‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 33 sur 168 · I. Delisle : 384, p · texte numérisé non relu

I. Delisle : 384, p

3. Delisle: 2*4. p- 37^, 5; .Maury : ouv. cilé, p. 1^3; l^révost : q5, p. 339, 347, 36a ; A. S. L: B maîtrise, 17G2; C 84a ; G 48o, a483, 33o6, 3659 ; L a'no; A. Nal. : Q» i384, iSq/i, iSgS.

branches jusqu'à certaine hauteur. Ailleurs la longueur du manche de la cognée variait suivant les localités. Les fermiers et les métayers pendant la mauvaise saison employaient leurs attelages pour « la vuidange de la forêt' )). Aux abords des grosses agglomérations, quand l'hiver était rigoureux, les ouvriers et les pauvres ébranchaient et abattaient les arbres de la lisière. Présentement encore, les habitants de Saint-Sever, de Sotteville et de Petil-Quevilly font chaque dimanche d'automne leur provision de bois au détriment des résineux du Rouvray. Sous un climat humide, avec de longs hivers, Rouen a toujours craint de manquer de bois. La moule de la forêt de Lyons venue par eau ou par carroi en juillet, empilée sur la rive du mont Riboudet. ne pouvait combler les déficits. Au xvn* siècle, la ville seule consommait annuellement loooo carterons de bûches et bien souvent il y eut dejjaulte de bois à ardoir. Les échevins demandaient que défense fut faite aux marchands d'en transporter hors de la province. Cette situation continua pendant tout le xvin* siècle malgré des coupes de plus en plus nombreuses dans les massifs de Rouvray et de Roumare. Au début de la Révolution, Rouen ne se résigna pas sans peine à la perte des deux forêts de Longboël et de Lyons d'où elle tirait son chaufTage et plus tard la municipalité décida d'employer les ateliers de charité a à l'arrachis et à l'exploitation des arbres du Cours-la-Reine pour être transportés au fur et à mesure qu ils seront réduits en cordes, fagots et bourrées aux chantiers de Rouen et vendus sur le lieu^ ».

Cependant, l'usage le plus important était le droit de pâture et de passage. Les chênes fournissaient une glan- <lée abondante aux troupeaux des Calètes dont les porcs étaient connus à Rome. Au moyen âge, le lard salé, le

I. Dclislf : aSj. p. 27a; Sion, 3io, p. igô; Girarfl : 80. p. if)t.

u. Dclisle: afi4, p. 36^, 365; Prévost: qô, p. i34; de Beaurcpaire : i53, p. 325; Poréc : i/f4, p. 270 ; Lcbcgue : i()5, p. 291 ; .V. rrmn. Dc'lib. : Ajj ; A,g ;.\3 ; A. S. I. : C 229.

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bacon entrait pour une large part dans lapprovisionnement des châteaux et des communautés religieuses. Plus tard, devant l'abroutissement des lisières, les édits limit(!renl le nombre des clievaux, vaches et hrehis envoyés au pâturage. Les chèvres étaient sévèrement écartées. Généralement le droit de paisson était limité à un certain nombre d'animaux. Saint Louis, en 1264, accorda aux religieuses des Emmurées le passage pour Go porcs seulement.

A certaines époques, en mai le plus souvent ou dans les jeunes coupes, le bois était en deffens : les officiers de la maîtrise avaient grand peine à maintenir la rigueur des règlements. Ne pouvant faire [)aître ailleurs, les paroisses vendaient leur troupeau à la ville voisine. Souvent c'était une ruine complète pour la plus grande partie des habitants qui n'avaient point d'autre fortune. En 16/18, sur /ioo feux à Sotteville, 12C font nourrihire de bestiaux. La Révolution, en abolissant cette coutume, fut cause de profondes modifications dans lélevage. Plus que les changements introduits dans lalimentation des ouvricrs, la suppression des usages a fait exclure des fermes les porcs « qui n'avaient plus pour leur entretien la facilité des anciennes glandées ni pour la garantie de ses ])roduits l'antique prédilection des consommateurs' ».

Jusqu'à une époque assez avancée dans l'histoire, les habitants de la vallée ont trouvé dans les forêts, sur les plateaux, presque toutes les ressources nécessaires à l'existence. On comprend que les premiers hommes aient élevé dans les essarts des temples aux divinités des bois qui leur étaient si propices '. Actuellement la valeur économique de la grande sylve a considérablement diminué. Lf's découvertes industrielles, l'investigation du sous-sol. l'utilisation de toutes les forces vives ont profondément

I. Sanson: loo, \^. 8 ; Dnlislc : 2fi4, p. SOg ; A. S. I. : B- B^ B* maitrise : C il)67 ; G7()i2; Si. slatis., an IX, p. 197; A. Nat. : G'' ^Qi- ■j.. De Vesly: 3ibt. p. 11, et :>'i<), p. 37.

transformé les condilions de l'éclairage et du chauffage ; l'extension et la niultiplicalion des voies ferrées, les progrès de rarcliiteclure ont permis d introduire dans la construction des matériaux importés de régions très éloignées ; la technique agricole a créé des pâturages sur les sols les plus ingrats. Les forêls rouennaises nont plus pour l'agglomération l'importance qu'elles avaient jadis ; à peine sont-elles utilisées comme bois de chauffage ou de boulangerie dans le voisinage immédiat de leurs lisières. C'est par des considérations sociales qu'elles s'imposent encore aux habitants de la grande ville. Elles sont les parcs merveilleux qui l'entourent. Grâceaux bois du Silveison, du Rouvray, du Roumare, de la Londe, dès la belle saison et jusqu aux jours les plus avancés de l'automne, le tisserand et le filcur condamnés en semaine à l'atmosphère empuantie des usines, à l'air vicié des cités ouvrières, peuvent respirer, le dimanche, en famille, l'arôme des sapinières et combattre, pour un instant, la phtisie qui les menace.

Les terres cultivables . — Les sols de limon ont gardé jusqu'à nos jours la valeur agricole qu'ils ont eue dès le défrichement des forets. Cependant, ils ont été d abord utilisés pour la construction. Les fouilles archéologiques ont trouvé sur le plateau de Boos et dans la foret de Rouvray de nombreux fragments de tuiles, de poteries qui remontent aux Gallo-Romains et même aux Néolithiques. Cette industrie a longtemps prospéré. M. de Beaurepaire a relevé de nombreuses briqueteries au xin* siècle. Actuellement encore elles entourent la ville d'une ceinture continue. Elles sont concenliées autour de Rouen sur le territoire du Mont-Saint-Aignan, de Boisguillaume, de lîlhorel j)rès de l'ancienne lisière de la Forèl-^erte, sur le plateau de Boos, à Blosseville-Bonsecours, Mesnil-Esnard, Notre-Dame de Franqueville, à la limite la plus occidentale de l'ancienne foret de Longboël. Chaque agglomération est un centre de briqueteries. Elbeuf groupe autour do

ses usines celles d'Oissel, de Saint-Pierre-les-Elbeuf, de Saint-Aubin-Jouxte-Boullei)g. Le centre industriel Barentin-Pavillyafait naître une exploitation semblable à Barentin, Pavilly, Pissy-Poville. Sur les plateaux, le pisé et la tuile, plus tard la brique n'ont jamais fait dclaul aux demandes répétées de l'activité humaine'.

C'est comme terres de culture que valent surtout les limons normands. Leur fécondité était connue dès le xvii* siècle. A la fin du xviii*, A. Young admirait la profondeur de ces loams nullement inférieurs à ceux de son pays. De tout temps, les plateaux ont été les terres des céréales^. Quand l'assolement était triennal et quand la jachère occupait un tiers des cultures, le second tiers était en avoine, en pois, ou en vesce, mais le troisième tiers était toujours en blé ^ Au moyen âge, le bon pays de Normandie envoyait du froment aux mauvais pays de Bretagne et de Flandre, même en Ecosse, en Portugal et en Italie*.

A vrai dire cette exportation demeura une exception. Le plus généralement, Rouen ne trouvait ni dans ses environs immédiats, ni dans la province, les quantités de grains nécessaires pour nourrir ses habitants. Les visites annuelles des intendants dans le Caux et le Vexin pour évaluer l'état de la récolte future, les remontrances du parlement pour obtenir du roi de rapporter les ordonnances sur la libre circulation entre provinces, pour le solliciter de laisser la Normandie s'approvisionner dans le Soissonnais ou en Beauce, les sévères règlements qui régissent la corporation des blatiers de Rouen, toutes ces mesures démontrent que les surfaces semées en blé étaient de petite étendue et leur rendement très faible. Il atteint à peine 8 hectolitres à l'hectare. En 1789 le déficit est

1. De Beaurcpairc : 2/G, p. lO cl 17 ; B. Com. Antiq. S. I., V, p. 2o5 ;. Min. commc^rco: 365, p. 21, col. 2.

2. Rislcr : Géologie agricole. Paris, i884 à 1897, II, p. 23o; IV, p. iSa,. i/i8; A. Young: 820, II, p. 38/i ; Sion : 3io, p.^GS.

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