‹ Rouget de LisleChapitre 24 sur 38 · SES OEUVRES · texte numérisé non relu

SES OEUVRES

Un auteur peut-il bien juger ses œuvres? Peut-il être à la fois l'écrivain et le critique, au point de vue absolu de la vérité? — Y a-t-il en matière d'art une vérité absolue? Si nous acceptons la définition du goût par La Bruyère*, nous répondrons: oui, à ces questions. Si nous tenons compte des aptitudes et de l'organisation de cbacun de nous, nous répondrons : non. — Eh bien, en lisant les œuvres de Rouget de Lisle, on trouve à cette question une réponse qui serait exacte si nous étions tous organisés de même.

Vérité, nature et beauté

Sont trois mots presque synonymes,

De là naquit la volupté.

Rouget l'a senti comme nous et il introduit dans sa définition delà volupté un correctif qui peut donner raison à tout le monde.

L'appréciation que nous allons faire de ses œuvres pourra donc ne pas être dn goût de tout le monde. Nous abritons notre critique derrière notre sincérité et notre bonne foi, autant dans l'examen des œuvres de notre poète, que nous l'avons fait dans le récit des actes de sa vie.

1. « n y a dans l'art un point de perfection, comme de bonté ou do « maturité dans la nature. Celui qui le sent et qui l'aime a le goût parfait ; « celui qui no le sont pas et qui aime en deçà ou au-delà, a le goût dôfcc- « tiioux. Il y a donc un bon et un mauvais goût, et l'on dispute des goûts « avec fonileiMcn t. »

Rouget de Lisle a cherché à se peindre lui-même dans une des pièces de vers contenues dans le volume qu'il a publié en 1796. Il avait alors 3G ans.

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