‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 32 sur 168 · A. Nat. : F"» 33o · texte numérisé non relu

A. Nat. : F"» 33o

3. .\. S. I.: C 1G67; G. io55, 8447. 8537, 8539; L 2/iii, 28 prairial an II; A. Nat.: Q' i38o, iSgf).

Levainville. — Iloiion. 6

Sa LE SITE DE ROUEN

gneurs et aux prélats fut permise aux bourgeois dans les paroisses en bordure du Rouvray et du Roumarc, les manants pouvaient môme « tendre leurs rais aux videcos, piper en la foret, hors deffens^ ». Mais d'autres privilèges étaient infiniment plus précieux. La forêt fournissait généreusement : aux paysans, leurs instruments aratoires et les pieux de leurs haies ; aux pêcheurs du Croisset, leurs barques et les perches de leurs gords ; aux toiliers de Montigny, les traverses de leurs métiers ; aux meuniers du Robcc, les fûts de leurs moulins ; aux bourgeois, toute l'ossature de leurs maisons, les poutres cornières et les croix de Saint-André. D'aulres permissions, temporaires, accordaient aux seigneurs de couper la charpente de leurs châteaux ; aux menses des paroisses de prendre les planches pour la couverture des églises : aux échevins de tailler les arbres pour entretenir les quais et « pour faire le ny de cigognes et mettre une roue dessous ». Quand les routes n'eurent pas encore pénétré en tout sens la masse boisée, les charpentiers trouvaient facilement les pièces des navires qui partaient à la grosse aventure, plus tard les ingénieurs des Ponts et Chaussées recherchèrent les rondins nécessaires à l entretien des grandes roules et du chemin de halage. Enfin, à l'époque révolutionnaire, au moment de la disette de toutes les matières premières, les faînes des hêtres fournirent l'huile indispensable aux draperies ^

Le privilège de prendre le bois de chauffage était plus terrible encore pour la conservation des forêts. Le plus généralement, les paroisses avaient droit à certaines espèces de bois, soigneusement déterminées par les règlements : (( le boia brisé, l'arraché, le verd en gisant et le sec en estant et en gisant, le mort bois, la branche de plein paing et de moins ». D'autres pouvaient couper les

Page 1