‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 56 sur 168 · Wallon: ijy, p. 819; E.\pilly: 160, V, p · texte numérisé non relu

Wallon: ijy, p. 819; E.\pilly: 160, V, p

LE COMMERCE l'jS

au XIX* siècle dans le chaufiage, l'éclairage et la construction obligèrent le bassin parisien à recourir de nouveau à son aucien intermédiaire. Merveilleusement placé pour transiter les marchandises lourdes et bon marché, Rouen demeura pour une petite pari l'introducteur des grains en cas de mauvaise récolte, pour une plus grande. 1 importateur des vins après la création du vignoble algérien, mais il devint surtout le transporteur attitré des denrées de consommation domestique, des houilles, des pétroles et des bois.

Les houilles sont actuellement 1 article principal du commerce rouennais. Au début du xix" siècle, dans les premières années de paix, elles arrivaient de Swansea, Newcastle, Sunderland, en temps de guerre de Valenciennes et même du Midi de la France. Les charbons français valaient les charbons anglais, mais les manufacturiers se plaignaient de l'irrégularité et des hauts prix de leur transport ; néanmoins il fallut s'en contenter pendant toute la durée de l'Empire. La Restauration vit revenir les houilles anglaises, mais il semble quelles aient été d'abord entièrement consommées dans la région rouennaise. De i8^i3 à i85o. la moyenne annuelle d'importation est de 78738 tonnes, celle des sorties vers Paris de 976 tonnes. Malgré l'approfondissement du lit de la Seine en aval de Rouen, les charbons anglais remontant sur la capitale atteignent seulement 924 tonnes en 18G7. La rectification du lleuve en amont pouvait seule changer la situation. De 20/iooo tonnes en 1875, les houilles sont passées à plus de 2 millions de tonnes en 1910; plus des quatre cinquièmes de ces chargements sont à destination de 1 intérieur de la France. Les charbons français luttent de plus en plus difficilement sur la place de Rouen contre les importations anglaises. L'ouverture du chemin de fer d'Amiens avait favorisé au début leurs transactions, mais les grèves successives de 1875, 1886, 1890, 1900, 1906 ont augmenté, à leur détriment, les venues des charbons anglais et même allemands. Les houilles du iSord et du Pas-de-Calais ont

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gardé cependant la clientèle des usines des plateaux plus avantageusement placées pour les recevoir directement et qui seraient obligées de payer un chargement et un rechargement si elles employaient les combustibles étrangers. Sur 2 087 122 tonnes introduites ù Rouen en 1910, 1 52 000 tonnes proviennent des mines nationales, 287000 tonnes d'Allemagne, 5 000 tonnes de Belgique et le reste d'Angleterre. Swansea est le port qui en expédie le plus. Viennent ensuite le pays de Galles et la région de Manchester. Ces importations ne font que passer à Rouen. En 19 10, I iSqooo tonnes sont sorties par la rivière, 67 000 tonnes par les lignes du Nord. /1G7000 par celles de l'Ouest. La voie fluviale garde donc les chargements les plus forts. Paris et les ports de la Seine en conservent la plus grande part ; mais les houilles s'avancent plus loin encore. Dans l'Ouest, elles se heurtent à Alençon, le Mans, Tours, aux importations de Saint-Nazaire ; par le réseau des voies navigables du Centre, elles arrivent à concurrencer les combustibles du Massif central jusqu'à Montargis et Dijon ; par le système des canaux de l'Oise, de l'Aisne, de la Marne, elles luttent avec les mines du Nord de la France, sur les places d'Amiens, de Soissons et de Nancy ; les anthracites remontent dans les centres industriels des Vosges, de la Meuse et de la Haute-Marne ' où ils sont utilisés par les moteurs à gaz pauvres.

Un autre produit minéral, le pétrole, bien que le quatrième en importance du commerce régional, a eu cependant un essor aussi rapide. En 1891, il entrait à Rouen /loooo tonnes de pétrole brut, en 1910, 22/4000 tonnes. Cette matière provient du Caucase et d'Amérique principalement. Elle emprunte la batellerie fluviale pour se rendre à Paris et dans l'Est, les lignes de l'Ouest pour approvisionner la Normandie et la Bretagne. Le pétrole

I. DoRousiors: i/iB, p. lOi, ii/i, Ii5; Sckutowicz : i^6. p. 91, 9a; Le Corbcllior: idH, p. 179; Corneille: i8i, p. 75; Aiinu. S. I., 1807, p. 4a3; C. R. Gh. C: 1910, lab. i3, ik-

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constitue pour Rouen la seule marchandise de la navigation long-courrière. Son importance commerciale se double des transformations indiislriellcs auxquelles il donne lieu. Importé à l'état brut, c'est surtout comme essence (|u'il constitue les chargements destinés au commerce ré-

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Les matières minérales sont cantonnées sui- la rne gauche à la lisière Ouest du faubourg Saint-Sever ; leur manipulation les éloigne des centres habités. Les matières végétales encombrent les quais jusqu'au centre de la ville. Leur importance ne peut échapper au visiteur de Rouen. Les bateaux de bois débarquent leurs chargements en face de la Bourse. Rouen, placée au milieu des forêts, est obligée depuis longtemps à ces importations. Au début du xix* siècle, les charpentes et les madriers de construction provenaient de la Marne, de l'Eure, de l'Oise, de la Seine ; les bois de mâture, les poutrelles, les planches de sapin arrivaientd'Arkangel, de Kônigsberg, de Saint-Pétersbourg quand les guerres ne mettaient pas obstacle à leur transit. La Restauration permit à nouveau l'accès des bois étrangers. Ils arrivaient sur les quais de la cité après avoir été déchargés au Havre et réembarqués sur des chalands. La navigation fluviale se décidait avec peine à les transporter à Paris (1600 tonnes en 1824). Mais comme cette marchandise supporte difficilement les taxes de la voie ferrée, elle resta la cliente fidèle des chalands après la mise en œuvre du rail. En 18G7, la navigation lluviale approvisionne Paris, l'Eure, l'Oise, l'Ai'sne, le Nord, la Marne. L'aménagement du chenal, le déboisement des sapinières vosgiennes ont considérablement accru cette partie du commerce de transit. En 1910,- 167000 tonnes de pâtes à papier sont débarquées à Rouen en provenance des pays baltiques ; elles sont reparties presque en totalité pour les papeteries de Seine et de Seine-et-Oise. 3/19400 tonnes de bois à construire, de bûches, de pavés, de perches, de rondins

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