‹ Rouge et bleu [microforme]Chapitre 26 sur 120 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MADAME DUCAP, CERISETTE.

MAD, DUCAP.

Je vous l’ui répété cent fois, Ccrisotte, ce n’est pas bien cela. Il ne fdut pas en aimer denx en même tomps. Vous n'avez pas deux cœurs, voyons ?

CERISETTE, riant, Je ne sais pas trop. Si je n’en ai qu'un, il est gros, et je vous jure que deux amours y sont à l'aise. MAD. DUCAP.

Folle, vous vous ménagez des chagrins.

Des chagrins ? Bah! je les étourdirai avec mes éclats de rire.

MAD. DUCAP,.

Si vous n'en éprouvez pas, tant pis, car vous en ferez éprouver davantage aux autres.

CERISETTE, Je ne voudrais pourtant pas faire de malhoureux. MAD. DUCAP.

Vous vous faites aimer de l’un et de l’autre ; cependant vous ne serez toujours qu'à l’un des deux.

CERISETTE

Oui, etje ne sais pas auquel. Ils ont tous doux beaucoup d’esprit et peu d’argent,

MAD. DUCAP.

Dans le ménage, Cerisette, je crois que l'argent est plus utile que l’esprit.

CERISETTE L'un ct l’autre sont utiles, mais à la condition qu'on les dépense. td

richi il y'e à ser:

Si :

peut-

Je

t gros, MAD. DUCAP.

Je suis étonnée de les voir vous aimer tant et rester D si unis.

CERISETTE

Jene voudrais pas les désunir, Je préfère qu'ils PRICE « % is 1: e ox » d È ‘ 0 ‘mès m’aiment moins et s'estimont davantage. MAD. DUCAP,

Ils possèdent tous deux un caractère également ous en D noble....pour des roturiers. Le

CERISETTE

Nous sommes tous de la même condition ici, tous

des enfants du peuple; seulement il y en a qui s'en-

richissent et d’autres qui tombent dans l'indigence ;

cepen- il y'en æ quise-font servir, et d’autres qui se résignent à sorvir.

reux.

MAD. DUCAP:

8 doux Si vous montriez plus d’indifférence cela évoillerait peut-être leur jalousie.

ont est Je ne suis pas capable de feindre, et puis, je vous le dis, je ne veux pas les‘brouiller, Au reste, Paui ne m'aime pas exclusivement. Je sais qu'il ne dédaigne

point Juliette, la sœur de Jean.

qu'on MAD. DLCAP.

Juliette ? une jolie fille. Et vous n'êtes pas jalouse ?

L CERISETTE

Mon Dieu! Madame, elle a comme moi le droit d’être aimée, et elle a du bonheur à l’êtro sans doute. Je ne veux pas détruire la félicité des autres.

| MAD, DUCAP.

Vous êtes une originale, (ÆUles se lèvent pour sortir ; Madame Ducap revient auec son mari qui entre.) SCÈNE IV.

MADAME DUCAP, DUCAP, sa livrée à la main.

DUCAP, mécontent.

Ça gagne sa vio à la journée, et ça so fait prier pour mettre un habit galonné....$ur les coutures, et avec des boutons ....presque d'or ...parceque ga sait lire les gazettes et que ça possède une terre en bois debout.

MAD. DI'CAP. Oui,

Il ne veut pus ? Il refuse ?

DUCAP, Est.

Il ne vent pas, non | il refuse, oui ! le sot, imbécile ! la vôtr Il quittera le service. J'ai fait faire une livrée. ...à pas cor ta demande, c’est pour lu mottre sur le dos de quelqu'un je suppose....pas sur le mien! e Comi

MAD, DUCAP.

Ces serviteurs, ils sont d’une arroganco mainte-

it

le!

.à un

te-

nant, d’une.fatuité ! Ils ignorent les échelons de l’échelle sociale,

DUCAP Ils voudraient tous être perchés sur le plus haüt.

MAD. DUCAP.

Puisque l'échelle sociale existe, il faut qu'il y ait des individus tout le long, en haut, en bas étau milieu.

Oui, oui, selon la fortune : c’est l'argent qui règle tout,

MAD. DUCAP,

L'argent et la femme, La femme est toute puissante dans la société, .

DUCAP, raillant, Oùi, maïs il lui faut de l'or... .et une livrée. MAD. DUCAP.

Ést-co un reproche ! ? Vous devez être heureux que la vôtre ne demande pas autre chose....et ne fasse pas comme. .. . (Elle le menace du doigt.)

. DUCAP, étonné.

Comment ? est-cè quiÿ yénaqui?..… MAD, DUCAP, ‘riant.

Eh! ouil ily en a qui...

DUCAP.

Mais elles n’ont pas de livrées, ces fommes.,... | P ; !

MAD. DUCAP, riant toujours. à sortir,

Non, c'est leurs maris qui en ont, Vous 4

DUCAP. Connaissd " plus que

Il vont peut être trop souvent au club, à l'hôtel, ces intortunés maris; leurs femmes s'ennuicnt, et une femme qui s'ennuie... T’ennuies-tu, toi, ma chère ?.... Ilsnen que je pas en a guère

MAD. DUCAP.

Vous m'aimez trop pour que j'aie co malheur... Voyons, mettez vos lèvres sur mon fiont, et....

moutrez-moi cet uniforme. : Jolie, él plus belle,

e DUCAP, donnant un baiser.

Que ta volonté soit faite. Plus on est vieux plus Quoi! dé on aime la jeunesse; c’est la loi des contrastes. neuf! Lo f Et puis, j'ai bien assez souffert à l’âge où l’on attend Couturières

toutes les jouissances, où l’on nourrit tous les espoirs,

pour mériter quelques consolations maintenant quo |

je suis sur mon déclin, | Pardon, c L bien,

MAD, DUCAP.

e Ne vous calomniez pas, mon cher mari, vous êtes Ils ressort encore d’une verdeur qui m'épouvanterait, si je pou- très bien ..…

vais être jalouse. ou le siége d

DUCAP

Ah ! j'ai trop de Lorheur à | à sortir,

à Maison pour songer

La MAD, DUCAPr,

Vous êtes Charmant, Muis les gens qui ne nous Connaissent PAS, S'imagincent que vo

us me Protégez Plus que vous no m'aimez

, DUCAP,

Ils ne nous COnnaissent que je passe loin de 1 4 guère à perdro.

Pas, ©n effet, Los instants toi sont Pérdus, et, À mon âgo, on

MAD, DUCAP, examinant la livrée,

Jolie, élégante, brillante Plus belle

++-.Personno n'en a do +++. Et ces boutons jaunes se détachent.

DUCAP,

Quoi ! déjà ? ils se délachent ?... Un habi

neuf! Lo fil cet Si Mauvais aujourd'hui Couturières , ...

t tout ….0t los

MAD, DUCA P, riant,

Pardon, cher Vieux, j'ai voulu dire qu'ils l'essor ien,

tent

DUCArP,

Ils ressortent ? Oh! Oui, ils ressortent... très bien, très bien. + Où s'assiérs

at-il? sur le siéo Où le siége de devant ?

ge de derrière

MAD, DUCAP, + Qui ? l'habit?

DuÉAP.

: Oui, avec celui qui le portera.

MAD. DUCAP, Sur le petit siége de derrière.

DUCAP.

# ; : , ; C0 TRE: 4 ds: 11 ; 14 L'ile Mais nous aurons l'air de le mener, et d'être les cochers, | | MAD. DUCAP, C'est la coutume, il faut bien s’y soumettre. DUCAP,

. Mais si nous la changions, la coutume ? si nous faisions autrement que les autres, les autres feraient peut-être comme nous.

MAD. DUCAP.

Voici le carossier, voulez-vous qüe je vous laisse aveu lui ?

DUCAP.

‘Non, reste, regois-le. S'il demande de l'argent t: dirus que je suis sorti, si c’est pour autre chose, ti m'appelleras, (I{ sort.)

Je l'es de lumi fais ent nuit qui ditions q ses deux fille qu'ur

Jamais, bonne tro potite qui l'eprésent( qu'elle né eux toutes ans, brunc C'est lui qi morts ceux mieux le c} Et puis, c'e.

ment, moll

évaoill£

Ma ne I que

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