Koybaud: .?/o. p. 200; A. Nat.: I""'- i
Levai.nvii.le. — Rouen. i3
ig4 L ACTIVITÉ DE ROUEN
lilé mais surtout comme quantité. D une façon générale les beaux tissus s'éloignent de la métropole normande ou de sa banlieue. Ils se confinent sur les bords du Pucliol et de l'Eure dont les eaux plus pures, moins roches et moins salies par la teinture sont plus favorables au foulage que celles de l'Aubetle et du Uobec. Les draps du sceau entrentpour /i pour loo dans la fabrication rouennaise, pour
19 pour 100 dans celle de Darnélal, pour 100 pour 100 dans celles de Louviers et dElbeuf. L'ariét du conseil du
20 juillet 1725, en défendant la concenlration dans les mêmes mains de l'industrie des draps fins et des sortes communes, avait consacré une situation accjuise. Les artisans rouennais acceptèrent de tisser des qualités inférieures et se bornèrent à réclamer contre les inspecteurs de la marque, très sévères pour les malfaçons toujours fréquentes dans une industrie en détresse. Dès 17O8, la draperie de Rouen est devenue une industrie de deuxième ordre '. Elle a abandonné à Elbeuf, à Louviers, à Darnétal la fabrication des étoffes chères qui se payent 18 à 20 livres l'aune ; elle s'est étroitement spécialisée dans les sortes communes et les ilanelles dont le prix ne dépasse pas l\ livres l'aune. Les manufacturiers urbains tentent d'accaparer le monopole des toiles composées de laine et de coton. Mais ils ne peuvent lutter contre la puissante corporation des toiliers forte de 627 membres, prépondérante dans les affaires et les conseils de la cité '\
A vrai dire, celte puissance était récente. Auparavant, le coton arrivait directement filé du Levant et d'Amérique ; il était utilisé comme mèche à chandelle ou dans la ganterie et n'entra dans la composition des étolFcs qu'à la fin du xvii" siècle. 11 constituait la trame des siamoises dont la chaîne fut d'abord de soie puis de lin. Mais les métiers consacrés à ces tissus devaient être en petit nombre car
1. Chapltil: iSt;, II, p. 205; A. Cli. G. : XVIII; A. S. I. : G i58, 161 ; A. Nat. : F'- 56o (Échanlillons dans le dossier).
2. Levasscur: L>o.'i, II, p. O79 ; Ville de Ilouoii : 20O. p. 3a0 ; A. S. I. : C 12/i, 1/17, 378 ; L 2401 k 2/io3.
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Iq6 l'aCTIVITK de ROUEN
les intendants le Blanc et la Bourdonnaye n'en parlent point. L'intérêt des l'uturcs cotonnades disparaissait complètement devant celui de la draperie lorsqu au début du xviii^ siècle, un négociant, Delarue, ne pouvant se défaire de /io balles de cotons en laine imagina de les faire fder. Les bénéfices furent assez importants pour décider les marchands de Rouen à importer le coton en laine au lieu de le recevoir tout filé '. En relation constante avec les Indes occidentales, acheteurs de nos blancards et de nos fleurets (chanvre et lin), le port de Rouen était merveilleusement placé pour le transport des cotons de la Guyane, de Saint-Domingue et de la Guadeloupe. Les fibres coloniales plus longues et plus faciles à manier que celles du Levant laissaient sur les étoffes et les mouchoirs un certain duvet. C'était une cause d'infériorité vis-à-vis des étoffes similaires de l'étranger ^ Les fabricants de Rouen s'attachèrent à la faire disparaître ; ils arrivèrent vite à copier les produits anglais et hollandais. Le succès de ces imitations fut la raison de l'essor prodigieux et subit de l'industrie cotonnière.
Durant tout le xvni" siècle, l'activité de la fabrique louennaise ne se ralentit point. Tout d'abord, les siamoises, les fichus, les mouchoirs, les toiles de coton rayées et a carreaux font concurrence aux toiles fortes de chanvre et de lin. En 1709, les tissus teints en bleu et en rouge avec réserve, les premières rouenneries, arrêtent limporlalion des articles semblables venus d'Orient. En 1780, on essaye les velours de coton à la façon de Gênes, puis vinrent les quadrillés, les damiers, les basins, les milanaises. Dès 1753, paraissent sur les métiers des guinées rayées et à carreaux de différentes couleurs. La région rouennaise cherche à supplanter la Hollande, et pour laisser quelque suspicion sur l'origine, on avait soin de par-
1. Rcjbaud : 210. p. 2;")^, 3G2 ; Boaiimonl: iH.'i. p. /| ; Sion : 3io. p. 7a; Dujardin: igo, p. /ja; Gordier: j88, p. 137, 128; OuinLacroix: 208, p. III ; R. Nal. : ins. fr. 8037; A. Nat. : F'2 56o.