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MARCHE DES MARSEILLAIS

Chanté sur différents théâtres; accompagnement de guitare.

Cliez les citoyens fiôrcs Savigny, en face du Poste du Pont-Neuf.

Sont en tête d'abord les six premiers couplets primitifs, avec le refrain : Marchez !... Marchons! etc.

J'entends de loin gronder la foudre, L'ennemi paraît s'approcher, Amis courons les mettre en poudre IN os canons sont prêts à marcher! {bis)

N'appréhendons rien de leur nombre,

Combattant pour l'égalité.

A l'aspect de la Liberté,

Ils disparaîtront comme l'ombre.

Aux armes, citoyens, etc..

C'est pour l'honneur de sa Patrie Qu'on voit le Français tout braver.

11 court, il vole et se sacrifie (sic), Quand il s'agit de la sauver {bis).

Guidé par l'amour de la gloire, Par celui de la liberté, Souvent son intrépidité Arrache seule la victoire.

Aux armes, citoyens, etc..

Armez-vous tyrans sanguinaires, Nous ne redoutons point vos coups.

Si les Français sont débonnaires, Ils seront terribles pour vous {bis).

La foudre lancé {sic) sur vos tètes, Et sur celles de vos soldats Tomberait avec moins d'éclats Que le fer de nos baïonnettes.

Aux armes, citoyens, etc..

Savez-vous, orgueilleux despotes, Combien de force a sur nos coeurs Cet honneur d'être patriotes Et de nous dire vos vainqueurs {bis)

Tous les Français, pour vous abattre, Aujourd'hui n'ont plus qu'un désir :

Leur cri de joie et de plaisir Est de vous voir et vous combattre.

Aux armes, citoyens, etc..

Nous ne redoutons point l'approche

De ces bataillons ennemis,

Afin de les voir de plus proche (sic)

Les nôtres se sont réunis (bis).

Signalons notre ardeur guerrière ;

A ces mots vaincre ou bien mourir,

Quel ennemi pourra tenir

Et ne mordra point la poussière,

Aux armes, citoyens, etc..

Xlï

Les enfants, etc.

Le douzième est le couplet des Enfants. C'est le couplet de beaucoup supérieur à ceux qui précèdent. La musique de cette édition est en ré majeur. On aurait à la douzaine des couplets fabriqués ainsi !

L'air de la Marseillaise est le moule dans lequel on a jeté, sur tous les tons, des couplets plus ou moins bien inspirés, plus ou moins bien pensés. Et toutes les fois que cet air revient à la mode, il s'en produit de nouveaux, les uns consacrés à la paix, au travail, à l'amour, aux femmes, aux enfants. On a fait une suite de la Marseillaise pour l'éloge de Thionville et de Lille; on a l'ail la Marseillaise des Polonais avec ce refrain :

Enfants de la Pologne! Aux armes! en avant! Marchons, marchons; et, s'il le faut, mourons en la sauvant!

On a été jusqu'à faire une Marseillaise des Travailleurs où le nom historique de Badinguet est glorifié.

A la fête du 14 juillet 1880, on vendait dans les rues de Paris, au prix net de 15 centimes, le Chant de la Marseillaise avec la reproduction de la gravure du tableau de Pils. Cette édition, toute récente, comme on le voit par la date, contient une notice dans laquelle on rappelle que le premier mot du dernier vers était, comme nous l'avons dit : Marchez!... Marchons!...

Cette édition, de quatorze couplets, se termine par celui des Enfants déjà connu, et un autre couplet, sur le même sujet, de l'édition Savigny. Le voici :

Enfants, que l'honneur, la Patrie,

Fassent l'objet de tous nos vœux.

Ayons toujours l'âme nourrie

Des feux qu'ils inspirent tous deux (6/.s).

Soyons unis ! Tout est possible;

Nos vils ennemis tomberont.

Alors les Français cesseront

De chanter ce refrain terrible :

Aux armes! Citoyens! Formez vos bataillons!

Marchez! Marchons! qu'un sang impur abreuve nos sillons.

xNous n'en finirions pas s'il fallait parler de toutes les éditions de la Marseillaise. Il n'est pas un recueil de chansons qui ne se fasse un devoir de la reproduire. Ou la retrouve souvent en compagnie des chansons la Carmagnole et Ça ira. On la retrouve avec une annotation musicale des tons les plus divers. On la retrouve avec les illustrations les plus dramatiques, avec les portraits des chanteurs ou chanteuses qui l'ont exprimée avec le plus d'éclat. On l'a traduite dans toutes les langues, elle est connue sur tous les points du globe. Pour peu qu'une

ville ait un orchestre, une fanfare, une société musicale organisée, on y peut toujours exécuter et faire entendre le chant qui présida à la conquête de nos libertés. Partout il est entendu comme un espoir de liberté, un chant de délivrance pour les peuples asservis, un souvenir de gratitude pour les peuples libres. La mémoire de Rouget de Lisle vivra éternellement comme la Marseillaise qu'il a créée et qui l'a immortalisé.

Enfin, pour terminer par une chanson, comme il est d'habitude dans les mœurs et le goût français, nous reproduisons une parodie de la Marseillaise appelée Marseillaise de la Courtille. Elle est sans nom d'auteur mais attribuée à un chansonnier français, Antignac, volontaire de 1792.

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