ROU6BT DE LI8LK
Pent denunder combien sont-Us?
Eh ! demande oà sont les périls :
C'est là qa'est aossi la TÎctoiTe; Lâche scddati combien sont-ils?..* Monrons ponr la patrie.
C'est le sort le pins bean , le pins digne d'entie.
La musique de ce chant national n*est pas aussi forte et aussi énergique que celle <le V Hymne des Marseillais; mais on y retrouve des tournures de phrases musicales, si je puis m*exprimer ainsi, qui rappellent l'autre composition. Une réminiscence est permise aux auteurs. C'est du moins la preuve constante de ce qu'ils oot créé en premier lieu.
Le refrain : Mourùns pour la patrie^ n'est pas dépourvu d'harmonie musicale.
Le froid de la mort glisse lentement sur les notes qui reprennent leur gravité pour s'éteindre ensuite avec douceur.
Ce n'est pas la Marseillaise, sans doute ; mais c'est le chant de Roland à Roncevaux, et il a sa valeur.
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Alexandre Dumas a fait, en collaboration avec M. Maquet, un drame appelé : Le Chexaiier de Maison-Rouge. On Ta joué, ce drame, au Théâtre-Historique, dont le nom seul existe aujourd'hui. Il fallait aux auteurs un chant sublime, un chant digne de vivre après les girondins, et, ne songeant plus à rhistoire, ils se sont souvenus de Rouget de Lisle. C'est alors qu'ils ont pris le refrain du chant de Roland à Roncevaux pour l'ajouter à deux quatrains dont M. Varney a fait la musique en l'intitulant : Le chœur des Girondins,
Ces deux quatrains ont leur mérite; mais pourquoi donc avoir créé ces chétifs couplets en faveur des girondins qui possédaient parmi eux des hommes d'esprit et de talent et qui, au moment de mourir, n'ont pas voulu d'autre chant que celui de la Mar^ seillaise?
Les vingt et un condamnés, en sortant du tribunal, et comme on les reconduisait à la Conciergerie, se mirent à chanter en chœur
les quatre premiers vers de la strophe de V Hymne des Marseillais.
Tel est le fait rapporté par le Moniteur , etqai a eu lieu le 9 brumaire an II, correspondant au 30 octobre 4793.
M. ThierSj dans son récit de la révolution française, ne nous donne que les deux der-> niers vers du quatrain :
Contre nous, de la tyrannie, L'étendard sanglant est levé.
Mais il ajoute que, le lendemain 31 octobre, une foule immense s'éiant portée sur le passage des girondins qui marchaient à la mort, on les entendit répéter cet Hymne des Marseillais que nos soldats chantaient vaillamment en marchant à Tennemi...
Rouget de Lisle composa, en juin 4 794, le chant intitulé : le Vengeur, scène héroïque dont les stances se terminent aussi par ces vers :
Moarons pour la patrie^ C'est le sort le pins beaa, le plus digne d'envie.
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La musique de ce refrain est transposée; mais elle diffère, pour le chant, de celle de Roland à Roncevaux:
Ce pavillon dont, sur les men^.
Nous devionâ son tenir la gloire,
N'aura-t-ll vn qne nos revers ?
A notre France, à Tunivers,
Nous qui jurâmes la victoire.
PourroQ s-nous accepter des fei;^?... , .
Peurrotts-nottS M. jong des Anglais Oflirir une tête servile.9 Ngns, honuves libres, lous FranfaU I Parmi l'opprobre et les regrets, Irons-non s vieillir dans leur fie, Vé leurs mépris dignes objetit. . .
Qai, suivons nn transport si hwa. ; , Qa'ou iioble trépas nous honore;
Poor nous la vie est un fardeau :
- Bnlfoiivraiis iM flânes du vaissevt,
Et que nos mains libres encore
A tons noos creusent on tombe^ui. , .
Pavillons, iammes, étendards, «igiMri de^omplie <t de jeie.
Brilles sur ces flottants rempart^.
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liberté I de tontes parts Que ta bannière se déploie Et charme nos derniers regards...
Voici le moment glorieux ; Notre immortalité commence ; Sur l'ayenir fixons les yeux.
terre oii dorment nos aieux,' Chère patrie. 6 noble France I Reçois nos suprêmes adieux. . .
Ce chant avait été suivi d*un autre plus énergique encore, c^est celui du 9 thermidor (27 juillet 1794).
A cette époque, Rouget de Lisle venait de recouvrer sa liberté. Tallien, le représentant du peuple, avait signé son élargissement, et il était rentré dans la vie privée.
On se rappelle les honorables paroles que Tallien prononça devant la Convention^ lorsqu'on lui reprochait les élargissements qu'il provoqua.
« J'aime mieux^ disdt-il, voir aujourd'hui en liberté vingt aristocrates que Ton reprendra demain, que de Toir rester un patriote dans les fers, »