CHAPITRE IX
L L'approvisionm;mknt régional. — H. L'ixslffisaxck des bussources. — III. La liberté de l'approvisionnement. La circulation des ijrains. La transformation du régime.
Dépourvue de ressources dans ses environs immédiats, Rouen était asservie à des diiricultés de subsistance telles <[ue la moindre interruption de circulation normale devenait une catastrophe. Le développement de la cité rendait encore plus angoissante la question des vivres. Les apports d'aliments étaient les liens naturels qui s'établissaient chaque jour, à heure fixe, entre la cité et le plat pays. Ils renforçaient les attaches qui unissaient la métropole non seulement à la Normandie mais aussi aux provinces adjacentes. La solution de ce problème général dans toutes les villes, télés de passage de fleuve, était particulièrement difïicile à Rouen. Les habitants y sont fort mangeurs. Comme toutes les races du Nord, les Neuslriens consommaient continuellement. Les invasions franque, saxonne et normande avaient encore renforcé ces caractères ethniques. •Chez les Ilouennais, l'amour de la terre fut non seulement la conséquence d'une économie bien entendue, mais à l'origine, elle fut surtout fonction d une prudence bien comprise. Entre le paysan du Caux et du Vexin et
le petit bourgeois de la cité « il y a dinérence d'habit et d éducation et aussi dilTérence de conditions sociales. Mais les sources de lavoir et de la vie sont les mêmes ». A la ville comme dans le plat pays, les populations ont pardessus tout la crainte de mourir de faim '.