‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 49 sur 168 · I. Miromcsnil : .'ioi . V, p. igo; A. S. I. ; C ^l\l · texte numérisé non relu

I. Miromcsnil : .'ioi . V, p. igo; A. S. I. ; C ^l\l

Par crainte de s'abîmer, les blés débaïquaicnt avant d'entrer en Seine pour prendre la voie de terre. La descente n'était pas plus siàre, car on avait le Ilot contraire, surtout les vents du sud et du sud-ouest, défavorables pour gagner la Manche, et qui soufflent dans la région 1^9 jours sur 365. Avant de prendre merles navires restaient de 2 à 10 jours en rivière. En amont de Rouen, les difficultés croissaient encore. Pour remonter la Seine, les chalands exigeaient cinq pieds d'eau à la marque du pont Royal de Paris ; ils faisaient souvent défaut. Les maîtres de coches déclinaient toute responsabilité dans les retards de trajet. Par ailleurs la navigation se trouvait souvent arrêtée par le détestable entrelien des chemins de halage et par le manque de chevaux. Les bateaux ordinaires calant 5 pieds 3 pouces employaient 8 chevaux, les plus grands chargés de sel en exigeaient i/j. En aval, pour entrer à Rouen, on attendait les vents favorables, en amont, pour en sortir, on devait compter avec la complaisance des maîtres de poste*.

Quand on pense à la fureur des canaux qui anima l'Angleterre au xviii* siècle et dès la fin du xvii* siècle, on est étonné que l'amélioration du chenal de la Seine n'ait pas été envisagée sérieusement avant 1760. Cette inertie fut une des causes de la déchéance du commerce rouennais à la fin du xviii^ siècle et au commencement du xix^ siècle". Beugnot l'excusait par les difficultés de l'entreprise : (( Ces hommes accoutumés à voir de près la Seine, sa barre de marée, son courant de flot et son courant d'ebbe ont senti combien il serait peu aisé d'asseoir des digues ou chaussées sur un fond qui ne présente aucune

1. Bcllcvillo : *, p.*i3; Noël: z^^. P- 97 ; Brindcau : iiS.p. i3 ; Gull) : ■jo, p. li!\ ; de Beaurepairc: j53, p. I35 ; Evrard : 7*, p. 10, 11 ; A. Ch. C. : VII, XIX ; A. S. I. : B i3 avril 1732 ; A. Nat. : F'- laio, i5i23, i5i3 ; l.'Uhis 6743 ; G' 98.

2. Mantoiix : La révolution industrielle au xviii^" siècle. Paris, 190O, p. 109 et suiv ; A. Nat. : F'^'"''- 6745 ; on trouvera un rapport de Frissani qui relate l'historique complet des différents projets pour rendre la Seine na^i- ^able.

consistance, où une marée de grande mer poussée par un fort vent d'Ouest détruirait en une heure les travaux d'une année, tandis qu'à cliaque marée l'ebbe minerait les fondements en sous-œuvre avec une étonnante rapidité'. )) Malgré le nouvel essor de l'industrie cotonnière sous la Restauration, la situation resta inchangée. Les navires de haute mer fréquentant le port de Rouen n'étaient guère plus importants qu'au xvi* siècle. Ils jaugeaient 3oo tonnes et calaient 3 mètres. Cependant, vers i84o, la substitution de la vapeur à la voile modifia complètement la construction navale. Les cargos destinés aux navigations les plus rapprochées atteignirent assez rapidement A mètres et 5 mètres de profondeur; au même moment, sur les traverses d'Aizier et de Villequier, il y avait a peine i mètre d'eau à l'étiage de morte eau. Le rôle maritime du port de Rouen paraissait sérieusement compromis. L'approfondissement des bassins du Havre, à la demande des longs courriers, les tarifs de la voie ferrée ruineux pour le cabotage semblaient entraîner à brève échéance sa déchéance immédiate. Les Rouennais entreprirent d'améliorer la Seine^.

Les plus grandes difficultés provenaient des hauts fonds. Les bâtiments, ne trouvant pas sur les récifs la hauteur d'eau nécessaire, ne pouvaient quitter la rade qu'après une certaine heure convenablement choisie et ne pouvaient continuer leur voyage qu'après une autre heure également déterminée. La descente était encore plus dangereuse puisque le navire, marchant en sens inverse de la propagation de la pleine mer, se présentait souvent sur les seuils à une heure assez éloignée du maximum. La situation pour un même navire et un même type de marée est d autant plus favorable qu'il s'écoule plus de temps entre les moments où la navigation s'arrête. Quand l'intervalle est de 1 2 heures [\b minutes (durée comprise entre

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