A. Young: Jiio, I, p. i33, i35; A. S. 1.: C
LA FORTUNE DE UOl E\ 20I
ture, car ils la voyaient rémunérer largement ces laboureurs avec lesquels ils se trouvaient en relations suivies. Les paysans vendaient facilement les produits du sol à une population urbaine de plus en plus dense et plus aisée grâce au développement du commerce et de l'industrie. Les propriétaires refusaient les baux à long terme pour ne pas fixer leurs revenus à un taux en voie d'accroissement rapide. «. Les fonds de terre, écrivait de Crosne en 1780, se sont beaucoup augmentés de valeur depuis 20 ans; ils augmentent encore nécessairement. » A cette date, ils se vendaient toujours au-dessus du denier vingt. Ils rapportaient 5 pour 100 au minimum. Les moindres parcelles prennent des valeurs insoupçonnées, les propriétaires font enregistrer leurs titres sur des friches ■et des marais méprisés juscpi'alors. Les terres vaines et vagues au Trait et à Jumièges font l'objet de nombreux procès. Hobereaux et bourgeois se disputent le sol avec acharnement. Dans la grande liquidation de la fin du xviii*" siècle, lors de la mise en vente des biens communaux et nationaux, ils prennent la meilleure part'.
(( Les étendues qui, sur les plateaux, avaient échappé à 1 appropriation individuelle, se trouvaient surtout le long des forêts ; sous le nom de terres vagues, de communes, elles comprenaient ces bruyères qui entouraient les massifs et témoignaient d'anciens abroutissemenls.. . Elles occupaient une étendue considérable autour de Rouen, de (^audebec et dans la partie orientale de la généralité, surtout dans le Bray". » Ces terres incultes étaient une ressource précieuse pour les habitants les moins fortunés. Elles fournissaient le combustible (bois ou tourbe) et 1 unique nourriture du bétail '. Pendant tout le xvni* siècle, les paroisses s'efforcèrent de conserver l'intégrité de ces
I. Sion : .V/o, p. u6i, 2G1 ; A. ^al. : G' 5o5 ; Q 1879, i38i, i382,