sources de Houen fournissent 19 litres à la seconde. Sur la rivière de Clères, Belgrand avait déjà mesuré 190 litres à la seconde pour les sources Noël à Clères, 220 litres à Maromme pour la source Mulot, et 175 litres pour la source du cliûteau de Germiny'.
L'importance de ce débit, la régularité du régime, l'influence tardive et très relative des précipitations montrent que la région immédiatement environnante ne constitue pas à elle seule le bassin 011 s'alimentent réellement les sources. M. DoUfus a démontré d'après l'inclinaison des couches géologiques et la structure de la région que les eaux venues par relais successifs soit de l'axe de soulèvement de Saint-Sever, soit de celui du Bray, drainées dans une sorte de gouttière nord-ouest sud-est, sont rassemblées dans le synclinal Fontaine-sous-Préaux, Malaunay ; puis les vallées aflluentes perpendiculaires à cette direction coupent les nappes et reçoivent tout ù coup des masses liquides d'une extrême abondance et d'autant plus régulières que la surface qui les recueille est plus étendue'.
Les sources du Turonien, abondantes et régulières, ont des qualités médiocres. Elles sont calcaires et leur température n'est guère plus fraîche que celle des puits du limon. Les eaux de Fontaine-sous-Préaux marquent 1 1" à leur sortie : c'est la température de la région ; elle exclut la pensée de leur attribuer une origine artésienne. Leur valeur médiocre, comme eau potable, était connue des mc*decins. Dès le xvui'' siècle, dans son ouvrage sur les épidémies de Rouen, Lepecq de la Clôture écrivait que l'eau de Seine est plus pure que l'eau de toutes les fontaines,
1. Dollfus : /./. |). 2'i- ; nclj:ranil : .7. p. 2'.]-; A. miiii. dtlih. : v.S mars