‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 41 sur 168 · LE TEMPERAMENT ROUENNAIS IO · texte numérisé non relu

LE TEMPERAMENT ROUENNAIS IO

dinave l'esprit d'entreprise qui leur a permis de nourrir de vastes desseins et de réaliser de grandes pensées. L'invasion des Wikings est le levain qui a fait lever la pâte un peu molle presque uniquement constituée parla race neustrienne'. Le drakar démontra la navigabilité de la Seine en aval comme en amont, il indiqua la route aux nefs vers les marchés de llle-de-Fiance, aux caravelles vers les centres d'échange de l'ancien et du nouveau monde.

Quoi qu'il en soit, l'alliage des deux races donna, dès les débuts, de merveilleux résultats. Un intendant de Louis XIV en a laissé une magistrale peinture : « s'ils sont plus attachés à leurs intérêts, cet attachement devient utile aux affaires de Sa Majesté lorsqu'on sait le mettre en usage, leur laisser entrevoir quelque profit d'un côté s'ils satisfont à ce que l'on désire et quelque peine de l'autre côté, s'ils refusent. C'est un moyen infaillible d'assurer le succès de ce que l'on souhaite. Ils n'ont pas la vivacité en partage, mais on peut dire qu'ils ont de la prudence et du bon sens ; leurs buts sont justes et leurs desseins bien

conçus et comme ils savent judicieusement choisir et

employer les moyens, on les voit rarement manquer de parvenir à leurs fins ; laborieux par nécessité, paresseux par inclination, ils sont difficiles à émouvoir et insupportables à ce que 1 on prétend épineux avec leurs égaux,

dociles sous le joug qu'on leur impose pourvu qu'on les paye de raison et qu'on tienne avec eux une conduite ferme et mêlée à propos de douceur et de sévérité". » De \aubourg eût pu ajouter : les Rouennais ont toujours conservé le goût des entreprises tempérées par le sens pratique. Aucune race n'a su mieux réagir contre la mauvaise fortune et profiter de la bonne. Aucune n'a eu davantage le souci de lachevé, le goût du durable, la passion de l'ordre, même dans les efforts les plus grands. En toutes choses, les Uouennais faisaient grand parce qu'ils savaient

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