‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 67 sur 168 · Turgis: 3i3, p. 3o8; A. Nat. : F'2 ,3/i · texte numérisé non relu

Turgis: 3i3, p. 3o8; A. Nat. : F'2 ,3/i

2. Levasseur: 2o4, I, 3i4 ; Dejean: 283. p. 29G, 297, 2g9;Chaptal: 18O. II, p. i/J; Sion: :iio, p. 297; Ann. S. I., 1807, p. 389; Moniteur de l'empire, 1806, p. ilii-]] A. Nal. : F'c V. S. inf.; F' 81 13.

2 I /j l'activité de ROUEN

préféraient le travail dos nouvelles mécaniques introduites par la draperie et la cotonnade'. A la fin de lEmpire, malgré les prix élevés du coton, malgré les corsaires anglais, malgré l'élévation du taux de l'escompte en banque, malgré la mauvaise récolte de t8i i , malgré la contrebande effrénée de l'Angleterre, la filature est définitivement transformée. La broche a pris la place du rouet ^

Les mull-jennys furent des appareils de vallée. Le manque de combustible, conséquence du défrichement excessif des forêts, de l'épuisement du charbon dans les mines de Littry et de l'arrêt dans l'arrivée des houilles anglaises, surtout l'imitation des mécaniques du Lancashirc imposèrent à l'origine l'emploi exclusif des moteurs hydrauliques. Ces nouveaux instruments rappelaient la water frame d'Arkwright et la mull de Crompton destinées à élever l'eau jusqu'à la roue motrice. Ces mécaniques n'étaient du reste point inconnues des Rouennais. Un moine en avait établi une en 1766, au lieu de santé, pour les commodités de l'hôpital. Par ailleurs, les manèges à chevaux employés un moment sur les plateaux pour actionner les nouvelles broches coûtaient cher et se maniaient malaisément. Un ingénieur signale dès les débuts de l'Empire la concentration des filatures le long des rivières. Le Robec et l'Aubette étaient encombrés de teinturiers et d'indienneurs : on se porta principalement sur les rives de la Sainte-Austreberlhe et surtout de la rivière de Glères\ a II est difficile de peindre exactement celte vallée de Cailly, écpit l'inspecteur des Ponts et Chaussées, chaque jour on y voit naître de nouveaux établissements. » Quand sous la Restauration et le gouvernement de Juillet

1. Sion: 3iOy p. agg; Levasseur: 204, I, p. 4o6, 433; Gordier: i8j, p. 92; Annu. S. I. : 1807, p. 388, l\00; A. S. I. : M stat., p. 174 et i83/i ; À. Nat. : 1<''2 620.

2. Levasseur: 204, I, p. 488; Cordier: 18/. p. i33; A. Nal. : F. gS, i5o.

3. Sion: 3io, p. 2g8; Duhosc : jO. p. [\i, 43; Ann. S. I. : 1807, p. 3g2; B. mun. : ms. 1268, p. 1 à 3; A. Nal. : F'- iSSg; F-" a88; F"^ V. Sinf. I.

l'essor du commerce, l'alTluence de la main-d'œuvre revenue des armées, la surabondance des capitaux créèrent de nouvelles fabriques, elles s'accolèrent aux anciennes sur les cours d eau. Dès 182^, la vallée de la Clairette mérite le surnom de petite vallée de Mancliester. En i84o, les filatures ont évincé les moulins : /jo filatures emploient la force hydraulique du Hobec et de l'Aubette, 127 utilisent celle de la rivière de Clèies et de ses aflluents. 5/i moulins à blé ont été désaffectés depuis lan II'. La valeur motrice des rivières persista même après l'introduction des pompes à feu. La houille fut d'abord utilisée sur les bords de la Seine, près des quais de débarquement et seulement pour supjjléer à la force hydraulique de l'Aubette et du Robec. L'établissement de la voie ferrée devait seule permettre au charbon de pénétrer à lintérieur. Encore la distribution géographique du textile n'en fut pas changée. La filature demeura en manufacture le long des vallées, chemin naturel du rail; le tissage resta pour la plus grande part dans les chaumières des plateaux (PI. XI)'. (( En effet, la disparition de la filature domestique n'entraîna nullement au début celle du tissage à la main. Tout au contraire, celle-ci prit un tel développement pendant le premier Empire et le règne de Louis XVIll que jamais les villages normands n'avaient connu au xviii* siècle pareil nombre de tisserands \ » Le perfectionnement des nouveaux instruments permit d'avoir un fil propre à la chaîne et à la tiame et d'établir de nouvelles étoffes tout en coton, extrêmement solides et moins chères. La surproduction des broches dans la vallée causa la multiphcation des navettes sur les plateaux. La statistique de l'an X relate que les filés proviennent en grande partie des nouvelles mé-

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