‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 84 sur 168 · LA VILLE-RÉGION · texte numérisé non relu

LA VILLE-RÉGION

pleine campagne; c'est la ville qui. par le crédit, le marché, les dél)oucliés qu'elle ouvre, fournit la substance dont elles vivent'. » Ainsi Rouen insullle la force vivifiante de ses capitaux aux filatures et aux tissages des vallées du Ilobec et de la rivière de Clères comme aux exploitations rurales du Caux et du \exin.

Mais la métamorphose de la vieille métropole en villerégion, l'évolution de l'ancien organisme en une forme plus moderne, ces phénomènes nont pu avoir lieu sans que l'on résolût une multitude de problèmes très complexes dont les plus importants concernaient la répartition, l'alimentation et l'habitation de la population. Toute société suppose un ensemble de conditions objectives, matérielles principalement. Il y a des liens sociaux entre les hommes et les choses. Selon que le lien est plus ou moins lâche entre le sol et la société, son organisation est tout autre. Toute organisation des hommes suppose une organisation parallèle des choses et subit le contre-coup des états par oii passe celle-ci. Ces contre-coups sont particulièrement pénibles quand les rapports de la surface habitée et le nombre des habitants augmentent. Ils peuvent causer des convulsions. La géographie humaine les enregistre ; elle cherche à les prévoir. Car si, comme l'a excellemment montré M. Sion, la géographie attache autant d'intérêt à savoir comment le paysan gagne sa vie qu'à connaître les conditions d'existence d'une espèce végétale ou d une colonie corallienne, sa curiosité ne peut èlie moindre pour examiner comment les citadins et particulièrement les artisans se nourrissent, se logent, se groupent ^

r. Vidal ilo la Blache : Régions françaises, art. cil'', p. 21. 2. Sion: .ï/o, p. vu; Maiinier: L'origine et la fonction économique des villes. Paris, 1910, p. 8.

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