‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 82 sur 168 · LES OBSTACLES · texte numérisé non relu

LES OBSTACLES

l'Angleterre et les Etats-Unis, les cotonniers rouennais se voyaient prodigieusement concurrences par leurs confrères du ISord. des ^ osges et de la région de Roanne. Ces centres industriels, autrefois les clients ou les salariés de la fabrique rouennaise, se sont soustraits à son autorité. Par le perfectionnement d'un outillage souvent renouvelé, par la hardiesse de leurs entreprises commerciales, par leur empressement à transformer leurs produits au goût de la clientèle, ils ont atténué les désavantages de leur situation géographique, créé une industrie locale. D'artisans ils sont devenus des maîtres, parfois même les fournisseurs des tissages rouennais. Les fdés de haute qualité sont achetés le plus souvent aux fabriques d Epinal et non pas aux usines du plat pays. La protection mettait la vieille métropole normande à l'abri de la concurrence étrangère, mais, du même fait, elle favorisait également la rivalité nationale. Et les Rouennais n'ont rien fait pour s en garantir.

Par crainte des transformations sociales ou économiques, l'argent se cache dans la terre. Dans la cité qui se risquait dans la grosse aventure ou quiavenlurait sa fortune dans les placements à longue échéance, on éprouve quekjues difficultés à trouver des capitaux nécessaires à la construction d'un navire, à la mise sur pied d'une affaire industrielle ou commerciale. Bourgeoisie cossue et capitaux peureux, deux obstacles à l'activité des affaires. Dans la région illustrée par l'industrie des textiles, des métiers battent encore dans la vallée après 2.") ans d'existence tandis que les usines des Vosges ou du Nord de la France renouvellent leur matt'riel tous les deux ans. Les progrès actuels de la fabrique rouennaise sont d'origine étrangère. Elbeuf et Rouen auraient probablement perdu leur importance comme centres du tissage et de l'impression, si après 1(870 (pielques grandes maisons alsaciennes n'avaient émigré dans leur banlieue. Dans l'industrie, dans le commerce, dans les charges même, et malgré riioslililé des Normands, des horsains sont venus prendre

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les premières places. Grâce à leur puissance d'action, l'activité rouennaise maintient sa renommée. La bourgeoisie urbaine, jadis si agissante, semble se reposer ; comme l'a dit un historien, (c après une carrière bien remplie, elle a fait valoir ses droits à la retraite '. »

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