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nanciers souscrivent la plus grande partie des 5o millions nécessaires pour établir la ligne de Paris au Havre. Les fortunes rouennaises refusent d y participer et pour les décider la municipalité dut s'engager à garantir un intérêt de A pour loo aux actions prises par les habitants. Encore cet expédient ne réussit-il point au début ; les Rouennais attendirent le succès pour entrer dans l'opération, ils achetèrent avec 2 5 pour loo de prime les titres vendus par l'Angleterre en iSf\~ au moment de la grande disette de céréales. Semblablement. des entreprises anglaises établirent les ateliers de réparation de Petit-Quevilly, devenus plus tard les usines du chemin de fer de l'Ouest, les fonderies de Sotteville et même la première usine à gaz de l'île Lacroix. Par contre les Rouennais furent dès la première heure les clients fidèles de la caisse d'épargne. La succuisale de Rouen devint bien vite une des premières de France.
R fallut la crise industrielle des années 18G0 pour orienter la fortune de Rouen vers des Aaleurs qui ne fussent pas essentiellement contrôlées par la bourgeoisie urbaine. Les placements à la grosse aventure sont définitivement abandonnés. Quelques parts dans les morutiers de Fécamp sont les derniers souvenirs d'une activité jadis si énergique dans les entreprises maritimes. La fortune rouennaise s'est tournée vers les valeurs à petit intérêt mais à garanties solides. Toutefois, la transformation des portefeuilles se fait encore lentement. L'annonce d un impôt sur le revenu et la déclaration des fortunes, sa conséquence, ont incité lespelites bourses à acheter cjuelques coupons de rentes étrangères. Mais la grande bourgeoisie demeure fidèle aux fonds d'état français, aux obligations de chemins de fer. du crédit foncier et des villes : sur 8^1 1 successions déclarées en 1908, 36 seulement possédaient des actions de grandes sociétés industrielles. Presque la totalité de ces sommes se répartit entre des fortunes variant de 10 000 à 100 000 francs. Les grosses fortunes demeurent donc iidèles aux immeubles en dehors des ca-
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pitaux qu'elles sont obligées de laisser dans le eommerce et dans lindustrie.