‹ Rouget de Lisle et la MarseillaiseChapitre 12 sur 24 · ROU6KT DE LISLE · texte numérisé non relu

ROU6KT DE LISLE

Ne pouvant reprendre son épée, Rouget de Lisle avait repris son violon pour chanter les destins plus heureux de la France.

Chantons la lil)erté,

Couronnons sa statue ; Gomme on nouveau Titan, le crime est foudroyé :

Relève ta tête abattue; France I à tes destins Dieu lui-même a veillé.

Dans l'abîme avec quelle adresse Les monstres savaient t'attirer !

Ils sont prêts à te dévorer ; Leur regard encor te caresse.

Le pur langage des vertus - Est sur leurs lèvres mensongères ; Leurs ftmes sont les noirs repaires Ou tous les forfaits sont conçus 1...

« Longtemps leur audace impunie Trompa notre crédulité :

Ils invoquaient la liberté Et préparaient la tyrannie.

Le jour, ils maudissaient les rois , Leurs entreprises sacrilèges.

Et la nuit ils creusaient les pièges, Tombeaux du peuple et de ses droite I...

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' Voyei-Toos ce spectre Uviile Qui déchire son propre flanc?

Enivré, toat souillé de sang-, De sang il est encore avide.

Voyez, d'un doigt impérieox, Gomme il désigne ses victimes I Yoyes comme il excite aux crimes S^ satellites furieux 1...

Ce Pieu (fue proclamaient leurs bouches.

Qu'ils blasphémaient au fond du cœur.

Du peuple éternel protecteur Contre ses assassins farouches.

Dieu jette un regard vienaçant - Sur le tyran, sur ses complices ; C'en est fait, déjà leurs supplices Laissent respirer l'innocent ....

Pars, vote, active renommée!

Vole aux deux bouts de l'univers, Du peuple, écrasant ces pervers, Que la nouvelle soit semée.

Peins-nous, citoyens et guerriers, Terrassant d'un même courage Les rois dans les champs du canage, Les fitttieux dans nos foyers....

Vous que l'amour de la patrie Aima do poignard de Bntos,

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n fiiat utt triomphe de pins ;

Sans lai votre gloire est flétrie. • .

Jusque dlns ses deraiers canaux, ^

Desséchez un torrent funeste ;

Frappez ! exterminez le reste - '

Des assassli» et des boarream !. . .

Voilà une stance qui est telrminéè de main de maître. L*autettr de la MarseiUàfse n'était pas mort! Son invocation k Dieu qui Tenge la France Talait bien l'imprécation de Camille contre Rome.

C'est aussi après le 9 thermidor qu'il mit en musique la Jeune Captive^ ode touchante du malheureux André Chénier« et la romance de Mont Jourdain, qui monta sur l'échafaud quelques heures après avoir légué cette romance à ses compagnons d'inibrtsne.

Tallîen comprît qu'un homme ardetit comme Tétait Rouget de Lisle ne pouvait rester dans l'inaction. 11 lui proposa de raccompagner dans l'expédition de Quiberon, et nôtre officier le suivit. Tout aussitôt le

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général Hoche se rattacha comme aide de camp.

G*e8t alors que Rouget de Lîsle fit de nouveau briller son épée. Il fut malheureusement blessé eo affrontant les dangers de la fameuse campagne, en juillet 4795.

De retour à Strasbourg, en la même année, 14 conçut l'Hymne à VEspérance^ et retoucha V Hymne à la Liberté, qu*il avait composé en 4 79 1 , un an avant la MarieiUdise.

L'auteur explique que YHymne à la Li*berté fut mis en musique par un artiste Célèbre (Pleyel), pour Tacceptalion du premier acte contitutionnel, demandé en 4796^ k l'occasion d'une fêle publique au Champs de-Mars ; puis il ajoute: « Cet air est le seul du recueil qui ne soit pas de moi. t

Voilà un mot final qui semble dir^ eocore en bon français : Je suis Fauteur de la musique de la Marseillaise,

Pf ous avons dit nous-méme au lecteur q«e le chant de Roland à Bcncevaux avait été placé en tète duTeeueil hetCinqmnlAçhant^

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français, et que l'hymne des Marseillais se trouvait être le vingt-troisième cbant. Il y a donc entre eux vingt et une romances ou poésies; mais elles ont très-certainement précédé aussi la Marêeillaisey attendu que Rouget de Lisle s*est plu à enrichir de sa musique des œuvres anciennes et totalement oubliées.

De ce nombre est une chanson du xiue siècle, attribuée à Thibaut IV, comte de Champagne ; une épigramme intitulée Mécompte d*amour^ et composée en 1527 pour la reine de Navarre, par Marot; des vers de François !•'; les Adieux de Marie Sluart, lai composé par la princesse en \ 560, pendant, sa traversée de France en Ecosse ; puis une chansonnette du bon roi Henri, qui doit dater de dix ans plus tard.

Nous ne pouvons nous dispenser de la citer. Elle est si discrète et si délicate qu^elle a la fraîcheur et le parfum de la fleur des bois. Fleurette à dû la connaître , puisque c'est la poésie du roi amoureux.

79 «OUGJtT CB LISLX.

Viens, Aarare, Je l'implore :

Je suis gai quand je te voi ; La bergère Qni ni'est ehère

Est vermeiLle coiniDe toi.

De rosée.

Arrosée, U rose a moins de fralchenr ;

UnftbenniP*

Est moins fine ; Le lait a moins de blancheur.

Bout eâtendxe Sa voix tendre, \

On déserte le hamean} Et Tytire, Ouf soupire,^

FaHtairèsoni

Elle est blonde.

Sans seconde, BHe a la taille à la main ;

Saprandle

Étincelle Gomme l'astre du matin.

D^ambroisie»

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