‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 90 sur 168 · Sion: .ï/o, p. 10, 11 j A. S. I. : M stalis · texte numérisé non relu

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l'alimentation 285

de tirer du froment des contrées qui approvisionnaient la ville sous la royauté. Mais une fois le monopole des blaliers aboli, les campagnes très appauvries dissimulent leurs grains. Les habitants de Limésy, de Saint-Valery-en- Caux accusent de fausses disettes, ceux de-Bourg-Achard refusent d'admettre dans leur halle les envoyés de Mauny, de Petit et de Grand-Couronne'. Les paroisses situées sur les grandes routes pillent les convois de blé à destination des halles urbaines. Les administrateurs constatent qu'il ne faut attendre aucun secours du Caux et du Roumois : à peine pourra-t-on tirer de 20 à 3o sacs par semaine du Ncubourg où la récolte est passable. Ils décident de délivrer aux boulangers du méteil composé de trois quarts de froment et de un quart de seigle-. Rouen cependant est en proie à la disette. En octobre 1792, la municipalité impose la bourgeoisie d'un million pour acheter des blés étrangers ; en attendant le pouvoir central l'autorise à prendre 20000 quintaux dans l'Eure, 1 5 000 dans les districts d'Yvetot, de Montivilhers, de Cany, de Dieppe, de Neufchâtel. Mais on est obligé de menacer les maires de la pendaison pour les forcer à exécuter l'arrêt. La ville distribue du riz en remplacement de froment et elle décide le défrichement des bruyères Saint-Julien et de la côte des Sapins. Enfin l'opiniâtreté des administrateurs, de meilleures récoltes de blé, des routes plus sures, des secours en nature venus des départements limitrophes permirent à la ville de Rouen de traverser avec succès ces périodes troublées. En 1799. le pain se vendait o fr. 20 le kilogramme. Jamais le peuple ne l'avait vu si bon marché^

Dès le commencement du siècle le pain coûte o fr. 35

I. Gerbaux et Schmidl: ouv. cité, II, p. 33, 37, 700; III, p. 8, G20; IV, p. A3; Bourcl: uHa, p. 71; A. Nat. : F'"^ II, S.-Inf..

'1. A. mun. dôlib., i3 octo., i3 nov. 1789, 17 sept. 1792.

3. Evrard: /H, p. i5, 36, 77, 83; B. S. Agr., XIV, p. ^oo; A. mun.: drlib., sept. 179'i, vendcmiairc, prairial, vcntùsc, frimaire an III, brumaire au V; A. S. I.: G 2118; M slatis., an III; S.. Nat.: F'" 2O1.

le kilogramme. Ce prix représente la moyenne annuelle de l'Empire, avec maximum de o fr. 85 en 1812. Les mauvaises récoltes de 181 1 maintinrent les subsistances à un taux très élevé dans toute la France. Les commerçants de Houen venus s'approvisionner dans les arrondissements de Louviers, des Andelys, de Pont-Audemer sont attaqués par des bandes de paysans. Le maire est obligé de faire appel à la charité du commerce pour se procurer des blés en Belgique. Mais, sur 21000 sacs achetés par les boulangers, 8000 seulement parvinrent aux halles. Le reste fut pillé en route'.

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