LES OIES
Une longue perche en main
Pierrot au marché voisin,
Menait une troupe d'oies.
Et, pressé qu'il était, fort cavalièrement, Les hâtait, les fouaillait, les poussait en avant. Sans les laisser d'un pas s'écarter de leurs voies. De colère gonflés, nos oisons cheminaient Et de leur guide, entre eux, vivement se plaignaient, Ouand survint un passant. Tous ensemble à tu-tête, Los voilà de piailler en dressant leurs longs cous. « — Voyez, homme de bien, voyez comme nous traite « Ce rustre, ce manant ! Des oisons tels que nous ! « Nous, descendant tout droit de ces saintes volailles « Qu'on vit du Capitole affranchir les murailles : « Kavamsin ^ et d'Hozier- sont d'accord sur ce point. « — Messieurs, je les en crois, et la fidèle histoire « De vos nobles auteurs a consacré la gloire;