‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 43 sur 86 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

MADAME DDCAP, PAUL.

PAUL

Monsieur est sorti ?

UAD. DUCAP.

Je D'en sais rien.

PAUL

Il m'avait prié d'aller qnérir Jean, et, ma foi 1 j'ai chercha pour rien.

UAD, DUOAP.

Tous ne l'avez pas trouvé?

PAUL

J'ignore où il se cache.

UAD. DDCAP.

Pourquoi Jean 1

PAUL

Four mettre les chevaux à la voiture.

MAD. DDCAP.

Ah I Idopsiânr Dacap sort en voiture ?

PAUL

Oui, avec Mademoiselle Yvonne.

MAD, DTJCAF, l

Avec mademoiselle Yvonne.

PAUL, rirçment.

Cerisette I . . . . Four nou9, ce sera toujours Ceriaetto,

MAD. DUCAP,

Et voua croyez qu'elle se laissera faire ?

PAUL

BalL I on ne se défait pas, comme cela, d'une longue habitnde, ni d'une ibrte amitié.

Voue ne pouvez loujoura pins la traiteir en camarade comme par le passif, ce serait inc(

pevant le monde on s'observera, mais dans 1,'intimité on se souviendra.

MAD. DUCAP.

Voua ne la verrez pas souvent ; voua ne devrez pas herchei- à la voir.

ren contre.

UAD. DCCAP.

Paul, Toaloz-voQB ne rien dire de ce qae vous connaissez il mou sujet t

PAirt.

TS» rien dire f Mais, madame, je ne connais rien de mal & votre sujet. ... Ce qae je pois dire de Tons ne pont que tous flatter.

UAD. DUOAF.

Etes-voua bieu sincère ?

PAUL

Je ne me sala jamais connu autrement.

VAD. SnOAP,

Mais an sujet de ma mère, vous sarez quelque cliose?

PAUL

lia fautode votre mire ne saurait Toos atteindre. Au reste, maintenant que l'enfant est troavde, le pardon sera -complet.

ItAD. DtrOAP.

Le monde est si méchant I

OEDXIÈUB ACTS.

Le monde qui soaffre, peat-Stre, paa le monde qui jouit.... Mais pardonnez-moi, madame, puisque Jean n'est pas revenu je continue à le cheroher,

HAD. DOOAP.

Au revoir, Paul, (à part.") Je rentre dans ma obnmbre. Hélas 1 Je redoute la première entrevuo I (Bile sort ^un cSté, Jean et Cerisette eRtrenf)

SCËNE XVIII.

JEAN, CBRISErrB.

JEAN

Il sera difficile de lui faire entendre raison. Il voudra te donner un mari de son choi?, quelqu'un qui n'aura jamais portd la livrée de domestique.

CEKISETTE.

J'aimerais mieux demeurer servante avec toi que devenir grande dame pour un autre.

JEAN

Cerisette I comme ton amour est pur, et comme ton dévoûment est grand I Hais comme j'appréhende aussi un crnel refus de la part de ton père t . . . .

CERISETTE

J'espère qu'il se laissera toucher. S'il ne comprend pas mes paroles, il comprendra mes larmes.

ri

Jo ne faiB rien que mettre d'uccord mon cœur et ma raison.

JEAN

Cembicn font lairo leur cœur poni" Buivre la froide raition ! et pourtant le cœur c^t bien le plus eûr des confloillcrs.

Il est te plus g(!nércu\, du Ttioios, et s'il bo trompe on lui pardonne.

JEAN

Malgré l'amour exti Gmu que j'éprouve pour toi, je mo serais fncrilîé, sT tu l'avala voulu, et jamais an reproche ne sciait tombé do mes lèvres .... Si tu m'avais préfuié Paul, Paul mon ami, mon frère, j'anrais pleuié on secret, miua devant toi, devant lui, j'aurais semblé cotitent.

CEIIISKTTE.

Je ne comprends plus que je l'aie aimiS. . . ■ presque autant que toi.

DECXIÈMi: ACTE, JEAN.

Jlaia il me vaut bien.

Est-ce qu'on peut aimei- également toua les hommes do bien ?.... On tes admire, on les estime....

Je vaip, hélas ! l'attirer des reproches de la part de ton pèi-e, en demeurant ici avec toi.

u CE RISETTE,

Mais, puiec[tie tu laisses le sei-vice. . . .

JEAN

C'est vrai, et 11 faut que jo l'en pi'évienne. Au reste je l'éserve un argument sans l'éplîque. ''

CE RISETTE

Xotre amour déjà vieux t

JFAN.

Ça, c'est l'argument qui vaut le mieux A nos yeux, ce n'est pas le meilleur aux siens.

CERISETTE

Qne réserves-tu donc 7

JEAN

Tu le sauras bientôt .... et j'espère que tu n* me {jarder.i - pas rancune.

N'effarouche pac, au inoinp, ma piéW filiale; ne fait pas de peine h moQ père.... Il faut que je lui soia bien dâvoufe, il a ét^ bi longtemps abandonné et priva doB careBsea de boq enfant.

Ne crains riene, ma Ceriaette, je vais trouver le chemin de son cœur. ... on de ea nison. Tiens I je l'entends, le voici. Soyons fermes. {Bucap entre.)

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